Goldman Sachs: bénéfices meilleurs que prévu

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Les analystes s'interrogent sur la performance décevante de Goldman Sachs dans le courtage.

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Luc OLINGA
Agence France-Presse
NEW YORK

La banque d'affaires américaine Goldman Sachs a nettement dépassé les attentes en 2014, mais les difficultés rencontrées par le courtage, sa force traditionnelle, soulèvent des inquiétudes à Wall Street.

Sur l'ensemble de l'année, le bénéfice net a bondi de 10,1 % sur un an à 8,48 milliards de dollars, selon un communiqué publié vendredi.

Lors des trois derniers mois, le profit est de 2,17 milliards de dollars.

Ces résultats se traduisent par un bénéfice ajusté par action, référence en Amérique du Nord, de 17,07 dollars sur l'année et de 4,38 dollars sur le quatrième trimestre. Les analystes anticipaient en moyenne 16,99 et 4,32 dollars.

Le chiffre d'affaires du prestigieux établissement aussi bien sur l'année (34,53 milliards de dollars, en hausse de 1 %) que sur le quatrième trimestre (7,69 milliards, -12,6 %) est également meilleur que prévu. Les attentes étaient de 34,46 milliards de dollars et de 7,64 milliards.

Courtage au bas

À Wall Street, le titre hésitait: après avoir été dans le rouge à l'ouverture, le titre remontait de 0,18 % à 178,78 dollars vers 9 h 35.

«Nous nous réjouissons de notre performance durant une année marquée par un environnement économique global et financier contrasté», commente le PDG Llyod Blankfein.

Les analystes s'interrogent sur la performance décevante de Goldman Sachs dans le courtage.

Les très suivies activités de courtage d'obligations, de change et de matières premières (FICC) ont généré des recettes de 8,4 milliards de dollars sur l'année, en baisse de 2 %.

Le recul est plus important sur le quatrième trimestre (-29 % à 1,22 milliard de dollars). C'est l'une des pires performances du secteur, la baisse ayant été moins prononcée chez les rivales JPMorgan Chase (-14 %), Citigroup (-16 %). Elle est de 30 % chez Bank of America.

«Le "FICC" est horrible. Si on ne tient pas compte d'un crédit d'impôt, les revenus ont diminué de 31 %», observe Matt O'Connor, analyste chez Deutsche Bank.

Goldman Sachs justifie sa contre-performance par des «conditions de marchés difficiles et des niveaux d'activités faibles».

Vache à lait des banques après 2008, les activités de «FICC» ont commencé à faiblir en 2013 en raison de la prudence des investisseurs et des incertitudes sur la politique monétaire de la banque centrale américaine (Fed).

Après une relative stabilisation sur le troisième trimestre, le «FICC» a pâti paradoxalement de la forte volatilité ayant régné sur les marchés financiers lors des trois derniers mois de 2014 où la chute des prix du pétrole a refroidi les investisseurs.

Les revenus de l'activité lucrative de «Underwriting» - vente de produits financiers émis par une entreprise cliente - sont restés inchangés, mais ont plongé de 34 % sur un an au quatrième trimestre, en raison d'un coup de mou de l'ensemble du secteur.

Seule éclaircie pour Goldman Sachs, le conseil financier sur fond d'euphorie des fusions-acquisitions. Ses recettes y ont bondi de 25 % sur l'année.

Pas de gros bonus

Pour les courtiers et banquiers de Goldman Sachs, 2014 est une année sans gros bonus.

La banque va consacrer 12,69 milliards de dollars, soit 36,8 % de son chiffre d'affaires, à la rémunération de ses salariés, en légère baisse comparativement à 2013. C'est le niveau le plus bas depuis l'entrée de l'établissement financier à Wall Street en 2009. Le salaire moyen sera ainsi de 373.235 dollars contre 383.374 de 2013 (-2,64 %).

La rémunération des banquiers d'affaires a diminué de 3,6 % l'an dernier chez JPMorgan Chase.

Les banques américaines sont à la chasse aux économies pour s'adapter à un environnement réglementaire exigeant d'elles un matelas de sécurité important en cas de nouvelle crise. Elles piochent dans les salaires, généralement leur gros poste de dépenses.

Du côté des litiges, Goldman Sachs a été épargnée l'an dernier.

Sur l'ensemble de l'année, la banque n'a provisionné que 754 millions de dollars (-21,5 % sur un an) en cas d'accords éventuels alors que ses rivales s'acquittaient de milliards de dollars.

Mais la donne pourrait changer en 2015 puisqu'elle fait face à des accusations d'abus de confiance portées par le fonds souverain libyen (LIA).

Ce fonds, créé en 2006 pour gérer les revenus pétroliers du pays, réclame 1 milliard de dollars de dédommagement à Goldman Sachs. Un éventuel procès est attendu cette année.

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