Cours en ligne ouverts et massifs : le grand défi de la persévérance

Jean Talbot, professeur à HEC Montréal, a fondé... (Photo Alain Roberge, La Presse)

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Jean Talbot, professeur à HEC Montréal, a fondé EDUlib.

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Nathalie Côté

Collaboration spéciale

La Presse

Les universités sont de plus en plus nombreuses à offrir des « cours en ligne ouverts et massifs » (CLOM), mieux connus sous leur acronyme anglais MOOC. La formule rejoint des milliers de participants, même s'ils sont peu nombreux à se rendre au bout de la formation.

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C'est en 2012 que Jean Talbot a imaginé le premier CLOM québécois. Le professeur en technologie de l'information de HEC Montréal a été inspiré par une expérience américaine. « J'avais regardé ce qui avait été fait dans le cours d'intelligence artificielle de Stanford et d'autres cours, se rappelle-t-il. J'ai trouvé que c'était un phénomène intéressant. Je suis allé voir la direction pour créer un premier CLOM. » D'autres établissements universitaires ont ensuite rejoint la plateforme EDUlib.

Depuis, environ 50 000 personnes se sont inscrites à l'une des formations offertes. « Environ la moitié des participants proviennent du Québec, constate M. Talbot. Les autres habitent principalement Haïti, la France et les pays d'Afrique francophones. » De son côté, l'Université Laval a rejoint plus de 23 000 participants avec sa plateforme. Des participants de 93 pays se sont notamment inscrits à son CLOM sur le développement durable. D'autres établissements québécois offrent également des formations semblables.

FLEXIBILITÉ ET CONTENU ALLÉGÉ

Les CLOM permettent de démocratiser l'enseignement universitaire. Ils proposent du contenu de qualité aux étudiants, mais avec une charge de travail allégée. « La durée de la formation varie de cinq à huit semaines au lieu de 15, explique Sébastien Bédard, directeur adjoint à l'environnement numérique d'études au Bureau du soutien à l'enseignement de l'Université Laval. Le nombre d'heures de travail hebdomadaires est aussi moins important, soit de deux à quatre heures. »

Reste qu'une grande partie du contenu des CLOM est composé de matériel utilisé par les professeurs dans leurs cours réguliers. Cela permet d'assurer une certaine qualité, mais aussi d'éviter des coûts trop importants.

À terme, les étudiants peuvent obtenir une attestation moyennant certains frais s'ils ont réussi les évaluations.

« Ces formations peuvent être reconnues par des employeurs et des ordres professionnels. Notre CLOM sur les commotions cérébrales est reconnu comme formation continue pour les médecins, par exemple», dit Sébastien Bédard.

Les cours ne sont cependant pas crédités pour l'instant. L'Université Laval poursuit sa réflexion afin de voir comment les efforts des apprenants pourraient faire l'objet d'une certaine reconnaissance des acquis. M. Talbot croit également qu'il s'agit d'une voie d'avenir.

DÉFI

Si les CLOM semblent une avenue prometteuse, il demeure néanmoins un certain nombre de défis. Parmi ceux-ci : la persévérance. « À peine 20 % des inscrits finissent leur cours », signale M. Talbot.

La promotion des formations est un autre défi. « Comme nous avons choisi d'utiliser notre propre système plutôt que les grandes plateformes existantes comme Coursera, il faut plus d'efforts pour les faire connaître », souligne M. Bédard.

Reste que les établissements d'enseignement souhaitent continuer de développer leur offre de CLOM. « Actuellement, les cours sont un peu éparpillés et ça ne donne pas vraiment des programmes, souligne M. Talbot. Nous commençons à planifier des séries de cours. Nous avons, par exemple, Tekphy 1, 2 et 3, une série de formations sur l'activité physique. »




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