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Bâtir un réseau de poids au Québec
PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE
Le Dr André De Villers rêve d'étendre sa chaîne de clinique Mexa partout au Québec et même en Europe.

La Presse
Ses projets sont aussi vastes que ses idéaux. Il rêve d'étendre sa chaîne (de trois maillons, pour l'instant) partout au Québec, et un jour, pourquoi pas, jusqu'en Europe. Sa motivation: «Comment est-ce que je pourrais arriver à changer la mentalité des gens et à les responsabiliser sur leur état de santé, et diminuer ainsi les coûts de santé en général et améliorer la qualité de vie de mes patients?»
Comme sa raison sociale l'indique, le réseau Mexa combine Médecine, EXercice et Alimentation.
André de Villers s'inquiétait depuis quelques années de la hausse de l'obésité chez les Québécois, de son impact sur le diabète, la haute tension et le taux de cholestérol, contrôlés ensuite à coups de pilules et contre-pilules. «Je me suis dit que ce n'était certainement pas la solution.»
Grâce à la combinaison d'un suivi médical, d'un programme d'exercices dirigé par des kinésiologues et d'une alimentation supervisée par des nutritionnistes, il veut favoriser l'atteinte d'un poids santé et d'une santé... santé. Les clients sont réunis dans un groupe d'une dizaine de personnes qui suivront ensemble un programme de huit mois. «L'effet de groupe est très important», insiste le médecin.
Mettant à profit les avancées en nutrigénomique, Mexa propose même un test génétique qui aidera ses nutritionnistes à créer la diète la plus appropriée et la plus bénéfique. Gènes, disons-nous? La famille de Villers semble s'être transmis celui de la créativité entrepreneuriale (appelons-le le gène GDID). «Mon père était comme ça, mes soeurs sont comme ça», déclare le médecin. Son père, ingénieur, avait bâti une usine de contreplaqué. Sa soeur Madeleine a assis la chaîne de magasins de meubles Zone. Une autre soeur, Marie-Éva, auteure du Multidictionnaire de la langue française, est une référence en lexicologie.
André de Villers a lui-même fondé la biotech Theratechnologies en 1993 et participé à la fondation d'Alizé Pharma à Lyon, en 2007. «Je me suis toujours intéressé à ce qui était innovant en médecine, comment on pouvait être plus efficace, obtenir plus de renseignements sur le patient pour mieux le soigner», explique l'homme de 63 ans.
Problèmes de croissance
André de Villers espère ouvrir cinq nouvelles cliniques en 2014. «Ce que j'essaie de faire, exprime-t-il, c'est de l'étendre le plus vite possible à l'ensemble de la province.»
Ce n'est pas gagné. Son concept amalgame des activités sportives à des consultations médicales.
Or, on le sait, la question de la médecine payante au Québec est aussi sensible qu'une triple fracture du fémur. «Le grand public paie déjà des impôts et l'assurance maladie, reconnaît le Dr de Villers. Payer une deuxième fois pour des services connexes, ce n'est pas évident.»
Il espère en fait réaliser un PPPPP: promotion de la prévention en partenariat public-privé. «Le plus gros enjeu, dit-il, c'est d'essayer de changer les mentalités.» Dans la population d'abord. Chez ses confrères ensuite. Dans le système de santé, enfin. «Ce n'est pas évident. J'ai rencontré beaucoup de gens dans le secteur public, mais je n'ai pas eu beaucoup d'écoute.»
Pour compliquer les choses, le marché des centres de conditionnement physique s'apparente au sport extrême. Les chaînes Swann et Curves ont perdu des dizaines de succursales au tournant de 2010. On ouvre presque autant de studios de santé qu'on en ferme: leur nombre oscille autour de 500 depuis plusieurs années.
«C'est sûr qu'il y a des risques et que la bataille n'est pas gagnée, mais je suis optimiste de nature, affirme André de Villers. Chaque fois que j'ai lancé des entreprises, il y avait toujours des problèmes comme ceux-là et j'ai toujours réussi à passer au travers.»
L'optimisme est un facteur de santé, dit-on.
Le regard d'un spécialiste
Visitez notre blogue Café PME pour lire les observations et les suggestions d'un expert à propos de la situation de Mexa.
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