Bank of America dégage son plus gros bénéfice depuis 2011, Wells Fargo souffre

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Bank of America a affiché un profit de 5,59 milliards de dollars US ou 48 cents US par action, comparativement à 4,96 milliards US ou 41 cents US par action l'an dernier.

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Luc OLINGA
Agence France-Presse
NEW YORK

Bank of America et Wells Fargo, dont le premier actionnaire est le milliardaire Warren Buffett, ont connu des fortunes diverses au troisième trimestre, la première dégageant son plus gros profit depuis 2011, tandis que la seconde reste affectée par la crise des «subprime».

Le bénéfice net de Bank of America (BofA) trimestriel a augmenté de 15% à 5,1 milliards de dollars, soit son meilleur résultat sur une période de trois mois depuis six ans.

Cette performance s'explique par la bonne santé des activités traditionnelles de prêts accordés aux ménages et aux PME, déjà évoquée la veille par JPMorgan Chase et Citigroup.

Les recettes générées par la banque de détail ont en conséquence augmenté de 10,1% à 8,77 milliards de dollars, principalement grâce à un bond de 8% des volumes de prêts et de 9% des dépôts bancaires.

Ces chiffres suggèrent que la paralysie politique à Washington, où le président Donald Trump a du mal à faire adopter ses promesses de campagne, n'affecte pas le moral des consommateurs américains.

Bank of America en a profité pour répercuter aux consommateurs la remontée des taux d'intérêt de la banque centrale (Fed) compris désormais entre 1 et 1,25% après avoir été quasi-nuls pendant une décennie.

«Nos clients empruntent, ils n'attendent pas que la réforme fiscale passe», a souligné le directeur financier Paul Donofrio lors d'une conférence téléphonique avec des journalistes. «Nos clients dépensent beaucoup plus que l'an dernier», a ajouté le dirigeant, évitant toutefois de faire des commentaires sur les difficultés persistantes des activités spéculatives dont les recettes ont plongé de 15%.

La marge bénéficiaire a, elle, augmenté de 9%, alors qu'elle a diminué à 2,87% contre 2,90% au deuxième trimestre chez Wells Fargo.

Charge d'un milliard

Cette dernière, qui fournit un prêt immobilier sur cinq aux États-Unis, a également vu le volume de ses crédits baisser de 1%, alors que les pertes liées aux défaillances des clients ont augmenté de 62 millions de dollars.

Plus significatif, la firme a inscrit une charge de 1 milliard de dollars dans ses comptes du troisième trimestre, en prévision de futures amendes et accords avec les autorités américaines qui enquêtent sur des produits financiers toxiques adossés à des prêts hypothécaires risqués (RMBS) qu'elle a vendus à des investisseurs.

Des recours collectifs ont également été déposés en 2014 et en 2016 devant des tribunaux new-yorkais, selon un document boursier.

Ces développements ont affecté le bénéfice trimestriel, qui a plongé de 20,2% à 4,2 milliards de dollars, mais ils n'expliquent pas à eux seuls la contre-performance.

L'unité regroupant la division des prêts immobiliers, locomotive classique des profits, a vu ses bénéfices chuter de 31%, affectés par le ralentissement du marché du refinancement des crédits immobiliers.

Ce sont les pratiques de cette division qui valent à Wells Fargo de faire l'objet de multiples enquêtes des autorités et de plaintes en nom collectif («class action») pour avoir ouvert 3,5 millions de comptes fictifs et avoir fait payer des primes d'assurance superflues à des clients sur leur crédit automobile.

Alors que la banque veut économiser 4 milliards de dollars au total d'ici à fin 2018, ses coûts ont augmenté de 8% au troisième trimestre, du fait des dépenses engagées pour tirer un trait sur ce scandale de comptes fictifs.

Le PDG Tim Sloan, dont la dernière audition au Congrès début octobre avait été mouvementée, s'est engagé à renforcer les procédures et de surveillance et les infrastructures technologiques. Pour ce faire, la firme doit embaucher et recourir aux consultants.

«Lors de la dernière année, nous avons effectué des changements fondamentaux pour transformer Wells Fargo et reconstruire la confiance en notre banque», a-t-il déclaré, au moment où la très influente sénatrice démocrate Elizabeth Warren demande son limogeage pour la gestion de cette crise.

À Wall Street, le titre dévissait de 3,15% à 53,47 dollars vers 10h05, tandis que l'action BofA gagnait 0,24% à 25,51 dollars.




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