Lente croissance du transport maritime sur courte distance

Les embarcations de l'entreprise Les barges de Matane... (Photo fournie par Davis Shipping Limited)

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Les embarcations de l'entreprise Les barges de Matane transportent des matériaux en vrac, des remorques ainsi que des bâtiments modulaires préfabriqués.

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Martin Primeau

Collaboration spéciale

La Presse

Amener une partie du trafic routier sur le fleuve afin de réduire les émissions de GES. Voilà l'un des objectifs que s'était donnés le gouvernement du Québec en juin 2015 en dévoilant sa stratégie maritime. Mais 18 mois plus tard, force est de constater qu'il lui faudra encore beaucoup de temps pour y arriver.

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Les barges de l'entreprise Les barges de Matane transportent des matériaux en vrac, des remorques ainsi que des bâtiments modulaires préfabriqués.

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Ce constat, c'est celui que font eux-mêmes des acteurs du transport maritime au Québec, notamment Groupe Océan, un géant qui emploie 850 travailleurs dans l'est du pays.

« Présentement, le secteur du transport maritime est assez tranquille chez nous », admet Philippe Fillion, directeur des affaires publiques de l'entreprise. 

Le transport maritime sur courte distance (TMCD) constitue environ 20 % de tout le trafic sur le fleuve selon le gouvernement du Québec. Il sert principalement à véhiculer des matières premières en vrac, comme du minerai, des agrégats ou du grain, mais aussi des marchandises.

Groupe Océan, lui, acheminait entre autres des copeaux de bois de Port-Cartier à Trois-Rivières jusqu'à il y a deux ans, avant que le marché ne s'y prête plus.

« En transportant 8000 tonnes de copeaux de bois avec chaque voyage, on sortait plusieurs centaines de camions de la route 138 chaque semaine. » - Philippe Fillion, directeur des affaires publiques de Groupe Océan

Pour stimuler le transport sur le fleuve, Québec a annoncé en juin 2015 une enveloppe de 500 millions de dollars à la disposition des organisations du secteur afin d'améliorer les infrastructures portuaires, la mise en place de nouvelles liaisons ainsi que le transport de passagers.

L'entreprise Groupe Riverin Maritime a profité de cette aide gouvernementale pour acheter une première embarcation en 2015 afin de transporter de Forestville vers la rive sud du Saint-Laurent des agrégats, du sable et des pierres issus de son entreprise mère. Mais l'entreprise souhaitait également mettre en oeuvre des activités de cabotage. De l'aveu même de son président, Réal Riverin, trouver des clients s'est avéré plus complexe qu'il ne le croyait. « C'est un début », admet-il.

L'entreprise Les Barges de Matane a aussi profité d'une aide gouvernementale pour se doter de quatre barges et d'un remorqueur. L'entreprise mère de celle-ci, Construction CEG, en est le premier client, livrant ses bâtiments modulaires préfabriqués sur la Côte-Nord, à partir de la Gaspésie. Mais elle n'est pas seule, et les affaires vont tout de même bien, selon le président de l'entreprise, Paul Gauthier.

« À Matane, on a la chance d'avoir une zone industrielle portuaire en développement, dit-il. On a fait une bonne année, et on prévoit même ajouter un bateau et une barge dans les prochains mois. »

AMÉLIORER LA LOGISTIQUE DU TRANSPORT

Pour comprendre comment stimuler le TMCD dans le Saint-Laurent, l'Association des armateurs du Saint-Laurent a lancé une étude dont les conclusions seront dévoilées en mars prochain.

« Il se fait déjà beaucoup de TMCD sur le fleuve, notamment pour le transport en vrac, explique Martin Fournier, directeur général de cette association. Mais le transport de marchandises, lui, reste à améliorer. »

Pour changer la donne, la logistique du transport de certaines marchandises devra être repensée, selon lui.

« Dans les dernières années, les entreprises se sont mises à la livraison "juste à temps" pour réduire le temps d'entreposage. On expédie plus souvent, et en petites quantités. C'est une façon de faire qui correspond moins avec ce que peut offrir le transport maritime. » - Martin Fournier, directeur général de l'Association des armateurs du Saint-Laurent

Le transport de remorques, une pratique qui se fait déjà sur le fleuve, pourrait s'avérer une solution gagnante, ajoute-t-il. Les membres de la Table du Québec sur le transport maritime courte distance, dont Martin Fournier fait partie, en discutent d'ailleurs. Celle-ci réunit des spécialistes de la logistique, ainsi que des transporteurs routiers et maritimes.

« En identifiant les contraintes de chacun, on pourra mettre en place des actions pour favoriser la rentabilité de projets de transport de marchandises sur le fleuve », dit-il.




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