Québec, dynamisme et mutation

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(Montréal) En décembre 2010, alors que la province comptait 7,8% de chômeurs, le taux était de 9,6% à Montréal et de 5,3% dans la région de la Capitale-Nationale. Seule la région de Chaudière-Appalaches a réussi à faire mieux avec 4,5%. Pourquoi la Capitale-Nationale est-elle si dynamique en matière d'emploi?

D'abord, la région s'est grandement transformée dans les 20 dernières années. «En 1992, 33 ou 34% des travailleurs étaient dans la fonction publique et parapublique alors qu'aujourd'hui, on est à 27 ou 28%. La région de Québec s'est transformée en créant beaucoup d'emplois à valeur ajoutée dans des secteurs de haute technologie», affirme Marcel Bérubé, président du Groupe Perspective, firme de la région de Québec spécialisée en ressources humaines.

Même constatation à l'organisme de développement économique Québec international. «Nous avons vu quelques grands axes où la croissance a été particulièrement forte», indique Carl Viel, président-directeur général de Québec international.

L'optique photonique est l'un des exemples que donne M. Viel. «La présence de sociétés comme Exfo et la création l'automne dernier d'une nouvelle chaire de recherche en photonique à l'Université Laval font qu'un véritable créneau d'excellence a été créé dans la région», explique-t-il.

La Capitale-Nationale s'est aussi démarquée depuis quelques années dans le domaine du jeu vidéo, avec des entreprises comme Frima, Beenox et Ubisoft. «Nous avons de gros joueurs dans la région. Ça a été la folie, mais maintenant, ça semble se stabiliser», affirme Marcel Bérubé.

Les secteurs des biotechnologies et de la pharmaceutique ont aussi été très dynamiques au cours des dernières années. «Plusieurs emplois ont été créés, mais le secteur a été touché par le manque de capital de risque qui a causé plusieurs fermetures», poursuit-il.

Certains acteurs s'en sortent tout de même très bien. Quelques exemples sont à découvrir dans les prochaines pages.

Des secteurs plus traditionnels, comme les services financiers et les assurances, réussissent également à tirer leur épingle du jeu. «Nous comptons maintenant 10 sièges sociaux de sociétés importantes dans la région dans ces secteurs et plusieurs entreprises ont pris de l'expansion, notamment en faisant des acquisitions», souligne Carl Viel.

Par ailleurs, d'autres domaines d'emploi reprennent du galon. «Pendant des années, on n'entendait presque plus parler des mines, mais l'industrie est maintenant en émergence. Les nombreux projets dans le nord de la province créent beaucoup d'emplois à Québec, notamment en génie», remarque Marcel Bérubé.

La Capitale-Nationale a eu de bonnes performances en matière d'emploi en 2010, mais les entrepreneurs sont encore plus optimistes pour 2011. Un sondage réalisé par Léger Marketing en décembre 2010 auprès de 263 chefs d'entreprise indique que 90% d'entre eux croient que l'année 2011 sera meilleure que 2010.

Attirer la main-d'oeuvre

La Capitale-Nationale a tout de même des défis importants à relever en matière d'emploi et celui de la main-d'oeuvre en est un: 77% des répondants au même sondage ont révélé avoir de la difficulté à recruter du personnel. Pour 41% des personnes sondées, leur plus grande inquiétude pour 2011 est le recrutement et la rétention de main-d'oeuvre. Et cela est loin devant la montée du dollar (10%), le coût des matières premières (9%) et la concurrence des pays émergents (4%).

La rareté de la main-d'oeuvre est ressentie entre autres chez Mirego, entreprise de Québec spécialisée dans la conception d'applications pour les téléphones intelligents et les tablettes tactiles. «C'est très difficile de trouver de la main-d'oeuvre. En plus, comme notre domaine est toujours en mutation, ça nous prend des gens très polyvalents, autodidactes et autonomes. Nous avons des gens qui viennent de Montréal, mais aussi un Français», révèle Albert Dang-Vu, président de Mirego.

La région de Québec a maintenant un pouvoir d'attraction qu'elle n'avait pas auparavant, d'après Marcel Bérubé. «Nous pouvons cibler des cadres ou des travailleurs spécialisés de Montréal et les amener travailler à Québec. On ne voyait jamais ça avant», affirme-t-il.

Certaines entreprises vont même jusqu'à traverser l'Atlantique pour recruter du personnel. «Nous accompagnons des entreprises dans des missions à l'étranger, principalement en France et en Belgique, pour des postes à long terme», indique le président-directeur général de Québec international.

Depuis 2008, cinq missions de recrutement ont été réalisées à l'étranger et 193 travailleurs ont ainsi été embauchés dans la région de Québec, principalement dans des domaines comme l'informatique, l'assurance et le génie.

«Toutefois, à long terme, on ne pourra pas se fier là-dessus parce que ces pays aussi vivront des pénuries de main-d'oeuvre, croit Marcel Bérubé. Chaque région du Québec est aussi en concurrence pour attirer et retenir les travailleurs. C'est de plus en plus un problème global. Pour éviter que cela ralentisse l'économie, il faudra trouver des solutions comme faire des offres aux travailleurs pour qu'ils retardent leur retraite et, même, envisager des fusions et des acquisitions pour réduire les besoins de main-d'oeuvre.»

LES 10 PLUS GRANDS EMPLOYEURS DE LA CAPITALE-NATIONLE EN 2010, SELON QUÉBEC HEBDO

1- Desjardins (10 654 employés)

2- Centre hospitalier universitaire de Québec (8964 employés)

3- Université Laval et Ville de Québec (8000 employés chacune)

5- Garnison Valcartier (6752 employés)

6- Commission scolaire des Premières-Seigneuries (5000 employés)

7- Revenu Québec (4235 employés)

8- Commission scolaire de la Capitale (4000 employés)

9- Centre de santé et services sociaux Vieille-Capitale (3952 employés)

10- Metro Richelieu (3837 employés)

LA CAPITALE-NATIONALE EN BREF

Superficie: 18 639 km2

Population: 687 810 (2009)

Taux de chômage: 5,3% (décembre 2010)

Âge médian: 43 ans

Revenu disponible par habitant : 27 429$ (2009)

Taux d'activité: 68,4% (décembre 2010)

Secteur d'emploi le plus important: les services (plus de 86% de l'emploi)

PIB par habitant: 40 449$, alors que la moyenne de la province est de 36 161$ (2009)

Sources: Institut de la statistique du Québec et MDEIE

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