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La série télévisée Mirador a mis le domaine des relations publiques sous les feux de la rampe, mais cela demeure une fiction. En réalité, l 'industrie est encore méconnue. »

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Photo Ivanoh Demers, La Presse

Même si le domaine des relations publiques n'est pas réglementé par un ordre professionnel, les membres de la Société québécoise des professionnels en relations publiques (SQPRP) s'engagent à respecter un code d'éthique. Sur la photo, Arlette Côté, coprésidente de la SQPRP, dans les bureaux de Loto-Québec à Montréal.

(Montréal) Le domaine des relations publiques n'est pas réglementé par un ordre professionnel.

Ce n'est tout de même pas le Far West, disent les gens de l'industrie. Des regroupements professionnels et des firmes se dotent de codes d'éthique.

Cela dit, tout n'est pas réglé pour autant.

«Dans tous les métiers, l'éthique nous ramène à l'individu, à sa vision du monde. C'est donc toujours difficile à gérer», affirme Deanna Drendel, qui fait carrière dans le domaine des relations publiques depuis une trentaine d'années, en plus d'avoir mis sur pied et donné un cours d'éthique pour le baccalauréat en relations publiques de l'UQAM.

Les professionnels du domaine des relations publiques, qu'ils travaillent comme consultants, dans les services de communication de sociétés ou dans des cabinets, peuvent devenir membres de la Société québécoise des professionnels en relations publiques (SQPRP) s'ils s'engagent à respecter un code d'éthique.

«Nous sommes un chapitre de la Société canadienne des relations publiques (SCRP) et nous avons le même code», affirme Arlette Côté, coprésidente de la SQPRP.

Après cinq ans de pratique, un professionnel peut entreprendre un programme d'agrément.

«Pour être admissible, il doit aussi avoir des références de personnes dans la pratique qui ont déjà eu leur agrément. C'est un processus sérieux qui dure un an et au cours duquel le candidat fait tout un cheminement», explique Guy Versailles, responsable du programme.

Par la suite, c'est l'examen. «On vérifie que la personne maîtrise les connaissances, les techniques, mais on étudie aussi son éthique. Et ce n'est pas quelque chose qu'on peut tenir pour acquis. L'agrément est réévalué tous les cinq ans», affirme M. Versailles en précisant qu'on compte toujours 70 ou 80 personnes agréées en relations publiques au Québec.

Les cabinets

Certaines firmes de relations publiques font aussi des efforts. Elles peuvent, par exemple, se joindre à l'Alliance des cabinets de relations publiques du Québec (ACRPQ).

«Nous avons 14 membres. Ce sont les principaux cabinets du Québec. En se joignant à nous, les firmes s'engagent à respecter la déclaration des membres et à obtenir dans un délai d'un an l'accréditation A" qui est accordée par la Chaire de relations publiques et communication marketing de l'UQAM, explique Marie-Josée Gagnon, présidente de l'ACRPQ. Cette accréditation est renouvelable tous les trois ans et elle nous assure un sceau de qualité en matière de pratiques et d'éthique.»

Bien des grands cabinets adoptent également des règles qui leur sont propres.

«Nos politiques sont très bien établies et toute personne embauchée doit s'engager à respecter notre code de conduite», affirme Luc Beauregard, fondateur de National et président exécutif du conseil de Res Publica.

Est-ce assez?

Déclaration, code d'éthique, engagement: on se fie tout de même au bon vouloir des gens. Est-ce suffisant?

«C'est une question qu'on doit se poser. Il y a un groupuscule, une force vive dans la profession qui croit qu'on devrait aller beaucoup plus loin. Certains parlent, par exemple, d'un ordre professionnel qui pourrait appliquer des sanctions», affirme Mme Drendel, qui a maintenant sa propre boîte, Deanna Drendel Communications.

En ce moment, qu'arrive-t-il à un membre qui ne respecte pas le code d'éthique de la SCRP?

«La seule chose qu'on puisse faire, c'est mettre fin à son appartenance. Certains diront: Et alors! Surtout si la personne a des principes éthiques discutables. Toutefois, si ça vient à se savoir et à nuire à la réputation de la personne auprès de ses collègues et de ses clients, ça peut être grave pour sa carrière», affirme-t-elle.

Mais encore faut-il que des gens dénoncent ces pommes pourries.

«Et pour ça, ça prend du courage et du temps, affirme Mme Drendel. Même si les gens peuvent le faire en toute confidentialité, ce n'est jamais très populaire de dénoncer des collègues. Mais ce n'est pas un problème spécifique du secteur des relations publiques, c'est un problème humain.»

Pour que les professionnels des relations publiques soient encore mieux guidés sur les questions éthiques, Mme Drendel a travaillé avec une équipe formée par la Chaire de relations publiques et communication marketing de l'UQAM afin de bonifier le code d'éthique de la SCRP.

«Nous avons regardé ce qui se fait aux États-Unis, puisqu'ils sont très avancés sur la question, et nous avons fait une version renouvelée du code en décortiquant chaque point, en déterminant les valeurs auxquelles il fait référence, en précisant l'objectif et en donnant des exemples concrets. L'idée, c'était de faire une version du code plus claire et plus précise pour aider davantage les professionnels dans leur pratique quotidienne. Nous l'avons déposé à la SCRP.»

 

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