Alibaba double son bénéfice, mais déçoit le marché

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Julien GIRAULT
Agence France-Presse
Pékin

Le numéro un chinois de la vente en ligne Alibaba a vu son bénéfice net presque doubler au quatrième trimestre de son exercice 2016-2017, toujours dopé par les transactions via smartphones et tablettes, mais avec un résultat en deçà des attentes sur fond de conjoncture mitigée.

Au cours des trois mois s'achevant fin mars, le bénéfice net part du groupe s'est établi à 10,65 milliards de yuans (1,55 milliard de dollars), soit un bond de 98% sur un an, a indiqué Alibaba jeudi dans un communiqué.

Dans le même temps, le chiffre d'affaires du mastodonte chinois coté à New York s'est envolé de 60% à 38,58 milliards de yuans (5,03 milliards d'euros).

Alibaba, avec sa plateforme Taobao, domine à 90% le marché des échanges de particuliers à particuliers sur l'internet chinois et sa plateforme Tmall y contrôle la moitié des transactions en ligne entre professionnels et particuliers.

Si le groupe a largement diversifié ses activités, il tire toujours l'écrasante majorité de ses revenus (82%) de ses plateformes de vente en ligne, puisque celles-ci ont généré 4,59 milliards de dollars sur le trimestre (+47% sur un an). Près des 9/10 des transactions en Chine sont désormais conclues via un appareil mobile.

Pour autant, le résultat trimestriel ajusté par action, qui fait référence aux États-Unis, n'a pas convaincu: il s'est établi à 4,35 yuans (0,63 cents USD), moins qu'anticipé par les analystes (4,51 yuans).

Certes, l'entreprise pâtit de l'envolée de son taux d'imposition sur la période. Par ailleurs, «ce trimestre est une saison creuse pour la vente en ligne, ce qui grignote les marges», observe Ray Zhao, analyste du courtier Guotai Junan, cité par Bloomberg.

Mais les investissements entament également la trésorerie: Alibaba «dépense massivement dans la vidéo et le divertissement», ajoute-t-il.

Demi-milliard d'usagers

Le directeur général Daniel Zhang s'est néanmoins félicité de «la capacité» du groupe à attirer et «monétiser» un demi-milliard de consommateurs sur ses plateformes: avec en mars 507 millions d'usagers mensuels actifs se connectant via smartphone ou tablette (+24% sur un an).

«L'importante croissance» des revenus tirés du commerce électronique permet à Alibaba de poursuivre «une stratégie agressive d'investissements dans l'informatique «en nuage» (cloud)» d'une part, et «les contenus numériques et le divertissement» d'autre part, insiste M. Zhang.

Deux segments où les revenus du groupe ont respectivement doublé et plus que triplé au cours du trimestre... mais qui restent déficitaires, en dépit d'une salve nourrie d'investissements et d'acquisitions pour approvisionner en contenus ses plateformes de vidéos en ligne.

Alibaba avait ainsi pris en octobre une participation minoritaire à Hollywood dans la société de Steven Spielberg, qui inclut les studios Dreamworks.

En revanche, sur son coeur de métier, le commerce électronique, le groupe de Hangzhou commence à souffrir de l'essoufflement de la croissance chinoise et du tassement des ventes de détail dans le pays.

Magasins en dur

Sur l'exercice 2016/2017, le volume de transactions sur les plateformes d'Alibaba a atteint 3,77 milliards de yuans (+22%) --vif ralentissement après une progression de 27% l'année précédente.

En raison d'une charge exceptionnelle, son bénéfice net a chuté de 39% sur l'ensemble de l'exercice, à 43,67 milliards de yuans, tandis que ses revenus dépassaient 158,27 milliards de yuans (+56%).

Alibaba, fondé par l'emblématique milliardaire Jack Ma, tente de s'adapter: il s'efforce de séduire la classe moyenne par un gonflement du nombre de produits importés (notamment dans l'alimentaire: saumon norvégien, lait néo-zélandais...).

IL s'est également allié en février à Shanghai Bailian, conglomérat étatique contrôlant 4700 magasins en dur, en vue d'interactions entre commerces physiques et plateformes en ligne.

Enfin, il tente de renforcer sa présence à l'international, un an après le rachat de la plateforme de vente électronique du sud-est asiatique Lazada.

M. Ma a promis au président Donald Trump de créer «un million d'emplois» aux États-Unis: mais en dépit d'une progression en Asie et en Russie, sa conquête des marchés occidentaux, ultra-compétitifs, demeure laborieuse.

Dans ces conditions, ses objectifs de croissance pour 2017/2018 seront scrutés de près par le marché.

Alibaba a par ailleurs annoncé jeudi un programme de rachat d'actions totalisant jusqu'à 6 milliards de dollars sur une période de deux ans.




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