Sciences de la vie

OxyNov : nul n'est prophète en son pays

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OxyNov, une start-up de Québec, a mis au point un appareil médical pour améliorer l'apport d'oxygène aux patients.

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Après avoir essuyé les conséquences de la crise financière, l'industrie québécoise des sciences de la vie relève la tête. Mais les innovations lancées au Québec sont encore trop souvent commercialisées d'abord à l'étranger avant de l'être dans la province, affirme Anie Perrault, directrice générale de BIOQuébec. Cette organisation à but non lucratif représente depuis 25 ans les intérêts des entreprises de la biotechnologie et des sciences de la vie. »

Pierre Théroux

Collaboration spéciale

La Presse

OxyNov est prête à conquérir le monde. Après plusieurs années consacrées à la recherche et développement et à la réalisation d'études cliniques, cette entreprise en démarrage de Québec, qui a mis au point un appareil médical pour améliorer l'apport d'oxygène aux patients, se lance maintenant à l'assaut des marchés européens et nord-américains.

« Nous pouvons maintenant récolter les fruits du travail accompli ces dernières années », se réjouit le président-directeur général, Jean-Luc Balzer, en affirmant qu'il y a un intérêt grandissant envers le FreeO2, cet instrument médical d'oxygénothérapie conçu par la jeune pousse lancée en 2009.

D'ABORD, L'EUROPE

OxyNov s'attaque d'abord au marché européen, où elle a obtenu en mai dernier la certification européenne (CE) pour la commercialisation du FreeO2, de même que la certification ISO 13485, qui définit les exigences de qualité pour l'industrie des équipements médicaux.

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Jean-Luc Balzer, président d'OxyNov. Photo Yan Doublet, Archives Le Soleil

L'entreprise cible initialement l'Europe parce que « l'obtention des autorisations est beaucoup plus rapide qu'en Amérique du Nord. Et c'est quand même le deuxième marché mondial après les États-Unis », explique M. Balzer.

OxyNov a même déjà implanté une filiale et une équipe de vente en France qui a généré à ce jour des commandes de 250 000 $, notamment auprès du Centre hospitalier universitaire (CHU) de Toulouse, son premier client. Elle mise aussi sur une entente de distribution signée récemment avec un géant mondial du secteur de la santé, spécialisé dans la fourniture de gaz médicaux et industriels, pour étendre ses activités dans les autres pays d'Europe.

« Nous poursuivons nos démarches pour obtenir les autorisations requises de la Food and Drug Administration (FDA) et de Santé Canada pour commercialiser le FreeO2 aux États-Unis et au Canada à partir de 2018», affirme Jean-Luc Balzer.

RENCONTRE DE DEUX CHERCHEURS

OxyNov est née en 2009 de la rencontre entre deux médecins chercheurs français travaillant au Québec : François Lellouche, médecin intensiviste et chercheur à l'Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec (IUCPQ), et Erwan L'Her, pneumologue et chercheur au CHU de Brest, en France, qui travaillait alors à l'hôpital Hôtel-Dieu de Québec.

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OxyNov, une start-up de Québec, a mis au point un appareil médical pour améliorer l'apport d'oxygène aux patients.

Photo fournie par OxyNov

Les deux cofondateurs, qui oeuvrent dans le domaine de la santé respiratoire, se sont penchés sur la conception d'un appareil de réglage automatisé de l'oxygène pour remplacer le vieux débitmètre à bille, une technologie centenaire encore utilisée en oxygénothérapie dans les hôpitaux.

Leur invention a ensuite été validée auprès de plus de 500 patients au Québec et en France. Les études ont démontré une amélioration de l'efficacité du traitement, mais aussi du confort et de la sécurité du patient. Il y avait aussi une diminution des complications, un allègement de la charge de travail du personnel soignant et une réduction des durées de traitement et de séjour à l'hôpital.

Le FreeO2 peut notamment être utilisé dans le traitement de la maladie pulmonaire obstructive chronique, une maladie liée au tabagisme et à la pollution qui toucherait quelque 64 millions de personnes dans le monde.

« On cible d'abord le milieu hospitalier, mais ce sont les soins à domicile qui offrent le plus grand potentiel de croissance », indique Jean-Luc Balzer, qui s'est joint à l'entreprise en 2013 après avoir travaillé une vingtaine d'années dans le développement et la mise en marché de dispositifs médicaux au sein de grands acteurs de l'industrie, comme BD et bioMérieux.

NOUVELLE RONDE DE FINANCEMENT

OxyNov prévoit franchir le cap du million de dollars de ventes en 2018. Pour accélérer sa croissance, elle devrait terminer d'ici la fin de l'année une nouvelle ronde de financement auquel participeront aussi des investisseurs européens.

Depuis sa création, l'entreprise a recueilli près de 5 millions auprès notamment d'anges investisseurs, du fonds d'investissement INNOVAIR, de la société de valorisation SOVAR, du fonds Desjardins-Innovatech ou encore du Fonds InnovExport. Elle a aussi travaillé en collaboration avec l'entreprise Novo, pour la conception, et Digico, pour la fabrication du FreeO2.

L'entreprise, qui est encore hébergée au sein de l'Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec, prévoit déménager dans ses propres locaux au cours des prochains mois. La start-up, qui emploie 11 personnes, dont 7 en France, devrait doubler ses effectifs d'ici un an.

OXYNOV EN BREF

Création : 2009

Secteur d'activité : Fabrication de dispositifs médicaux d'oxygénothérapie

Fondateurs : François Lellouche et Erwan L'Her

Nombre d'employés : 11

Siège social : Québec




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