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Princecraft
L'invincible armada
PHOTO FOURNIE PAR PRINCECRAFT
"Quand on sort 15 ou 20 nouveaux produits chaque année dans une gamme de 60 produits, s'il y en a 2 ou 3 qui ne fonctionnent pas, c'est un coup d'épée dans l'eau coûteux", explique Donald Dubois, président de Princecraft.

La Presse
Une véritable armada.
La flotte de Princecraft comptera près de 20 nouvelles embarcations en 2013, sur la soixantaine de modèles qui constituaient le catalogue 2012.
Des dizaines d'autres sont remaniés. Du jamais vu chez le fabricant de Princeville, dans le Centre-du-Québec.
«Pour l'année modèle 2013, nous avons introduit une quantité sans précédent de nouveaux produits, tant dans nos pontons que dans nos bateaux de pêche, décrit le président de l'entreprise, Donald Dubois. Nous sommes aussi à recruter un chef de produit afin de mettre encore davantage d'accent sur la conception de produits.»
Un changement de direction? Non, plutôt une correction de cap, mais en poussant les machines en avant toute. «La concurrence est de plus en plus féroce, dit-il. On pense que c'est notre cheval de bataille.»
Toutes les embarcations de Princecraft sont fabriquées dans ses trois usines situées à Princeville, petite municipalité de 5700 habitants. L'entreprise y emploie 225 employés. Plusieurs de ses fournisseurs - capotes, remorques, boiseries, pare-brise - sont eux aussi de la région. «On est un peu le moteur de l'économie locale», se réjouit M. Dubois.
Les trois gammes de Princecraft - bateaux de pêche, pontons et bateaux pontés - sont fabriquées en aluminium, matériau privilégié de l'entreprise depuis sa fondation, en 1954.
Même s'il se prête plus difficilement aux formes complexes, ce métal présente l'avantage d'être 30% plus léger que la fibre de verre, explique le président.
Les prix s'étalent de 2000$ à plus de 85 000$, vaste fourchette qui traduit l'étendue de la gamme.
C'est la qualité de fabrication et de finition qui fait la réputation de Princecraft, constate Donald Dubois. «Et le style, également, ajoute-t-il. Les Québécois ont tendance à être un peu différents dans tout. Nos produits le reflètent.»
Il mentionne les couleurs, le graphisme, la poupe d'un bateau de pêche Princecraft, qui le distinguent immédiatement d'un concurrent. «Notre designer industriel est québécois et ça paraît.»
Maintenir la vitesse
Princecraft veut concevoir et mettre de nouveaux modèles sur le marché plus rapidement. «La partie va se jouer au chapitre du produit, au cours des prochaines années, affirme Donald Dubois. Sur le plan du coût, on est tous à peu près semblables. Le kilogramme d'aluminium, tout le monde le paie à peu près le même prix.»
L'entreprise prévoit mener un sondage, organiser des groupes de rencontre de consommateurs, instituer une veille de concurrence systématique.
Des projets de recherche sont également en cours avec l'Université Laval et l'Université de Sherbrooke. Enfin, l'équipe de recherche et développement entreprendra une démarche Kaizen pour améliorer sa méthode de travail.
Car l'architecte naval et le designer de Princecraft conçoivent toutes les embarcations de l'entreprise, même si une dizaine d'autres personnes interviennent à divers degrés. Ce petit équipage devra réussir à tenir une vitesse de croisière décoiffante.
«La cadence pour l'année modèle 2013 sera difficile à maintenir pour l'année modèle 2014, reconnaît Donald Dubois, et c'est là notre but.» Princecraft est un des rares fabricants à construire à la fois des bateaux et des pontons - une exigence supplémentaire de polyvalence pour ses concepteurs.
«Il ne faut pas trop manquer le bateau», lance le président dans une métaphore nautique de circonstance. «Quand on sort 15 ou 20 nouveaux produits chaque année dans une gamme de 60 produits, s'il y en a 2 ou 3 qui ne fonctionnent pas, c'est un coup d'épée dans l'eau coûteux», ajoute-t-il avec une autre allusion aquatique.
Pourquoi ne pas faire appel à des consultants, en design industriel par exemple, question de donner un coup de main à son équipe?
L'entreprise l'a déjà fait par le passé. «La difficulté, c'est que les conditions pour une embarcation sont très rigoureuses», soulève le président. Les formes des coques, notamment, sont contraintes par des lois hydrodynamiques dont la maîtrise est en soi une spécialité.
«On se tourne davantage vers nos fournisseurs qui connaissent déjà le secteur de la marine et on leur demande de nous proposer de nouveaux concepts», précise-t-il.
Il donne l'exemple d'une pièce de bois donnée à fabriquer à un nouveau fournisseur. Celui-ci a demandé s'il était essentiel qu'elle soit arrondie et rainurée. Non. «Il a réduit le prix de 50%, juste parce qu'il a posé les bonnes questions.»
C'est néanmoins la créativité qui devra mener Princecraft à bon port.
Princecraft en bref
Fondée en 1954, Princecraft s'est spécialisée dès le départ dans la fabrication d'embarcations en aluminium. La gamme des pontons s'est ajoutée aux bateaux de pêche et de loisir en 1985. Les bateaux pontés ont fait leur apparition en 1992.
Princecraft est la propriété de Brunswick Corporation depuis 2001. L'entreprise jouit tout de même d'une large autonomie. «On est chanceux parce qu'on contrôle notre production de A à Z, en partant de la feuille ou du rouleau d'aluminium jusqu'à la distribution, indique le président de l'entreprise, Donald Dubois. Toute la conception se fait ici même.»
Princecraft fabrique des milliers de bateaux par année - Donald Dubois reste discret sur le chiffre précis.
Le marché canadien génère la plus grande part de son chiffre d'affaires - en croissance constante depuis cinq ans. «Au Canada, on est le leader canadien dans les embarcations, souligne-t-il. Sur le marché américain, la récession de 2008 et 2009 nous a vraiment frappés durement.»
Le regard d'un spécialiste
Visitez notre blogue Café PME pour lire les observations et les suggestions d'un expert à propos de la situation de Princecraft. Et ajoutez-y vos propres commentaires à lapresse.ca/pme
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