Chic Marie: le commerce «intelligent» du vêtement

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PME en démarrage

PME en démarrage

Par définition, une startup est une jeune entreprise innovante qui a un fort potentiel de croissance. Mais comment faire pour atteindre cette étape de développement? De l'idée originale, aux portes de la croissance, La Presse présente une série de quatre semaines sur les PME en démarrage. »

Martin Primeau

Collaboration spéciale

La Presse

Jamais Marie-Philip Simard n'aurait pensé se retrouver un jour à la tête d'une entreprise de mode. Et pourtant, c'est le poste qu'elle occupe aujourd'hui.

L'avocate de formation travaillait depuis deux ans au cabinet Fasken Martineau lorsqu'elle a repéré un problème qui préoccupait certaines collègues.

« Plusieurs avaient envie de renouveler leur garde-robe, mais leur portefeuille ne suivait pas toujours, dit-elle. Les vêtements d'affaires coûtent très cher. »

Souhaitant apporter une solution au problème, elle songe en 2014 à créer un service de location de vêtements pour femmes d'affaires. Son entreprise allait s'inspirer de sites web américains qui proposent à leurs clientes la location de robes de soirée. Sauf qu'ici, ce seraient des tailleurs, notamment, qui seraient offerts.

En janvier 2015, elle lance Chic Marie avec son partenaire d'affaires Tyler Manning. L'entreprise utilise le web pour seule vitrine et propose aux femmes d'affaires québécoises la location, chaque mois, d'une série d'ensembles, moyennant un abonnement mensuel de 95 $. Des vêtements envoyés et retournés par la poste, tout simplement.

Peu à peu, Chic Marie se fait connaître dans le petit cercle du monde des affaires québécois. L'entreprise s'associe même à des designers d'ici. Mais après un an d'activité, force a été de constater que l'enthousiasme de la clientèle n'était pas au rendez-vous.

« Le marché visé n'était pas le bon, admet l'entrepreneure. On a finalement appelé 500 clients qui avaient laissé leur numéro sur notre site, puis on leur a demandé ce qu'ils recherchaient.

« C'est là qu'on s'est rendu compte qu'on devait faire un pivot », admet-elle.

Nouvelle orientation

Marie-Philip Simard profite du début de l'hiver pour refaire sa collection et établir une nouvelle stratégie. Désormais, elle élargit sa cible à l'ensemble des consommatrices et leur offre des vêtements tout aller en échange d'un abonnement mensuel de 55 $.

La suite lui a prouvé que la décision était la bonne.

« On a procédé au lancement au début mars, et 3 jours plus tard, tous les morceaux avaient été loués par de nouvelles clientes, raconte la cofondatrice de Chic Marie. Depuis, on a une croissance de 40 % par mois, c'est dur à gérer. »

Forte de ce succès au Québec, l'entreprise tente maintenant sa chance à Toronto. Elle vient d'ailleurs d'y effectuer un lancement et livre ses vêtements à partir de son siège social montréalais.

D'ici 12 à 18 mois, elle compte aussi poser le pied aux États-Unis et desservir les marchés de Boston et de New York. Et l'entreprise devrait avoir les moyens de ses ambitions : une ronde de financement est sur le point d'être conclue, confie sa cofondatrice.

Un conseiller techno

D'ici là, Chic Marie cherchera à améliorer sa plateforme web en y intégrant un outil d'intelligence artificielle. Les clientes qui n'auront pas sélectionné de vêtements, par exemple, recevront chez elles des morceaux qui collent à leurs goûts et préférences.

« Notre objectif, c'est de s'approcher d'un taux de succès de 90 % », explique Marie-Philip Simard, en parlant de la rétention des vêtements.

L'outil misera d'une part sur les informations fournies par la cliente, comme son âge, sa profession, ses goûts et son historique de préférences, mais pas seulement ça. « Si la personne nous autorise à le faire, on ira aussi analyser ses goûts sur Pinterest et ses photos pour voir quelles couleurs elle aime porter. »

La stratégie permettra aussi à l'entreprise d'effectuer des achats de façon plus « intelligente », selon sa présidente.

« Avec cet outil, on va savoir combien de morceaux il nous faut pour chaque couleur et chaque taille », ajoute-t-elle.

Selon elle, l'acquisition et le traitement automatiques de données deviendront tôt ou tard un incontournable pour les commerçants. « On veut être en avant de la vague », indique-t-elle.

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