Toyota dévoile des profits vertigineux

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Après avoir été ébranlé par la crise financière mondiale, puis par une série noire de rappels en 2009-2010, Toyota a renoué avec une santé florissante.

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Anne BEADE
Agence France-Presse
TOKYO

Le constructeur automobile japonais Toyota a annoncé vendredi un bénéfice net annuel historique, à la faveur du yen faible, et espère pulvériser ses records au cours d'un exercice clé pour le numéro un mondial qui reprend son expansion après une longue pause.

Entre le 1er avril 2014 et le 31 mars 2015, il a dégagé un profit de 2173 milliards de yens (16,7 milliards d'euros). Il dépasse ainsi ses prévisions qu'il avait pourtant relevées à deux reprises.

Le résultat d'exploitation a lui aussi atteint des niveaux inédits, s'envolant de 20 % à 2750 milliards de yens grâce à «des effets de change favorables et des efforts de réduction des coûts».

Ces éléments «ont permis de compenser des facteurs négatifs, tels que de moindres ventes de véhicules et des dépenses accrues pour renforcer notre compétitivité», a expliqué le PDG Akio Toyoda.

Le fabricant de la citadine Yaris et de la voiture hybride Prius a écoulé 8,97 millions de voitures (Toyota et Lexus, une marque de luxe) sur la période, contre 9,11 millions l'année précédente. En incluant les mini-véhicules Daihatsu et les poids lourds Hino, le total s'établit à 10,16 millions d'unités.

D'un côté, il a souffert de la morosité de la conjoncture nippone, où une douloureuse hausse de TVA a ébranlé la consommation, et en Asie (Thaïlande, Indonésie), de l'autre il a savouré le dynamisme nord-américain et un marché européen de bonne tenue.

Cependant, le chiffre d'affaires, dopé par la dépréciation du yen, est ressorti en hausse de 6 % à 27 234 milliards de yens (209 milliards d'euros).

Nouveaux records en vue 

Dans ce contexte favorable, Toyota a fait un geste en direction des actionnaires en dévoilant un programme de rachat d'actions portant sur un maximum de 40 millions de titres, pour un montant de 300 milliards de yens (2,2 milliards d'euros).

Après avoir été ébranlé par la crise financière mondiale, puis par une série noire de rappels en 2009-2010, le géant a renoué avec une santé florissante.

À l'image de ses compatriotes Nissan ou Mitsubishi Motors, Toyota a reçu un coup de pouce des «Abenomics», stratégie de relance du premier ministre Shinzo Abe qui a entraîné un net affaiblissement de la devise nippone.

Pour cet exercice en revanche, la firme de la région de Nagoya (centre du Japon) s'attend à un impact négatif sur le front des devises, mais entend braver ces vents contraires et veut faire encore mieux, même si certains analystes ont jugé ses projections trop timides.

Toyota anticipe un bénéfice net de 2250 milliards de yens (+3,5 %, 18 milliards d'euros au taux de change retenu par le groupe) et un gain opérationnel de 2800 milliards de yens (+1,8 %).

Ses ventes devraient cependant de nouveau marquer le pas en volume, pour des recettes en petite hausse de 1 %, à 27 500 milliards de yens.

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