Pour ne pas se heurter à un mur

Selon Éric Dufour, il faut à tout prix... (Photo Luc Brassard, Le Quotidien)

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Selon Éric Dufour, il faut à tout prix prévoir le cheminement de l'entrepreneur qui transfère son entreprise à la relève.

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Transfert d'entreprise

Transfert d'entreprise

Lors du dernier budget provincial, 50 millions de dollars ont été annoncés pour financer des projets de reprise collective d'entreprises. Une avenue encore méconnue de plusieurs et souvent vue comme impossible autant par les travailleurs que par les dirigeants d'entreprises. Survol de cette stratégie appuyée par le Centre de transfert d'entreprise du Québec (CTEQ). »

Les entrepreneurs sur le point de transférer ou de vendre leur PME n'ont jamais eu autant d'outils à leur portée. Pourtant, beaucoup d'entre eux se heurtent à un mur une fois la transaction conclue. Éric Dufour, leader national en transfert d'entreprise chez RCGT, nous dévoile les cinq éléments les plus importants à prévoir au moment de céder les rênes de son entreprise.

ÊTRE COHÉRENT

« Dans toute transaction, il doit y avoir un plan de transfert, dit Éric Dufour. Ce plan indique le rôle de chacun après la passation des pouvoirs. Or, la plupart du temps, les cédants ne respectent pas ce plan. Ils ne sont pas cohérents. Pourtant, un plan de transfert est la plus belle forme de mobilisation pour la relève en place. Quand le plan n'est pas respecté, il faut alors songer à mettre en place un comité de relève comprenant les nouveaux actionnaires, le cédant, une autre personne-clé de l'entreprise, de même qu'un consultant. Il existe des subventions pour aider les entrepreneurs dans le processus de transfert pour, notamment, rembourser une partie des honoraires des consultants accrédités. »

VOIR À SA PLANIFICATION FINANCIÈRE ET FISCALE

« C'est étonnant, mais la majorité des entrepreneurs, même les plus aguerris, ne font aucune planification financière ou fiscale. Ils laissent l'argent dans l'entreprise ou conservent leurs actifs dans des immobilisations. Ils vivent donc dans l'insécurité et n'ont pas l'impression d'avoir de l'argent leur appartenant. Je leur conseille de mettre en place un processus où les repreneurs remboursent le cédant. Dès qu'un cédant commence à être payé, la pression descend. Et c'est normal. Ils doivent par conséquent déterminer les revenus à prévoir pour maintenir le rythme de vie désiré. Les cédants, qui ont pour la plupart toujours réinjecté l'argent dans l'entreprise, n'étaient pas de grands épargnants. Ils doivent donc vérifier s'ils ont des cotisations REER inutilisées, ils doivent ouvrir un CELI à leur nom, etc. »

ÊTRE UN AMBASSADEUR DE L'ENTREPRISE

« C'est une étape très importante. L'entrepreneur qui transfère son entreprise doit absolument donner de la crédibilité à sa relève devant les cadres, les employés, les clients, les fournisseurs, les institutions financières, etc. Sur ce dernier point, je dirais que 90 % des repreneurs familiaux ne sont pas familiers avec la finance en général. Il y a du chemin à faire. Le cédant doit donner de son temps dans ce sens. Il faut éviter que l'ancien patron, qui, à bien des égards, était un one-man show, s'immisce trop dans l'entreprise. Il ne doit plus interférer dans le quotidien. Bref, il doit légitimer les repreneurs autant à l'externe qu'à l'interne. »

LÂCHER PRISE

« Autrefois, le chef d'entreprise portait plusieurs chapeaux. Dans un cas de transfert, il est habituellement remplacé par deux ou trois personnes. Il devient alors difficile pour lui de lâcher prise. Un contrat de travail en marge de la transition est l'idéal. De cette façon, les repreneurs s'assurent que le cédant a un rôle dans l'après-transfert. La société a lancé un message de fatalité comme quoi les cédants devaient à tout prix se retirer pour faire place à la relève. Au contraire, il faut profiter de l'expertise des cédants. Quand le plan de relève est bien conçu et qu'il s'échelonne sur une période de un à trois ans, cela fait baisser la pression. Le cédant peut enfin lâcher prise. »

DEVENIR UN MENTOR

« Après avoir pris soin du côté financier, avoir cautionné la nouvelle équipe et avoir enfin lâché prise, le chef d'entreprise qui tire sa révérence aurait avantage à devenir un mentor. J'appelle cela la période "post-transition-autonomie-maturité". Mais le cédant ne viendra que sur invitation. Il veut devenir un mentor, mais n'osera jamais s'imposer. Le plan de relève doit inclure cet aspect. Un poste, ou même la présidence du C.A., est une option. On le sait, les entrepreneurs baby-boomers ne veulent pas quitter leur entreprise. La plupart veulent continuer à être actifs plutôt que d'aller jouer au golf en Floride. Ils ont bâti Québec inc. On ne peut pas leur demander de s'effacer complètement. »

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