Hydro-Québec prépare la révolution de la batterie solaire

Une batterie à l'énergie solaire alimentée par un... (Photo Martin Chamberland, La Presse)

Agrandir

Une batterie à l'énergie solaire alimentée par un simulateur de soleil. Voilà le projet « unique » sur lequel planche entre autres Andre Paolella, chercheur au Centre d'excellence d'Hydro-Québec à Varennes.

Photo Martin Chamberland, La Presse

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Dossiers  »

Transport électrique

Transport électrique

L'automobile électrique ne fera-t-elle que passer sur nos routes... avant de s'envoler ? Plusieurs projets en développement ambitionnent d'utiliser la propulsion électrique pour nous transporter par les airs. Petit tour d'horizon. »

Yvon Laprade

Collaborations spéciale

La Presse

La prochaine « révolution » dans le monde des batteries électriques se fera avec l'aide... de la lumière et du soleil. C'est ce qu'affirme le scientifique québécois Karim Zaghib, considéré comme un gourou dans son domaine.

« Ce n'est plus qu'une question de temps avant... (Photo Martin Chamberland, La Presse) - image 1.0

Agrandir

« Ce n'est plus qu'une question de temps avant qu'on voie des véhicules automobiles rouler à l'énergie solaire photovoltaïque », soutient Karim Zaghib, directeur général du Centre d'excellence en électrification des transports et stockage d'énergie de l'IREQ.

Photo Martin Chamberland, La Presse

« Ce n'est plus qu'une question de temps avant qu'on voie des véhicules automobiles rouler à l'énergie solaire photovoltaïque [une énergie électrique produite à partir du rayonnement solaire] », soutient le directeur général du Centre d'excellence en électrification des transports et stockage d'énergie, qui fait partie de l'Institut de recherche d'Hydro-Québec (IREQ).

Il y a un an et demi, son service, qui compte 60 employés, a pris une longueur d'avance sur la piste des véhicules verts en faisant breveter une technologie qui fait appel, précisément, à cette forme d'énergie qu'on peut stocker dans une batterie.

« Ce projet est sérieux, dit-il. Nous travaillons en étroite collaboration avec les chercheurs de l'Université McGill et des centres de recherche en Espagne et en Italie. »

« Je suis très optimiste, ajoute-t-il. Nous mettons nos cerveaux à contribution, et les résultats sont probants. »

Outre le financement de 1 million d'Hydro-Québec, pour la première étape, l'Université McGill a reçu une aide financière d'Ottawa de 654 000 $ pour ce projet.

« Notre batterie à l'énergie solaire suscite beaucoup d'intérêt au sein de la communauté scientifique internationale. Nous avons publié un article dans la prestigieuse revue Nature, et les commentaires sont très positifs. » - Karim Zaghib

DES ÉTAPES À FRANCHIR

Il concède qu'il y a encore « des étapes à franchir » avant de commercialiser cette batterie « qui se charge avec la lumière et le soleil ». Il prévient que la commercialisation « ne se fera pas avant cinq ans ».

« Nous en sommes à l'étape des tests en laboratoire, explique le docteur en électrochimie [Institut polytechnique de Grenoble]. Il nous reste à définir sa conception, son design. Il faudra, par exemple, que le couvercle de la batterie soit transparent pour que la lumière puisse pénétrer et générer de l'énergie.

« Nous visons trois marchés cibles, ajoute-t-il. Il y a bien sûr les véhicules automobiles, mais aussi les portables et les habitations résidentielles. »

APRÈS 22 ANS !

Le directeur du Centre d'excellence, qui se consacre aux « batteries technologiques » depuis 22 ans, est convaincu que le Québec pourra prendre une longueur d'avance dans le marché des véhicules électriques grâce à cette batterie au concept unique.

« Nous avons la prétention de dire que nous avons trouvé les matériaux [qui entrent dans la composition de la batterie] avant tout le monde, dit-il, et ça nous place dans une position idéale pour développer ce marché. »

Il ajoute : « C'est un nouveau concept. Nous avons trouvé une façon économique et efficace d'autocharger la batterie. »

Dans ses laboratoires de recherche, à Varennes, il supervise les tests.

« Ça reste encore une toute petite pile, relativise-t-il. On est encore loin du véritable prototype !

« On a placé une minuscule batterie [qui fait quatre centimètres] dans un contenant de verre, transparent, avec un simulateur de soleil pour en mesurer l'autonomie et voir comment elle se charge », ajoute Karim Zaghib.

UN CHERCHEUR CONVAINCU

Le chercheur montréalais, dont la réputation dépasse les frontières canadiennes, vante sans cesse les mérites du Québec en matière de technologies « électriques ».

« On avance très rapidement, fait-il valoir. Il y a plus de 20 ans, quand je parlais de ce potentiel lors de mes conférences, on disait que j'étais un rêveur. Regardez où on est rendus aujourd'hui ! »

Fait singulier, son intérêt pour les véhicules verts a débuté alors qu'il était un tout jeune étudiant asthmatique souffrant d'allergies.

« Je passais des heures dans les bouchons de circulation en France et je souffrais, se souvient-il. C'est à ce moment-là que je me suis dit qu'il fallait que je fasse quelque chose pour changer le monde. J'avais compris qu'une voiture électrique pouvait réduire les émissions polluantes. »

Et ça fera bientôt 10 ans qu'il conduit une auto... électrique.




La Presse Affaires vous suggère

publicité

publicité

publicité

publicité

image title
Fermer