Série-PME

De local à mondial: Des plaisirs qui s'exportent

François Roberge, président et principal actionnaire de La... (PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, LA PRESSE)

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François Roberge, président et principal actionnaire de La vie en Rose.

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PME en démarrage

PME en démarrage

Par définition, une startup est une jeune entreprise innovante qui a un fort potentiel de croissance. Mais comment faire pour atteindre cette étape de développement? De l'idée originale, aux portes de la croissance, La Presse présente une série de quatre semaines sur les PME en démarrage. »

Stéphane Champagne

Collaboration spéciale

La Presse

Elles évoluent dans des marchés relativement matures comme la lingerie féminine, le chocolat, les accessoires pour animaux et les cloches à vélo. Mais grâce à leurs ambitions et à leur audace, ces quatre PME québécoises connaissent du succès, non seulement ici, mais de plus en plus à l'étranger. Voici leur recette. - Stéphane Champagne, collaboration spéciale

La Vie en Rose: 100 magasins à l'étranger

Le détaillant québécois La Vie en Rose est sur le point d'ouvrir son 100e magasin à l'étranger. La PME, spécialisée dans la vente de sous-vêtements féminins sous sa propre marque, est présente dans 14 pays. Outre ses 175 magasins d'entreprise au Canada, elle compte des franchises, principalement au Moyen-Orient, dont 34 boutiques en Arabie saoudite. D'ailleurs, rien que dans cette région du globe, une dizaine de nouvelles boutiques ouvriront cet automne. «Il faut adapter son modèle d'affaires aux pays où l'on veut entrer, explique François Roberge, président et principal actionnaire de La Vie en Rose depuis 1995. Il faut surtout être patient. D'ailleurs, après huit ans d'attente, je viens de récupérer le nom de ma marque en Chine.» Le Panama accueillera son premier magasin La Vie en Rose au début de 2015, ce qui pourrait mettre la table à une offensive en Amérique latine, croit M. Roberge. L'entrepreneur revient de l'Inde, où il a signé une entente avec un maître franchiseur. «Ça pourrait se traduire par l'ouverture de 200 magasins, dit-il, mais le marché n'est pas prêt pour les flagship stores [magasins phares]. Nous allons plutôt faire connaître notre nom en ouvrant des sections La Vie en Rose dans les grands magasins à rayons qui sont encore la tendance en Inde.» Autrement, la PME montréalaise, dont les ventes oscillent entre 150 et 200 millions, a des visées sur la Chine, la Russie et les Philippines.

Viva Singer, présidente de Hot Dogs All Dressed.... (PHOTO STÉPHANE CHAMPAGNE, COLLABORATION SPÉCIALE) - image 2.0

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Viva Singer, présidente de Hot Dogs All Dressed.

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Une percée grâce au web pour Hot Dogs All Dressed

La PME Hot Dogs All Dressed a durement été touchée par la crise financière de 2008. Cette entreprise de LaSalle, spécialisée dans la fabrication de colliers, de laisses et de médailles d'identification pour chats et chiens, a vu le nombre de ses points de vente (environ 2000 en Amérique du Nord, en Europe et en Asie) chuter de 30% en 2010 et en 2011. «Nous sommes revenus à 1800 points de vente, mais c'est un éternel recommencement, explique Viva Singer, présidente, fondatrice et unique actionnaire. Les choses ne sont plus comme avant. Il y a plus de concurrence. Il faut donc plus que jamais aller à la rencontre des distributeurs.» Très connue auprès du jet-set hollywoodien (certains de ses colliers figureront d'ailleurs dans le prochain film pour enfants de la série Beethoven), la PME québécoise veut répéter le même recette à la base de son succès: que ses produits (vendus entre 15 et 70$) soient vus par le plus grand nombre. Dans la foulée, Hot Dogs All Dressed vient d'investir des milliers de dollars afin de bonifier son site transactionnel. «Je viens d'envoyer des médailles de chiens à une dame en Norvège. Avant, c'était à Rome et en Espagne. Plus de chats et de chiens seront vus avec nos produits, plus la demande augmentera et plus il y aura de distributeurs qui vont nous contacter», croit Viva Singer.

Chloé Daneau, présidente de Noushka.... (PHOTO STÉPHANE CHAMPAGNE, COLLABORATION SPÉCIALE) - image 3.0

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Chloé Daneau, présidente de Noushka.

PHOTO STÉPHANE CHAMPAGNE, COLLABORATION SPÉCIALE

Noushka, de Saint-Sauveur à la Chine

Faut-il avoir un chiffre d'affaires imposant et compter des dizaines d'employés pour pouvoir exporter en Chine? Pas du tout. Chloé Daneau en est la preuve. Cette audacieuse chocolatière artisanale, présidente de Noushka, à Saint-Sauveur, est sur le point de vendre des chocolats pour la troisième fois dans l'empire du Milieu. Et il semble que cette fois-ci sera la bonne, puisque la femme d'affaires des Laurentides a conclu une entente avec une Chinoise propriétaire d'une dizaine de boutiques spécialisées dans les importations, notamment les produits à base d'érable. «Ça fait deux ans que je travaille là-dessus, explique Chloé Daneau. Les recettes, le packaging, la présentation, tout a été approuvé par ma cliente. Je saurai d'ici peu la quantité à livrer. Je m'attends à ce que ça se traduise par des commandes récurrentes. J'ai très hâte.» Également spécialisée en pâtisserie, l'entreprise de Chloé Daneau a piqué la curiosité de l'importatrice chinoise. Cette dernière aimerait bien acheter des pâtisseries surgelées de Saint-Sauveur, où Noushka compte quatre employés. Mme Daneau a également vendu des chocolats au Japon il y a moins de deux ans. Elle conserve beaucoup d'intérêt pour ce marché. Mais la venue, l'été dernier, d'un quatrième enfant tient la jeune entrepreneure très occupée. Son conseil: «Soyez patients, dit-elle, et ne voyez pas trop grand, trop vite. J'ai la chance d'avoir rencontré quelqu'un dont les boutiques sont en croissance. Je vais donc grandir avec elle.»

Annie Legroulx, propriétaire de la PME Dring Dring.... (PHOTO FOURNIE PAR ANNIE LEGROULX) - image 4.0

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Annie Legroulx, propriétaire de la PME Dring Dring.

PHOTO FOURNIE PAR ANNIE LEGROULX

Un nouveau modèle d'affaires

Après avoir été fabricant de sonnettes de vélo à plein temps, Annie Legroulx a carrément changé son modèle d'affaires. Diplômée en design de l'environnement, elle est maintenant une designer qui vend des licences d'utilisation. Et par la bande, elle s'est même inventé un emploi en devenant agente de designers. Avec leurs dessins ludiques, les sonnettes de vélo de Dring Dring se sont écoulées à 10 000 unités lorsque Mme Legroulx les produisait à Montréal en 2010. «Mais mes coûts de production étaient trop élevés, dit-elle. Ce n'était qu'une question de temps avant qu'on me copie avec un produit moins cher. J'ai donc décidé de les faire fabriquer et distribuer par Kikkerland.» Ce géant américain est présent dans 80 pays. Résultat: 50 000 sonnettes Dring Dring ont trouvé preneurs en 2013. Ayant désormais plus de temps, Annie Legroulx a proposé à Kikkerland des clochettes à bureau, de même que des minuteries pour la cuisine, pour lesquelles elle touche des royautés. La femme d'affaires s'est associée à d'autres entreprises, dont NPW de Londres. À cette fin, elle a créé et même inventé des produits pour le Game Drinking (jeu de bar). La Québécoise sert également d'intermédiaire entre les grandes entreprises et quelques designers québécois qui rêvent de voir leurs produits commercialisés. Heureuse de son sort, Annie Legroulx veut créer et enjoliver suffisamment de produits pour vivre uniquement de royautés à moyen terme.

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