Ces arbres unis pour la vie

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Annie DesRochers, à un endroit où les racines... (Photo fournie par l'Université du Québec en Abitibi-Témisamingue)

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Photo fournie par l'Université du Québec en Abitibi-Témisamingue

Annie DesRochers, à un endroit où les racines sont dégagées à l'aide de lances d'incendie.

Marc Tison
Marc Tison
La Presse

Des géants solitaires, les arbres de nos forêts? En fait, ils tissent des liens sous terre, entremêlant discrètement les doigts de leurs racines. C'est ce qu'ont découvert Annie DesRochers, professeure et chercheuse à l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue, et son étudiante Émilie Tarroux.

Elles savaient que les racines de certaines essences se greffent les unes aux autres, ce qui apparaissait comme un rare accident dont on prenait connaissance fortuitement - au moment d'un déracinement, par exemple.

Elles ont creusé la question pour le pin gris, essence très prisée par l'industrie forestière de la région. Sur des superficies de 50 m2, leur équipe a dénudé les racines de pins gris en utilisant, plutôt que l'épuisante pelle, les lances d'incendie à haute pression des pompiers forestiers.

Surprise: «Plus de la moitié des arbres, dans un peuplement qu'on excave, sont reliés à leurs voisins par des greffes», indique Annie DesRochers.

Ce ne sont pas les radicelles qui s'unissent, mais plutôt les fortes racines à proximité des troncs. Puisque l'écorce doit se rompre pour que les tissus s'amalgament, Annie DesRochers croit que les frottements induits sous terre par la poussée du vent pourraient produire les conditions nécessaires à ces mariages.

La question: ces greffes sont-elles utiles? En biologie, un phénomène ne s'installe et ne perdure que s'il augmente la valeur d'adaptation de l'espèce, rappelle-t-elle.

Et en effet, «on a observé que les arbres qui formaient des greffes avaient une meilleure croissance que ceux qui n'en formaient pas», explique-t-elle. Ils fondent ainsi une communauté de partage de l'eau et des nutriments.

La sylviculture peut en tirer des leçons capitales. Selon le principe que les arbres sont en compétition, l'industrie forestière fait des coupes d'éclaircissement pour favoriser la croissance des arbres restants - pratique qui donne souvent des résultats décevants. Annie DesRochers et Émilie Tarroux apportent une explication à ce phénomène: l'arbre qui demeure uni à une souche voisine par ses racines voit ses forces vives drainées par son conjoint arasé.

L'INSTITUTION: l'Université du Québec en Abitibi- Témiscamingue (UQAT)

LA RECHERCHE: les arbres greffent leurs racines pour leur bénéfice commun

UNE APPLICATION: corriger des idées reçues en sylviculture

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