Sciences de la vie: attentes élevées pour la future stratégie de Québec

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La grappe des sciences de la vie et des technologies de la santé attend beaucoup de la future stratégie gouvernementale qui doit être présentée au début de 2017.

Photo Scott Eisen, archives Bloomberg

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Sciences de la vie

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Après avoir essuyé les conséquences de la crise financière, l'industrie québécoise des sciences de la vie relève la tête. Mais les innovations lancées au Québec sont encore trop souvent commercialisées d'abord à l'étranger avant de l'être dans la province, affirme Anie Perrault, directrice générale de BIOQuébec. Cette organisation à but non lucratif représente depuis 25 ans les intérêts des entreprises de la biotechnologie et des sciences de la vie. »

Simon Lord

Collaboration spéciale

La Presse

La grappe des sciences de la vie attend avec impatience la nouvelle stratégie du gouvernement provincial pour son secteur, qui devrait être déposée au début de 2017. Les espoirs sont grands. Les investisseurs, eux, rêvent d'une croissance nourrie par de nouvelles percées scientifiques et du talent toujours plus expérimenté.

Frank Béraud, PDG de Montréal InVivo, explique que... (Photo Alain Roberge, Archives La Presse) - image 1.0

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Frank Béraud, PDG de Montréal InVivo, explique que Montréal obtient bon an, mal an, le tiers du capital de risque du Canada en sciences de la vie, un signe de santé. Il estime que le passé est garant de l'avenir.

Photo Alain Roberge, Archives La Presse

TRANSFORMATION

Le secteur des sciences de la vie se transforme une nouvelle fois à Montréal. Alors que les entreprises avaient auparavant plutôt tendance à tout faire elles-mêmes à l'interne, elles tentent maintenant de travailler en partenariat.

« Pour la R et D, elles veulent donc pouvoir travailler avec les meilleurs, peu importe où ils se trouvent, et ne plus se limiter à leurs employés », explique Frank Béraud, président-directeur général de Montréal InVivo, grappe des sciences de la vie et des technologies de la santé (SVTS).

HUB

La restructuration a donné lieu à des fermetures d'entreprises et à des réorganisations, comme celle d'AstraZeneca en 2012, qui avait entraîné l'élimination de 132 emplois dans Saint-Laurent.

Mais le secteur s'est repris en main et a donné naissance à l'Institut NeoMed sur l'ancien site d'AstraZeneca.

« Ce petit consortium est un hub où plusieurs entreprises se sont installées, dit Frank Béraud. On y dénombre aujourd'hui 20 entreprises et 195 employés. Cela illustre bien le nouveau modèle. »

STRATÉGIE

La grappe a été impliquée cette année et l'an dernier dans le groupe de travail sur les sciences de la vie mis sur pied par Québec. En mai, les différents chantiers du groupe ont fait rapport à celui-ci devant la ministre de l'Économie et le ministre de la Santé.

« On attend maintenant avec de grands espoirs une stratégie provinciale pour le secteur des sciences de la vie », dit Frank Béraud. Elle devrait selon lui être déposée au premier trimestre de 2017.

ENGAGEMENT

Dans le cadre de la stratégie provinciale, la grappe aimerait que le gouvernement s'engage à la soutenir à long terme. Elle aimerait aussi que Québec facilite l'accès au financement pour les entreprises, et ce, tout au long de leur développement.

« Le financement peut être issu principalement du privé. Mais le gouvernement pourrait l'inciter à investir, soit au moyen de co-investissements, soit en faisant appel à d'autres formules. » - Frank Béraud, PDG de Montréal InVivo

GÉNOMIQUE

Montréal est fort en génomique, l'étude de l'ensemble du matériel génétique des êtres vivants. Plusieurs équipes de calibre international travaillent d'ailleurs dans la métropole et Génome Québec investit d'importantes sommes pour développer cette branche de la recherche.

« La génomique, c'est une technologie de rupture dans tous les domaines : l'agriculture, l'environnement, la santé », dit Anie Perrault, directrice générale de BIOQuébec, le réseau québécois des bio-industries et des sciences de la vie.

PERSONNALISATION

La génomique permet de faire de la médecine spécialisée, soit de déterminer quel médicament aura le meilleur effet en fonction de la génétique du patient.

DalCor Pharma Canada a par exemple annoncé un investissement de 250 millions l'an dernier pour tester une molécule qui semblait ne pas fonctionner sur une population générale, mais qui pourrait être très efficace pour soigner des maladies du coeur chez certaines personnes qui ont un ensemble de gènes particulier. C'est un test de phase trois, la dernière étape avant la commercialisation.

« C'est un bel exemple d'où on s'en va », dit Anie Perrault.

INVESTISSEMENTS

L'investissement va aussi bon train. Depuis un an, plus de 1 milliard de dollars ont été injectés en biotechnologie dans la province, selon BIOQuébec.

Teralys Capital, un gestionnaire de fonds privé montréalais, consacre 30 % de ses investissements de 975 millions au secteur des sciences de la vie.

Cédric Bisson, associé chez Teralys, est enthousiaste quant à la croissance du secteur.

« Les gestionnaires, PDG et entrepreneurs gagnent en expérience, dit-il. Les percées, comme la génomique et les anticorps thérapeutiques, sont un terreau fertile pour l'investissement. On va donc continuer d'investir. Si on ne croyait pas au secteur, on n'investirait pas autant. »

LA GRAPPE DES SCIENCES DE LA VIE ET DES TECHNOLOGIES DE LA SANTÉ, C'EST...

56 000 EMPLOIS

600 ORGANISATIONS

5,3 milliards CONTRIBUTION EN DOLLARS AU PIB DE LA PROVINCE

Source : Montréal InVivo

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