22 millions pour le cancer pédiatrique

De gauche à droite : Pierre Boivin, Maud... (Crédit: Geneviève Giguère)

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De gauche à droite : Pierre Boivin, Maud Cohen, Elie Haddad, Daniel Sinnett, Michel Duval, Richard Laramée, Fabrice Brunet, Pierre Bruneau, Rébecca Dumont, Noémie Roberge, Myriam Bédard, Elyjah Tricoire, Yaroslav Yurkevych et Charlotte Roberge.

Crédit: Geneviève Giguère

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La Fondation Charles-Bruneau a annoncé le 18 mari dernier un engagement historique de 22 millions$ envers la recherche en immuno-hémato-oncologie au CHU Sainte-Justine, qui permettra de réaliser le séquençage du génome humain des enfants et adolescents atteints d'un cancer.

Ceci permettra de déterminer les caractéristiques moléculaires de chaque tumeur, d'en préciser le diagnostic, d'identifier les anomalies en cause et de les traiter par des thérapies ciblées. Cette stratégie de médecine de précision ouvre la voie à la découverte de marqueurs biologiques d'efficacité, des marqueurs génétiques qui, une fois détectés, donneront un indice sur le traitement le plus efficace à prescrire et l'évolution probable de la maladie, dans un objectif d'amélioration de la qualité de vie après la guérison, sans séquelles ni complications.

Cet engagement, qui donne les moyens de développer des interventions thérapeutiques personnalisées, a été célébré alors qu'avait lieu l'inauguration officielle de l'unité de recherche en immuno-hémato-oncologie Charles-Bruneau, au CHU Sainte-Justine.

L'équipe de chercheurs et cliniciens en oncologie pédiatrique du CHU Sainte-Justine est activement impliquée dans les grands consortiums de recherche clinique nord-américains. Un tel programme de recherche permettra aux équipes de Sainte-Justine de consolider leur leadership et de contribuer à déterminer, ici au Québec, comment mieux traiter et guérir les enfants atteints de cancer. Ces fonds offrent la capacité au CHU Sainte-Justine d'accélérer ses découvertes, de proposer les traitements les plus novateurs, en plus d'augmenter la rapidité de son transfert de connaissances dans l'ensemble du réseau de santé, à l'échelle nationale et internationale.

« Un premier volet génomique nous permettra d'interroger tous les gènes, l'ensemble du livre de la vie de chacun des patients, donc d'identifier les bases moléculaires de la maladie de l'enfant, de définir le potentiel de résistance aux traitements à court et long termes selon le profil génétique, ainsi que les effets secondaires des traitements afin d'élaborer des interventions thérapeutiques personnalisées, ce que l'on appelle la médecine de précision », a affirmé Daniel Sinnett, chercheur en génétique du cancer, chef de l'axe de recherche, maladies virales, immunitaires et cancer et co-chef du pôle d'excellence en Maladies Immunitaires et Cancer au CHU Sainte-Justine.

« Si le cancer s'est développé chez l'enfant, c'est que le système immunitaire n'a pas réussi à le circonscrire, à le détruire. Le deuxième volet du traitement privilégie deux nouvelles approches basées sur un système

complètement différent de la chimiothérapie actuelle : l'immunothérapie et les thérapies ciblées. La première consiste à utiliser le système immunitaire, le système de défense de l'enfant et de le reprogrammer, notamment à l'aide de la modification génétique des cellules, de sorte à ce qu'il puisse s'attaquer aux cellules cancéreuses, au même titre qu'il combat normalement les virus », a soutenu le Dr Elie Haddad, clinicien chercheur en immunologie au CHU Sainte-Justine, co-chef du pôle d'excellence en Maladies Immunitaires et Cancer.

« La deuxième approche, combinée à la première, concerne les traitements ciblés en fonction du profil moléculaire du patient, dont l'objectif est de détruire uniquement les cellules cancéreuses, sans abîmer les cellules saines de l'organisme, afin d'empêcher l'enfant d'avoir des séquelles par la suite », a ajouté le Dr Michel Duval, co-chef du Service d'hématologie-oncologie au CHU Sainte-Justine.

Qualité de vie et recherche psychosociale

« Comment mesurer la détresse d'une famille à l'annonce d'un diagnostic ou encore la montée d'espoir? La qualité de vie, ça se mesure », a exprimé Serge Sultan, docteur en psychologie et chercheur au CHU Sainte-Justine.

« Les patients sont des acteurs clés dans l'avancement de la qualité des soins et il est de notre devoir de soutenir l'enfant, ses parents, ses grands-parents et la fratrie à travers cette difficile épreuve qu'est le cancer. La recherche psychosociale constitue notre troisième cheval de bataille dans notre lutte contre le cancer et l'amélioration de la qualité de vie des enfants au Québec », a évoqué le Dr Michel Duval.

« En tant que centre oncologique suprarégional, le CHU Sainte-Justine est responsable du diagnostic et du traitement de plus de 60 % des cancers pédiatriques au Québec. L'impact de ces maladies chez l'enfant, l'originalité de nos approches, nos succès dans le domaine des thérapies, et la transdisciplinarité des chercheurs, constituent la base de notre programmation scientifique. Nous préparons dès aujourd'hui la médecine de demain, qui sera une médecine individualisée. Grâce à des traitements personnalisés donc mieux adaptés à chacun, les thérapies seront plus efficaces, les chances de guérison meilleures, les incidences d'effets secondaires moindres et nous pouvons espérer réduire l'impact sur les coûts de la santé à plus long terme », a déclaré le Dr Fabrice Brunet, président-directeur général du CHU Sainte-Justine.

Maud Cohen, présidente et directrice générale de la Fondation CHU Sainte-Justine, a pour sa part tenu à saluer l'engagement de 22 M$ de la Fondation Charles-Bruneau, qui par sa volonté, son engagement et son désir d'innover, de guérir et d'améliorer le bien-être des enfants atteints de cancer, renforce et met en valeur l'interdisciplinarité de l'équipe de recherche en immuno-hémato-oncologie du CHU Sainte-Justine, ainsi que le partenariat avec les patients et leurs familles.

« Aujourd'hui est un grand jour pour l'oncologie pédiatrique au Québec. De par son geste, la Fondation Charles-Bruneau a élevé la philanthropie à la hauteur des ambitions du CHU Sainte-Justine. Merci de semer l'espoir d'un avenir en santé. La Fondation CHU Sainte-Justine est fière de marcher main dans la main avec la Fondation Charles-Bruneau dans sa lutte contre le cancer pédiatrique. Ce soutien permettra aux équipes de chercheurs et cliniciens en oncologie pédiatrique du CHU Sainte-Justine, de rapidement entreprendre des activités afin de s'assurer que ces enfants du Québec aient accès les premiers à ce qui deviendra la norme de santé d'ici cinq ans », a-t-elle indiqué.

« Avant de nous quitter, Charles m'a fait promettre de poursuivre sa lutte. À l'époque, je ne savais pas dans quoi je m'embarquais. Voilà qu'aujourd'hui, 27 ans après la mise sur pied de la Fondation qui porte son nom, nous poursuivons notre action avec un engagement de 22 M$ en recherche. Nos objectifs : guérir les 20 % d'enfants dont le cancer résiste au traitement et améliorer la qualité de vie des enfants en rémission afin qu'ils puissent atteindre une vraie guérison, sans séquelles ni complications. Je suis convaincu qu'un jour, tous les enfants pourront réaliser leur rêve de guérison », a déclaré Pierre Bruneau, administrateur et porte-parole de la Fondation Charles-Bruneau.

« L'équipe de Sainte-Justine, de concert avec ses partenaires, dans une approche de réseau, multiplie ses efforts de recherche et d'enseignement dans le domaine de l'oncologie pédiatrique. Aujourd'hui, nous savons que nous verrons plus de découvertes dans les 10 prochaines années que dans les 100 dernières. Nous avons la conviction qu'un partenariat avec une institution aussi réputée pour créer cette unité de recherche en immuno-hémato-oncologie, transformera les traitements actuels contre le cancer pédiatrique. Les chercheurs doivent pouvoir dès maintenant repousser les limites de la connaissance et accélérer son transfert des laboratoires au chevet du patient », a affirmé Rébecca Dumont, directrice générale de la Fondation Charles-Bruneau.

            Était également présent Me Richard Laramée, président du conseil d'administration de la Fondation Charles-Bruneau.

La Fondation CHU Sainte-Justine a pour mission de mobiliser la communauté et soutenir le CHU Sainte-Justine dans sa mission d'excellence pour offrir aux enfants et aux mamans d'aujourd'hui et de demain un des meilleurs niveaux de santé au monde.

Le Centre hospitalier universitaire (CHU) Sainte-Justine est le plus grand centre mère-enfant au Canada et le 2e plus important centre pédiatrique en Amérique du Nord. Il est membre du grand réseau d'excellence en santé de l'Université de Montréal (RUIS). Il compte 5457 employés dont 1532 infirmiers et infirmières auxiliaires et 1000 professionnels en soins, 520 médecins, dentistes et pharmaciens, 822 résidents et plus de 204 chercheurs, 411 bénévoles, 4416 stagiaires et étudiants de toutes disciplines. Le CHUSJ comprend 484 lits dont 67 au Centre de réadaptation Marie Enfant (CRME), seul centre dédié exclusivement à la réadaptation pédiatrique au Québec. L'OMS a reconnu le CHU Sainte-Justine « Hôpital promoteur de la santé ».

Créée en 1990, la Fondation Charles-Bruneau a pour mission de financer la recherche et de soutenir le développement de projets dédiés à l'hémato-oncologie pédiatrique au Québec. La Fondation croit que les milliers d'enfants atteints de cancer ont le droit de recevoir les meilleurs soins disponibles et ce, partout en province. Son action se déploie au sein des quatre grands centres hospitaliers universitaires du Québec : le CHU Sainte-Justine, le CHU de Québec-Université Laval, le CIUSSS de l'Estrie-CHUS et l'Hôpital de Montréal pour enfants.




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