Toyota sur la défensive face à Trump

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«À l'heure actuelle, il est très difficile de prédire l'impact de l'administration Trump», a averti Tetsuya Otake, un haut responsable de Toyota, lors d'une conférence de presse.

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Anne BEADE
Agence France-Presse
Tokyo

Toyota espère boucler l'année sur une meilleure note que prévu grâce au récent repli du yen, mais le prochain exercice s'annonce incertain, dans l'ombre de Donald Trump, prompt à pourfendre l'industrie automobile japonaise.

«À l'heure actuelle, il est très difficile de prédire l'impact de l'administration Trump», a averti Tetsuya Otake, un haut responsable du groupe, lors d'une conférence de presse.

Toyota a été pris pour cible par le président américain pour un projet d'expansion au Mexique. Mais, a précisé M. Otake, «nous sommes proches de notre pleine capacité aux États-Unis. Si nous devons bâtir d'autres usines, il nous faudra beaucoup de temps».

Le constructeur laisse ainsi entendre qu'il ne pourra guère aller plus loin après avoir déjà promis 10 milliards de dollars d'investissements sur le sol américain au cours des cinq années à venir, pour construire son nouveau siège et rénover ses dix sites industriels.

Signe de l'inquiétude de Toyota - même si ce rendez-vous était soi-disant planifié de longue date -, son PDG Akio Toyoda a rencontré le premier ministre japonais Shinzo Abe vendredi, à une semaine d'un sommet prévu à Washington avec M. Trump qui ne cesse d'accuser l'archipel de pratiques commerciales déloyales.

Pour établir sa feuille de route en 2017-18, Toyota s'est dit aussi attentif aux «développements politiques en Europe», citant «le Brexit au Royaume-Uni, les élections en Allemagne et en France».

Prévisions relevées

À court terme, le géant de Nagoya (centre du Japon) a revu positivement sa copie. Ses profits ont certes chuté lourdement au terme des neuf premiers mois de son exercice (-24% pour le bénéfice net, -32,5% pour le résultat d'exploitation), et ils chuteront sur l'ensemble de l'année qui s'achève fin mars, mais le recul devrait être un peu moins important que redouté.

Le groupe attend désormais un résultat net de 1700 milliards de yens (14,4 milliards d'euros, -26,5% sur un an), au lieu de 1550 milliards, et un profit d'exploitation de 1850 milliards de yens (-35,2%), contre 1700 milliards escomptés auparavant.

«Nous prévoyons un yen plus faible que prévu initialement» (avec un dollar estimé à 107 yens, au lieu de 103 yens) et «des ventes supérieures de véhicules», a expliqué M. Otake.

Après avoir affiché des bénéfices historiquement élevés ces dernières années, Toyota a fortement souffert du regain du yen depuis le début de l'exercice, même si la situation s'est un peu améliorée récemment. Il a aussi pâti d'une nette augmentation de ses dépenses, de marketing en particulier pour attirer les clients sur fond de morosité au Japon et de ralentissement aux États-Unis, ses deux premiers marchés.

Si son chiffre d'affaires a baissé de 6% sur neuf mois du fait des effets de change défavorables, le fabricant de la citadine Yaris, de la Prius hybride (essence/électricité) ou encore de la berline Corolla, a écoulé davantage de véhicules qu'un an plus tôt, à 7,71 millions d'unités.

Vers une alliance avec Suzuki

Pour l'ensemble de l'exercice qui s'achève fin mars, Toyota pronostique des recettes de 26 500 milliards de yens (-6,7%), pour 10,15 millions de véhicules grâce à l'ensemble de ses marques: Toyota, Lexus (luxe), Daihatsu (mini-véhicules), Hino (poids lourds).

S'il a parié tardivement sur la Chine, contrairement à l'allemand Volkswagen qui l'a déchu en 2016 de son titre de numéro un mondial, il a de grandes ambitions en Asie du Sud-Est. Outre la prise de contrôle totale l'an dernier de sa filiale de mini-véhicules Daihatsu, il a fait lundi un petit pas de plus vers une alliance avec son compatriote Suzuki, très bien implanté dans la région.

Ce projet, annoncé en octobre, entre désormais dans le vif du sujet. Les «discussions concrètes» vont débuter afin de parvenir «rapidement» à un partenariat dans les technologies environnementales, de sécurité et d'information, ainsi que dans la fourniture de produits et composants, ont fait savoir les deux groupes.

Pour le petit Suzuki, qui a rompu en 2015 avec Volkswagen et semble bien seul dans un contexte de consolidation de l'industrie, l'apport d'une alliance est évident.

«Mais c'est du gagnant-gagnant, ce n'est pas Toyota qui vient à notre secours», a commenté un dirigeant de Suzuki, Yasuhito Harayama, à l'occasion d'un point presse, évoquant «l'expérience» de sa compagnie en Inde.

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