Le scénario catastrophe s'évanouit

Vincent Lecorne, PDG du Centre de transfert d'entreprise... (Photo Patrick Sanfaçon, Archives La Presse)

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Vincent Lecorne, PDG du Centre de transfert d'entreprise du Québec

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Transfert d'entreprise

Transfert d'entreprise

Lors du dernier budget provincial, 50 millions de dollars ont été annoncés pour financer des projets de reprise collective d'entreprises. Une avenue encore méconnue de plusieurs et souvent vue comme impossible autant par les travailleurs que par les dirigeants d'entreprises. Survol de cette stratégie appuyée par le Centre de transfert d'entreprise du Québec (CTEQ). »

Yvon Laprade

collaboration spéciale

La Presse

Oubliez les scénarios catastrophes à propos du manque de relève pour assurer le transfert des petites et moyennes entreprises !

« Il y a des repreneurs, des jeunes qui se montrent prêts à prendre le relais, des 35-45 ans qui souhaitent investir et s'investir pour devenir à leur tour entrepreneurs », soutient Vincent Lecorne, PDG du Centre de transfert d'entreprise du Québec (CTEQ).

« À vrai dire, ajoute-t-il, le portrait d'ensemble est beaucoup plus positif qu'on ne pouvait le croire, il y a deux ou trois ans à peine. Mais il faut mettre des bémols. Dans certaines régions du Québec, la Gaspésie et le Bas-Saint-Laurent, notamment, on reste préoccupé par l'enjeu de la relève. »

LE FRUIT DE 10 ANS D'EFFORTS

Mais que se serait-il donc passé pour que la vision des « préparateurs de la relève » change radicalement, et aussi rapidement ?

« Il est vrai qu'un tel constat peut surprendre, convient-il à propos du déficit entrepreneurial. Mais il est vrai, aussi, que des efforts ont été déployés depuis 10 ans pour intéresser les jeunes à l'entrepreneuriat et aux projets de relève. On en voit maintenant les résultats et ils sont probants. »

« C'est surprenant de constater à quel point les jeunes sont impressionnés par les entrepreneurs qui ont réussi. On fait des tournées en région. On pourrait entendre voler une mouche lors de nos présentations. » 

- Vincent Lecorne, PDG du CTEQ

CRÉER DES LIENS

Même constat étonnant de la part de Louise Cadieux, professeure en management au département des sciences de la gestion à l'UQTR, à Trois-Rivières.

« Quand on assiste à des colloques sur les transferts d'entreprise, dit-elle, on constate que la relève est là, bien présente. On réalise aussi que la situation est loin d'être dramatique. »

« De plus en plus de jeunes diplômés se manifestent et souhaitent devenir entrepreneurs en faisant l'acquisition d'une entreprise », fait-elle valoir.

Mais il ne faut pas croire que la partie est gagnée d'avance, tient-elle à préciser. « Très souvent, les propriétaires de petites entreprises de 10 employés et moins qui souhaitent passer le relais n'ont pas de réseaux pour faire connaître leurs intentions, contrairement aux plus grandes entreprises, qui peuvent compter sur l'aide de professionnels pour solliciter des acheteurs, note-t-elle. Ce manque de communication les empêche parfois de réaliser une transaction et de trouver un repreneur. »

Elle privilégie la formule des « clubs de rencontres » pour nouer des contacts d'affaires entre les vendeurs et les acheteurs.

LE NERF DE LA GUERRE, L'INFORMATION 

Vincent Lecorne reconnaît que l'échange d'informations pertinentes constitue le véritable enjeu. « Il faut que les propriétaires vendeurs s'affichent davantage », résume le PDG.

Il constate que les producteurs agricoles en fin de carrière ont du mal à « s'afficher » et à dire ouvertement qu'ils sont sur le marché.

« Ce n'est pas la voie à emprunter, fait-il valoir. Si on veut vendre son entreprise, il faut faire connaître ses intentions et non pas se replier. »

Il s'attend d'ailleurs à une « consolidation » dans le monde agricole, avec la vente de fermes familiales. Et les repreneurs pourraient, selon lui, adopter de « nouveaux modèles » de gestion, avec un nouveau partage des responsabilités.

« On ne pourra jamais cloner le propriétaire d'une entreprise, dit-il de façon imagée. C'est une question de culture et de génération. »

« Mais les repreneurs pourront faire les choses autrement, ajoute-t-il. On pourrait voir non seulement un acquéreur, mais une mixité d'acquéreurs, qui se partageront les tâches au sein de l'entreprise acquise. »

UNE CERTAINE URGENCE...

Chose certaine, le transfert d'entreprise fait partie des « grandes priorités » des principaux acteurs économiques. Tous s'entendent pour dire qu'il faudra combler ce qu'ils appellent « le déficit entrepreneurial » en accentuant les efforts de concertation entre les cédants et les repreneurs.

« Il ne faut pas oublier qu'une masse importante de chefs d'entreprise vont bientôt prendre leur retraite, relève Louise Cadieux. Ce sera là une occasion pour les jeunes de se lancer en affaires avec une entreprise existante, ce qui facilite les choses. »

« Le contexte économique a bien changé et il faut en tenir compte, ajoute-t-elle. Dans les années 70 et 80, on voyait l'émergence de PME. En 2016, ce sont les propriétaires de ces mêmes PME qui veulent vendre pour passer le relais. Nous sommes rendus là. »

EN CHIFFRES

1812

Nombre d'entrepreneurs accompagnés dans une démarche de transfert ou d'achat d'entreprise (au cours des 18 derniers mois)

99

Nombre de transferts réussis

14 602

Nombre d'emplois sauvegardés grâce aux transferts réussis

38 000

Déficit entrepreneurial estimé (entre 2010 et 2020)

21 000

Nombre d'aspirants entrepreneurs prêts à reprendre le flambeau

30 %

Proportion des PME qui passent le cap de la première génération

10 %

Proportion des PME qui passent le cap de la deuxième génération

Source : CTEQ, novembre 2016

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