Sciences de la vie : vent en poupe pour les technologies de la santé

Les technologies de la santé vont de la... (Photo Robert Skinner, Archives La Presse)

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Les technologies de la santé vont de la seringue valant quelques sous à l'équipement d'imagerie médicale vendu quelques millions.

Photo Robert Skinner, Archives La Presse

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Sciences de la vie

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Après avoir essuyé les conséquences de la crise financière, l'industrie québécoise des sciences de la vie relève la tête. Mais les innovations lancées au Québec sont encore trop souvent commercialisées d'abord à l'étranger avant de l'être dans la province, affirme Anie Perrault, directrice générale de BIOQuébec. Cette organisation à but non lucratif représente depuis 25 ans les intérêts des entreprises de la biotechnologie et des sciences de la vie. »

Stéphane Champagne

Collaboration spéciale

La Presse

Le secteur québécois des technologies de la santé a le vent en poupe. Et la Stratégie des sciences de la vie annoncée en mai dernier par le gouvernement du Québec devrait stimuler encore davantage cette filière. Portrait d'une industrie en parfaite santé ou presque.

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La main articulée d'un bras robotique Kinova, utilisé notamment pour améliorer l'autonomie des handicapés. Photo: Kinova

Parmi les plus novatrices au Québec, la grande famille des sciences de la vie (biopharmaceutiques, technologies de la santé et produits de santé naturels) fait travailler près de 55 000 personnes. Le secteur des technologies de la santé compte près de 12 000 salariés. Ceux-ci sont répartis dans deux sous-secteurs : les technologies médicales et les technologies de l'information (TI) de la santé.

« C'est un secteur qui se porte très bien. Au moins une fois par mois, j'entends parler d'une nouvelle entreprise dans le domaine, ce qui démontre un certain dynamisme », explique Benoit Larose, vice-président Québec à l'Association des technologies médicales du Canada (MEDEC).

Les technologies de la santé, rappelle-t-il, regroupent les fabricants d'appareils et de logiciels médicaux utilisés autant par les professionnels de la santé que les patients. « Ça va de la seringue valant quelques sous à l'équipement d'imagerie médicale vendu quelques millions », précise M. Larose

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Frank Béraud, PDG de Montréal InVivo. Photo: Alain Roberge, La Presse

« C'est effectivement un bon moment pour être dans le secteur», renchérit Frank Béraud, PDG de Montréal InVivo, grappe industrielle des sciences de la vie et des technologies de la santé.

Selon lui, le Québec se classe 10e parmi les pôles nord-américains les plus importants du secteur des sciences de la vie. Grâce à la Stratégie des sciences de la vie du gouvernement, dotée d'un cadre financier de 205 millions sur cinq ans, la Belle Province souhaite accéder au cinquième rang.

Cela va notamment passer par des mesures d'incitation fiscales, mais aussi par la création d'un fonds de capital de risque, de même que par des investissements privés de 4 milliards d'ici 2022. On vise avant tout la médecine de précision et l'exploitation des mégadonnées en santé.

DES FLEURONS QUÉBÉCOIS

Des géants comme Medtronic CryoCath et autres Kinova font la fierté de l'industrie québécoise. Celle-ci est concentrée à 80 % à Montréal, mais aussi dans une moindre mesure à Québec, reconnue pour les secteurs des vaccins et du diagnostic.

Mais de plus en plus de PME, dont Emovi, Klox Technologies ou Hexoskin, prennent du galon. Hexoskin verra bientôt ses vêtements intelligents utilisés dans la Station spatiale internationale.



« Je pense aussi à une jeune entreprise comme Imagia, spécialisée en imagerie médicale, qui a développé un algorithme de reconnaissance d'images en temps réel. Par exemple, lors d'une coloscopie, le médecin obtient des analyses en temps réel. Cela permet une prise de décision plus rapide. C'est de l'intelligence artificielle », explique Frank Béraud.

L'intelligence artificielle, sujet d'actualité s'il en est un, va d'ailleurs inévitablement façonner l'avenir des technologies de la santé, soutient le PDG de Montréal InVivo.

ENCORE DES DÉFIS

Chaque médaille ayant son revers, la filière des technologies de la santé est loin d'être parfaite. Par exemple, plusieurs PME ont de la difficulté à faire reconnaître leurs produits, voire à effectuer leurs premières ventes, ici même au Québec. Comme quoi nul n'est prophète en son pays.

Un système de cryo-ablation Arctic Front, de Cryocath,... - image 7.0

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Un système de cryo-ablation Arctic Front, de Cryocath, dont le développement à été piloté par Marc Dubuc, cardiologue à l'Institut de cardiologie de Montréal. Artic Front sert à soigner les arythmies cardiaques. Image: Crypcath-Medtronic.

« Ça peut poser problème, explique Benoit Larose, de MEDEC. Surtout quand on veut exporter. Un client potentiel à l'étranger va toujours demander comment le produit qu'on lui offre est reçu dans le pays où il est fabriqué. Quand on lui dit que personne ne s'y intéresse, ça part mal. »

Selon Frank Béraud, il est possible de corriger le tir.

« Nous avons un système de santé très novateur, dit-il. Or, les données de notre système public pourraient servir de référence à l'industrie. On ne veut pas les données personnelles des patients ; on veut des données anonymes. On se prive de grandes opportunités. C'est le débat des données ouvertes. On peut créer des occasions d'affaires et se donner des avantages concurrentiels. »

EN CHIFFRES

8 milliards

Le marché canadien des technologies de la santé atteint 8 milliards, ce qui représente quelque 2 % du marché mondial.

27,8 %

L'imagerie médicale représente 27,8 % des ventes dans le secteur des technologies de la santé au Canada. Les outils diagnostiques et les consommables suivent avec respectivement 22 % et 16,5 % du marché.

320

L'industrie québécoise des technologies de la santé regroupe quelque 320 entreprises. Du lot, 151 sont actives en technologies médicales et 169 en technologies de l'information (TI) de la santé.

Sources : MEDEC, Montréal InVivo et ministère de l'Économie, de la Science et de l'Innovation




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