La fourmi qui faisait la grosse tête

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Le professeur Ehab Abouheif de l'Université McGill.... (Photo fournie pr l'Université McGill)

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Photo fournie pr l'Université McGill

Le professeur Ehab Abouheif de l'Université McGill.

Marc Tison
Marc Tison
La Presse

La Fontaine en aurait fait une fable. C'est en étudiant les fourmis que le professeur de biologie Ehab Abouheif, de l'Université McGill, a fait une découverte qui ajoute un chapitre inédit à la théorie de l'évolution - elle-même en évolution.

Sur le millier d'espèces de fourmis du genre Pheidole, huit seulement comportent un troisième type de fourmi ouvrière, dit supersoldat en raison de sa tête surdéveloppée. Or, l'équipe de M. Abouheif a découvert qu'une espèce qui ne comptait pas cette particularité dans sa population avait pourtant produit quelques individus mégacéphales.

En étudiant le génome du genre Pheidole, ils ont constaté que ces fourmis avaient compté des supersoldats parmi leurs lointains ancêtres. Cette spécialisation avait disparu dans la nuit des temps sans que le bagage génétique ait disparu pour autant.

«Elles en ont gardé le potentiel, décrit le Dr Abouheif. Dans une situation de stress environnemental, elles changent le niveau d'hormones juvéniles et elles peuvent réactiver ce potentiel dormant. Ensuite, la sélection naturelle peut prendre l'expression de ce potentiel et le fixer.»

Les chercheurs ont eux-mêmes pu induire cette transformation en appliquant cette hormone juvénile sur la larve d'une fourmi ouvrière normale. «On peut produire cet effet dans n'importe quelle espèce du genre Pheidole où on ne trouve pas ces supersoldats», indique Ehab Abouheif.

C'est un nouvel apport à la théorie de l'évolution. Tous ces phénomènes d'atavisme, de résurgence de traits disparus - serpents à pattes, poules avec des dents - ne seraient donc plus des «monstruosités» accidentelles, mais bien la réactivation d'un potentiel ancien.

Il y a peut-être des enseignements à en tirer pour l'humain - c'est d'ailleurs le principe de la fable. Nous vivons dans un environnement stressant, qui n'a plus rien à voir avec celui dans lequel notre espèce a évolué. Jusqu'à quel point, se demande Ehab Abouheif, certains cancers ne sont-ils pas des réactivations nuisibles d'un bagage génétique vieux de millions d'années, profondément enfoui?

L'INSTITUTION: l'Université McGill

LA RECHERCHE : des fourmis font ressurgir un potentiel génétique enfoui depuis des millions d'années

UNE APPLICATION: une nouvelle vision de l'évolution

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