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Brik-a-Blok
Le jeu: construire sur les marchés étrangers
Photo Édouard Plante-Fréchette, La Presse
"On est presque impossible à battre, même par les Chinois!", explique Vincent Michalk, président et chef de la direction de Brik-a-Blok.

La Presse
Brik-a-Blok est un jeu de construction géant, fait de panneaux carrés de 16 po de côté, qui s'assemblent pour former des maisonnettes, des tunnels, des tours, sur la base d'un module cubique.
Ces panneaux absolument identiques, hormis leurs couleurs, se connectent ou s'articulent sur leurs arêtes à l'aide de petites pièces de jonction.
Rigidifiés par une pointe-de-diamant largement évasée sur leur face, ils sont moulés par injection en polypropylène de qualité alimentaire.
Brik-a-Blok est offert en ensembles de 46 (179,95$) ou de 26 panneaux (109,95$).
Fait au Québec
Surprise, les ensembles Brik-a-Blok ne sont pas faits en Chine, comme la majorité des jouets. L'entreprise de Boucherville compte à peine cinq employés. Ses panneaux sont fabriqués en sous-traitance à Montréal chez Les Produits de Plastique Age - une collaboration très fructueuse, insiste Vincent Michalk. «Nos partenaires sont tous des Québécois, se réjouit-il. On fait travailler une cinquantaine de personnes par l'entremise d'une dizaine de sous-traitants.»
De l'injection à l'emballage, la production est entièrement automatisée. En fait, grâce à un raccourcissement du cycle de moulage, la production a pu doubler sans qu'il soit nécessaire de faire fabriquer d'autres moules d'injection - une dépense de plusieurs centaines de milliers de dollars.
Cette production optimisée permet à Vincent Michalk de lancer avec enthousiasme: «On est presque impossible à battre, même par les Chinois!»
Importantes et soudaines commandes
L'entreprise a d'abord trouvé des points de vente dans ce marché naturel que sont les petits commerces de jouets et les librairies. «Le grand problème, constate toutefois Vincent Michalk, c'est qu'il faut être distribué par des mass market retailers [la grande distribution] - Costco, Toys'R'Us, etc.»
Brik-a-Blok est offert sur le site internet de Toys'R'Us aux États-Unis, mais la présence sur les véritables tablettes d'une grande chaîne a un tout autre impact.
L'entreprise veut multiplier les percées, comme celle réalisée chez Home Depot, aux États-Unis, qui distribue une version spéciale du jeu Brik-a-Blok dans les couleurs orange et blanc de l'entreprise.
Pour un produit fait entièrement en plastique, les fluctuations du pétrole - à la hausse, le plus souvent - sont un perpétuel tracas. Les prix des ensembles Brik-a-Blok sont fixés pour un an, sans égard aux augmentations de prix des matières premières qui surviendront dans l'intervalle.
Mais pour l'instant, le financement d'une croissance par à-coups est le principal défi de l'entreprise. «L'enjeu, décrit Vincent Michalk, c'est de trouver le financement adéquat, le partenaire qui va comprendre notre modèle d'affaires, lequel est saisonnier.» Car la plus grande partie du chiffre d'affaires est générée à l'approche des Fêtes.
Un exemple? L'entreprise a conclu récemment une entente avec une importante chaîne américaine de magasins de type club, pour une commande de 43 000 jeux de 30 panneaux, soit la bagatelle de 1 290 000 panneaux!
«Il faut que je produise huit mois à l'avance, lance-t-il. Qui va m'aider? Les banques ne font pas ça!»
Une semaine après cet entretien, Vincent Michalk envoie un courriel: il annonce qu'il vient d'obtenir «un bon financement pour livrer aux grandes chaînes américaines».
CAE Capital (Centre d'aide aux entreprises de la Rive-Sud, sans but lucratif) lui a procuré un financement de commandes, expliquera-t-il ensuite.
L'organisme accorde un prêt à Brik-a-Blok sur la base de deux bons de commande totalisant environ 230 000$, obtenus d'un client américain et d'un autre canadien. Le prêt équivaut à 75% de cette somme.
«Ils me donnent un chèque, je paie mes fournisseurs, et je commence à produire, décrit Vincent Michalk. Ça me permet d'avoir la liquidité tout de suite. Pour financer d'importantes commandes comme celles-là, les fournisseurs sont quelquefois très craintifs.»
Une fois les commandes fabriquées, livrées et facturées, les paiements de ces clients - les comptes sont payables en 60 jours - sont envoyés directement à CAE. Le prêteur rembourse alors le solde de 25% à Brik-a-Blok, moins l'intérêt perçu.
«Ça revient à 10 ou 12% d'intérêt annuel, mais on n'est pas obligé d'aller chercher un autre partenaire en capital privé et d'avoir un autre actionnaire.»
Le jeu en vaut la chandelle.
Qu'en pensez-vous ?
Visitez notre blogue Café PME ( lapresse.ca/PME) pour lire les observations et les suggestions d'un expert à propos de la situation de Brik-a-Blok. Et ajoutez-y vos propres commentaires.
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