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Portraits d'innovateurs: savoir faire preuve de patience

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PME en démarrage

PME en démarrage

Par définition, une startup est une jeune entreprise innovante qui a un fort potentiel de croissance. Mais comment faire pour atteindre cette étape de développement? De l'idée originale, aux portes de la croissance, La Presse présente une série de quatre semaines sur les PME en démarrage. »

Stéphane Champagne

Collaboration spéciale

La Presse

Les défis ne manquent pas en innovation. Et il faut parfois faire preuve de patience, sinon de résilience, avant de voir son produit ou son savoir-faire être enfin reconnu. Nous vous présentons ici quatre PME évoluant dans autant de secteurs: le patrimoine génétique, les applications industrielles se mesurant en micron, les systèmes d'éclairage d'urgence et les dispositifs servant à mélanger et à administrer des médicaments.

Mathilde Gosselin... (PHOTO STÉPHANE CHAMPAGNE, COLLABORATION SPÉCIALE) - image 2.0

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Mathilde Gosselin

PHOTO STÉPHANE CHAMPAGNE, COLLABORATION SPÉCIALE

Quatre brevets en vue pour Materium

Franchir des pas de géants grâce à des produits se mesurant en micron. Telle est la destinée de Mathilde Gosselin, présidente et fondatrice de Materium. Cette ingénieure chimiste de 36 ans a mis au point quatre produits à base de silice dont l'utilisation devrait avoir des échos partout dans le monde. Fondée en 2010, la jeune entreprise est en instance de brevet sur, tout d'abord, un additif allégeant (10 fois plus léger que l'eau) pour les plastiques. Elle compte également un support pour la croissance des micro-organismes utilisables autant en agroalimentaire qu'en biométhanisation. Vient ensuite un additif thermoconducteur qui trouvera assurément preneur en microélectronique. Finalement, l'entreprise a créé des microcapsules vides (et prêtes à être remplies) pouvant servir autant sur les vêtements que dans les produits pharmaceutiques. Actuellement incubée au CITIG de Granby, la PME compte désormais cinq employés, dont un ingénieur et un directeur au développement des affaires embauchés récemment. Mathilde Gosselin était à New York la semaine dernière dans le cadre d'une deuxième ronde de financement. Si elle obtient comme prévu 4 millions, elle devrait emménager dans de nouveaux locaux au début de 2015 afin d'augmenter sa production. Les produits de Materium sont actuellement testés dans des laboratoires et des entreprises un peu partout dans le monde.

Étienne P. Crevier et le Dr Michel Cameron... (PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE) - image 3.0

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Étienne P. Crevier et le Dr Michel Cameron

PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE

Flopée de prix pour BiogéniQ

Ils veulent devenir la référence en matière de génétique appliquée pour le commun des mortels. Du coup, Étienne Crevier et le Dr Michel Cameron promettent une révolution médicale. Les deux fondateurs de BiogéniQ ont mis au point quatre ensembles de collecte de salive (vendus entre 275$ et 500$) permettant aux patients d'obtenir, après analyse de leur salive, un rapport génétique avec recommandations personnalisées. Les patients ont le choix entre quatre types d'informations: l'alimentation, les médicaments, les maladies ou la généalogie. À la lumière de ces résultats, les patients sauront, par exemple, ce qu'ils doivent modifier dans leur alimentation, quels médicaments ils doivent éviter, s'ils sont sujets à telle ou telle maladie, etc. En théorie, le modèle d'affaires de BiogéniQ fait rêver à un monde en santé où la prévention prendrait le dessus. Mais en pratique, la PME doit tout d'abord convaincre les médecins et les pharmaciens de participer à ce changement de culture. BiogéniQ est également à développer un logiciel permettant de faire un compte rendu simple de la génétique d'une personne. Bref, il lui reste encore des étapes importantes à franchir. Mais la jeune entreprise montréalaise, qui se présente comme l'une des plus innovantes du pays en ce moment, a confiance en ses moyens. Elle a d'ailleurs remporté près de 10 prix et autres bourses en moins d'un an, dont une bourse de 50 000$ à Toronto au début du mois d'octobre.

Éric Boisvert et Patrick Rivet... (PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE) - image 4.0

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Éric Boisvert et Patrick Rivet

PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE

Perfectionner l'invention d'un autre

Patrick Rivet n'a peut-être pas inventé le Luminite, mais il l'a grandement amélioré au point d'en faire un produit mondialement connu. Le Luminite est un système d'éclairage d'urgence inventé en Italie il y a une dizaine d'années. Contenu dans un boîtier de plastique, le système se déploie et prend la forme d'une colonne en tissu. Il émet plus de 98 000 lumens, soit assez pour éclairer un terrain de football. Désireux d'importer et de vendre le Luminite en Amérique du Nord en 2005, Patrick Rivet a vite constaté les nombreuses lacunes techniques du produit. «Je l'ai complètement redéfini. J'ai même créé le boîtier moi-même», se félicite-t-il. Résultat, le Luminite est entièrement fabriqué à Pointe-aux-Trembles par la douzaine d'employés de CFC, division du Groupe Yuli, propriété de Patrick Rivet et Éric Boisvert. Les deux entrepreneurs possèdent les droits sur le Luminite pour l'Amérique du Nord et l'Amérique du Sud. Prix demandé pour cet équipement haut de gamme: 4999$ pour le modèle de 5 mètres et 4895$ pour celui qui, une fois déployé, atteint 2,5 mètres de hauteur. Prochain défi pour les dirigeants de CFC: modifier le Luminite pour le rendre conforme aux normes des pays où ils souhaitent vendre le produit. «Les certifications changent d'un pays à l'autre. C'est tout un casse-tête», explique Patrick Rivet.

Yan Tremblay et Julie Trépanier... (PHOTO STÉPHANE CHAMPAGNE, COLLABORATION SPÉCIALE) - image 5.0

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Yan Tremblay et Julie Trépanier

PHOTO STÉPHANE CHAMPAGNE, COLLABORATION SPÉCIALE

Innover malgré un taux d'échec de 90%

Duoject a les reins solides et une détermination à toute épreuve. Cette entreprise de Bromont, spécialisée dans le design de dispositifs servant à mélanger et à administrer des médicaments, a beau posséder 80 brevets, le taux d'échec dans son secteur d'activité est de 90%, explique Julie Trépanier, vice-présidente fabrication et co-actionnaire. «C'est beaucoup, mais notre modèle d'affaires nous le permet», dit-elle. En effet, grâce à un produit pour l'injection d'anesthésiant commercialisé au début des années 90, l'entreprise de 10 employés touche suffisamment de redevances pour tenir le coup. À cela s'ajoutent des revenus provenant de services d'ingénierie, de même que de certains produits brevetés qui sont utilisés dans le cadre d'études cliniques. Car, dans la plupart des cas, les dispositifs de Duoject sont tributaires des produits pharmaceutiques en phase clinique. Si un produit connaît du succès, il en va de même pour la PME. L'entreprise a développé deux dispositifs pour deux produits sous forme topique actuellement à l'étude: l'un pour la dysfonction érectile, l'autre en dermatologie (un dérivé du Botox). Désormais, l'entreprise fera davantage fabriquer ses propres produits. «Les pharmaceutiques ne veulent plus s'engager à payer des redevances sur 25 ans ni prendre en charge la fabrication de nos dispositifs», explique Julie Trépanier. Fondée en 1985 par trois hommes d'affaires aujourd'hui septuagénaires, Duoject est actuellement dirigé par Mme Trépanier et Daniel MacDonald, tous deux ciblés comme releveurs.

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