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De local à mondial: Bonlook voyait loin

Sophie Boulanger et son associé Louis-Félix Boulanger, de... (PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE)

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Sophie Boulanger et son associé Louis-Félix Boulanger, de la compagnie Bonlook, une jeune entreprise de lunettes en ligne.

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

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Marc Tison
La Presse

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Bonlook

> Fondatrice: Sophie Boulanger

> Fondation: 2011

> Siège social: Montréal

> Employés: 11

Bonlook a fait les choses à l'envers. L'entreprise de Montréal s'est d'abord attaquée au marché international, pour ensuite s'intéresser à son marché local.

Le concepteur et distributeur de lunettes ophtalmiques en ligne n'avait pas véritablement le choix: le marché québécois lui était fermé. Au Québec, la vente de verres sur ordonnance est réservée aux opticiens et optométristes.

Le regard de la fondatrice, Sophie Boulanger, s'est donc d'abord fixé sur le marché américain.

L'idée lui était venue durant ses études au MBA, à Milan, au milieu des années 2000.

«J'avais fait un travail pour une grande multinationale d'optique», relate-t-elle.

Elle avait été étonnée par les marges de profit du secteur. «Une lumière s'est allumée. Il y avait moyen d'innover, d'amener un nouveau modèle d'affaires.»

Cette vision s'est concrétisée en mars 2011, quand elle a ouvert le site Bonlook, destiné au marché américain.

«Ça a été un très gros challenge, de ne pas être physiquement dans notre marché cible», souligne Sophie Boulanger.

«La couverture médiatique est plus difficile à obtenir, complète son frère Félix, qui s'est joint à l'aventure. Ça force à mettre beaucoup plus l'accent sur la qualité du produit, parce que tes clients deviennent tes seuls ambassadeurs.»

L'entreprise compte 11 employés. Les montures sont conçues à Montréal. Le petit atelier de la designer Tania Fugulin est tapissé d'esquisses colorées. Ses dessins sont adaptés pour la production par un fabricant chinois. Les lentilles sont taillées et ajustées aux montures à New York, dans une filiale d'Essilor.

Sur les marchés étrangers, l'ajustement des lentilles se fait en fonction de la distance interpupillaire, calculée électroniquement sur la photo fournie en ligne par l'acheteur. L'échelle est donnée par une carte de crédit que le client tient en main. L'ordonnance doit être fournie par un optométriste, et dater de moins de deux ans.

Au Québec, le site est ouvert depuis juin dernier. La transaction est effectuée par l'intermédiaire d'un optométriste associé, sur le site bonlookquebec. «Tout est soutenu par notre optométriste, qui est le distributeur autorisé de nos montures», précise Félix Boulanger.

Bonlook améliore constamment sa technologie en ligne - la responsabilité de Félix. Il nous fait la démonstration d'un nouvel outil d'essayage en ligne, couplé à la caméra de l'ordinateur du client. La lunette choisie apparaît sur son visage, et suit les mouvements de rotation de la tête.

Le grand avantage de la formule: le tiers du prix habituel, estime Sophie Bélanger. «Les gens peuvent avoir plusieurs paires, dit-elle. Ça devient vraiment un article de mode, au même titre que des souliers ou un sac à main.»

Mais ce commerce est vu d'un oeil réprobateur par les professionnels. La situation inédite de l'optométriste associé à Bonlook a été soumise à la syndique de son ordre. «La position de l'Ordre des optométristes a vraiment évolué», soutient néanmoins Sophie Boulanger.

Plus réfractaire, l'Ordre des opticiens d'ordonnance, qui fait valoir l'importance d'un service fourni en personne par un spécialiste, a pour sa part présenté une mise en demeure à l'entreprise.

Jusqu'à présent, Bonlook a vendu environ 30 000 paires de lunettes, approximativement à 85% aux États-Unis, 6% en Australie, et 4% au Canada.

Et le Québec? Quelques centaines de montures. «Les ventes sont marginales, mais elles augmentent», indique Mme Boulanger.

Il lui reste à se faire bien voir des optométristes et des opticiens.

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