General Motors: le retrait de l'Europe plombe les profits

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Le premier groupe automobile américain a réussi à contrer le ralentissement des ventes aux États-Unis en continuant à écouler davantage de VUS et camionnettes, ces grosses voitures aux marges plus importantes, de sorte que les réductions annoncées de sa production ont eu un impact limité sur sa performance financière.

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Luc Olinga
Agence France-Presse
New York

Le retrait de l'Europe coûte cher à General Motors (GM): le constructeur automobile américain a annoncé mardi un plongeon de 42% de ses bénéfices trimestriels, en raison d'une lourde charge due à la vente de sa marque européenne Opel/Vauxhall à Peugeot.

Le bénéfice net est ressorti à 1,66 milliard de dollars au deuxième trimestre, contre 2,86 milliards de dollars à la même période un an plus tôt.

Le premier groupe automobile américain a pâti des charges d'un montant total de 1,23 milliard de dollars, dont 770 millions liés principalement à son retrait du marché européen, devenu un puits de pertes. Lors des seize dernières années, la facture s'est élevée à 15 milliards de dollars.

GM y cède Opel et Vauxhall (commercialisée au Royaume-Uni) au constructeur français PSA Peugeot Citroen, qui espère ainsi devenir le deuxième constructeur automobile sur le Vieux continent. La transaction, qui a reçu le feu vert de l'Union européenne début juillet, devrait être finalisée d'ici à la fin de l'année.

GM paie aussi la restructuration annoncée en mai de ses opérations à l'international, notamment la cession d'actifs en Afrique du sud et la réorganisation en Inde, pour se concentrer sur la Chine, devenue son premier marché en termes de ventes.

Ces charges mises de côté, le bénéfice d'exploitation n'a reculé que de 4,3% sur un an à 3,68 milliards de dollars.

Si les ventes de GM ont reculé de 2% à 2,34 millions d'unités de voitures au deuxième trimestre, le segment des grosses voitures - pickups et SUV - enregistre une progression de 6% en Amérique du Nord. Les marges importantes de ce créneau permettent pour l'instant au propriétaire des marques Cadillac et de Chevrolet de limiter le déclin de ses bénéfices, au moment où experts et observateurs anticipent le premier recul des ventes de voitures aux États-Unis depuis 2009.

«Nous avons réalisé un solide trimestre en dépit d'un environnement de plus en plus difficile», a déclaré le directeur financier, Chuck Stevens, à des journalistes.

Bond des stocks

Le premier groupe automobile américain a réaffirmé mardi son objectif d'enregistrer un bénéfice par action ajusté des éléments exceptionnels compris dans une fourchette de 6 à 6,50 dollars en 2017. Mais la communauté financière s'inquiète de son stock d'invendus, qui s'est étoffé du fait d'une augmentation prévue de la production des SUV et pickups pour éviter d'être en rupture lors de la rénovation, au second semestre, des usines afin de produire de nouveaux modèles.

Le constructeur se retrouve en conséquent avec un stock représentant 105 jours de ventes à fin juin, soit un mois de vente de plus qu'en temps normal.

«Le temps passé en moyenne par une voiture GM chez un concessionnaire a augmenté de 13% au premier semestre 2017 comparé au premier semestre 2016», calcule Jessica Caldwell, analyste chez Edmunds.com.

«Nous prévoyons de réduire considérablement ce stock au second semestre», tient à rassurer Chuck Stevens, expliquant que GM va par exemple réduire sa production et que l'automne est traditionnellement une période favorable à la vente des camionnettes à plateau.

Le géant de Detroit envisage d'arrêter la production de quelques berlines dont la Buick Lacrosse, les Cadillac CT6 et XTS, la Chevrolet Impala et la Chevrolet Volt, un modèle hybride. Il prévoit également de fermer temporairement l'usine produisant la Chevrolet Bolt, sa voiture de moyenne de gamme électrique, concurrente du «Model 3» de Tesla dont les premiers exemplaires devraient être livrés ce 28 juillet.

Pour Jessica Caldwell, il n'est pas certain que ces efforts soient suffisants pour résister à la saturation du marché automobile américain.

«La suite va être dure pour GM, qui va avoir du mal à égaler les ventes réalisées au second semestre 2016», estime-t-elle, à moins que le groupe de Mary Barra, seule femme à la tête d'un grand constructeur automobile, consente à de «très» généreuses promotions susceptibles d'éroder ses marges.




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