DÉVELOPPEMENT DURABLE

Vers le titre de première technopole en écologie industrielle du monde

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Sorel-Tracy

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Sorel-Tracy a le vent dans les voiles: La construction immobilière va bien, le taux de chômage a rejoint la moyenne québécoise, plusieurs nouveaux projets de PME sont en marche tout comme le recrutement de main-d'oeuvre spécialisée. Et c'est sans parler d'investissements importants dans les grandes entreprises! »

Hélène Gignac, directrice du Centre de transfert technologique... (Photo Edouard Plante-Fréchette, La Presse)

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Photo Edouard Plante-Fréchette, La Presse

Hélène Gignac, directrice du Centre de transfert technologique en écologie industrielle.

(Montréal) La ville de Sorel-Tracy a longtemps été reconnue comme l'une des municipalités les plus polluées de la province, notamment en raison de ses entreprises en métallurgie. Depuis les années 90, les intervenants locaux ont toutefois pris les choses en main et entendent même devenir les leaders en écologie industrielle, une approche qui applique le développement durable aux industries.

Le Technocentre en écologie industrielle (TÉI) s'active d'ailleurs à faire reconnaître la région comme la première technopole en écologie industrielle du monde. Si tout va bien, Sorel-Tracy devrait obtenir ce nouveau statut en 2012.

«Cette reconnaissance permettra à la région de devenir un pôle de savoir et d'inciter les entreprises à appliquer le développement durable à leurs procédés et à leurs produits», explique Normand Gariépy, directeur général du TEI. Sorel-Tracy pourra aussi recevoir des missions étrangères et participer à des conférences internationales.

Un réseau d'innovations

La région bénéficiera également d'un réseau mondial de 350 technopoles et pourra échanger connaissances et expertises avec plus de 800 entreprises à travers le monde.

Pour illustrer les projets innovants que la technopole en écologie industrielle soutiendrait, Normand Gariépy prend le cas de Rio Tinto Fer et Titane.

«L'entreprise, établie à Sorel-Tracy, rejette beaucoup de chaleur. On pourrait récupérer ces rejets thermiques et les utiliser pour chauffer d'autres édifices ou même des maisons du territoire. C'est un exemple, mais les possibilités sont infinies.»

Un long processus

On s'en doute, un tel projet ne se fait pas du jour au lendemain.

Plusieurs initiatives ont ouvert la voie: la ville a notamment adopté l'Agenda 21 local en 2006 (un plan stratégique qui guide les élus en matière de développement durable) et a réalisé son premier bilan carbone.

Le Cégep de Sorel-Tracy a également mis sur pied le Centre de transfert technologique en écologie industrielle (CTTEI) dès 1999, et Rio Tinto Fer et Titane possède son centre de recherche.

«Toutes les conditions sont réunies pour faire de Sorel-Tracy une technopole en écologie industrielle», estime Normand Gariépy.

«Nous avons deux centres de recherche, neuf entreprises de la région sont intégrées au projet et notre organisme favorise l'innovation», ajoute-t-il.

Il ne reste plus qu'à déposer le cahier de présentation à Zones Québec Innovation, l'organisme qui regroupe les différentes technopoles de la province. Ce devrait être chose faite d'ici la fin de l'année.

Le CTTEI se modernise

Ça bouge du côté du Centre de transfert technologique en écologie industrielle (CTTEI). Présentement situé au sous-sol du Cégep de Sorel-Tracy, le CTTEI envisage de déménager ses pénates de l'autre côté de la rue, dans l'édifice qui abritait auparavant la mairie de Tracy.

«C'est un projet de longue date! Depuis 2001, le Centre souhaite agrandir ses locaux, explique Hélène Gignac, directrice du CTTEI. Le déménagement permettra de tripler la superficie de nos espaces, qui passeront de 3000 à 9000 pieds carrés.»

Autour de 2,5 millions de dollars seront nécessaires pour réaliser le projet. La modernisation est rendue possible grâce à l'appui du ministère du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation et de la ville de Sorel-Tracy.

Le CTTÉI, reconnu pour ses travaux en valorisation des déchets et des matières résiduelles, a pour mission de promouvoir l'écologie industrielle comme moyen privilégié d'atteindre le développement durable.

Le Centre a notamment créé avec divers partenaires la Bourse des résidus industriels du Québec, qui met en lien les producteurs de matières résiduelles et des utilisateurs potentiels.

Banc d'essai

Le CTTÉI possédera des laboratoires plus spacieux et un espace dédié spécialement au banc d'essai, ce que le centre n'a pas pour l'instant.

«L'acquisition de nouveaux équipements est également prévue», ajoute Hélène Gignac.

Des calorimètres aux broyeurs en passant par les échantillonneurs, tout sera mis en place pour permettre aux entreprises d'analyser, d'échantillonner et de mettre en forme les matières.

«Avec la modernisation du CTTÉI, nous pourrons créer un véritable pôle de savoir et de recherche et développement en écologie industrielle, puisque le Technocentre en écologie industrielle s'installera aussi à nos côtés», soumet Hélène Gignac.

Le CTTEI travaille d'ailleurs de concert avec le Technocentre sur le projet de reconnaissance de Sorel-Tracy comme technopole en écologie industrielle.

«C'est la première technopole du genre au monde. Cela va nous permettre un rayonnement international», assure Hélène Gignac.

Les derniers documents restent à finaliser, puis les appels d'offres seront lancés. Si tout va bien, les travaux s'amorceront au printemps 2012.

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