Sols contaminés, saules décontaminateurs

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Le professeur Mohamed Hijri fait un prélèvement sur... (Photo fournie par l'Université de Montréal)

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Photo fournie par l'Université de Montréal

Le professeur Mohamed Hijri fait un prélèvement sur un terrain contaminé.

Marc Tison
Marc Tison
La Presse

La décontamination par excavation d'un hectare de terrain industriel peut coûter jusqu'à 25 millions de dollars. Avec la méthode douce à laquelle travaille Mohamed Hijri et ses collègues des universités de Montréal et McGill, la facture pourrait se réduire à seulement 10 000$.

La recette: une trithérapie savamment dosée de champignons, de bactéries et de saules arbustifs.

C'est l'objet d'un important projet de recherche multidisciplinaire subventionné par Génome Canada et Génome Québec. Il réunit une équipe de 16 chercheurs des universités de Montréal et McGill, dont Mohamed Hijri, professeur et chercheur à l'Institut de recherche en biologie végétale de l'Université de Montréal, et son collègue Franz Lang, du département de biochimie.

Les technologies de décontamination par les plantes, les champignons ou les bactéries sont connues. «Notre projet consiste à mettre ces trois éléments ensemble, décrit le Dr Hijri. Ça n'avait jamais été fait auparavant.»

Pas question d'utiliser des microorganismes vendus pour cet usage, toutefois. Sur le terrain contaminé d'une ancienne raffinerie, l'équipe de chercheurs a recueilli quelque 500 champignons et 1200 bactéries qui pigeaient à coeur joie dans ce buffet aux hydrocarbures.

En laboratoire, ils ont sélectionné ceux qui étaient les plus voraces et les plus omnivores, sans pour autant être nocifs. «C'est incroyable: on a maintenant des champignons qu'on nourrit de pétrole brut, et après deux semaines, il n'y a plus rien!», s'étonne Mohamed Hijri.

Sous la direction du botaniste Michel Labrecque, 11 cultivars de saule ont été plantés en 2011 sur le même terrain contaminé, afin de trouver les plus appropriés à la tâche. Les trois cultivars qui avaient montré la plus belle motivation ont été plantés ce printemps sur un terrain contaminé de la base militaire de Val-Cartier.

Comment mélanger les trois ingrédients? Au moment de planter les boutures, on dépose au fond du trou le mélange de champignons et de microbes, en poudre ou sous forme liquide.

Ce n'est pas tant la plante que les champignons qui dégradent les hydrocarbures, explique le professeur Hijri. Les racines dressent toutefois la table de ce festin. Elles exsudent des sucres qui stimulent le développement des microorganismes.

Indigestes pour les champignons, les métaux traces seront pour leur part absorbés avec les nutriments par le saule, qui les fixera dans sa ramure. À la fin de la saison, il suffira de tailler l'arbuste près du sol, puis d'incinérer feuilles et branches pour recueillir les métaux. Le saule s'en porte très bien, et pousse d'autant mieux l'année suivante.

Les hydrocarbures peuvent être assimilés sur une période de quelques mois à trois ans. Plus lente, l'action sur les métaux traces peut s'étendre sur trois à dix ans, selon les conditions.

«On plante et on laisse faire la nature», résume Mohamed Hijri.

L'INSTITUTION : l'Université de Montréal

LA RECHERCHE : décontamination des sols à l'aide de champignons, de bactéries et de saules

UNE APPLICATION: régénération du sol sans excavation, à bas prix et esthétique

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