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Portraits d'innovateurs: posez-vous des questions!

«Les Cris me disent qu'ils se sont inspirés... (PHOTO PATRICE LAROCHE, LE SOLEIL)

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«Les Cris me disent qu'ils se sont inspirés du comportement de Mines Virginia à la Baie-James pour écrire leur propre politique minière. J'ai été très flatté», affirme André Gaumond.

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Marc Tison
Le Soleil

André Gaumond est président de la société d'exploration Mines Virginia. L'entreprise a découvert en 2004 le riche gisement aurifère Éléonore, à la Baie James. «Un gars au gouvernement du Québec me disait que Mines Virginia fait les choses différemment des autres sociétés d'exploration, relate André Gaumond. À tous les niveaux : l'exploration, la recherche, les Premières Nations, l'environnement...»

Par exemple, Mines Virginia est la seule société d'exploration minière au Québec qui emploie un chercheur à temps plein, soutient-il.

Pourquoi Mines Virginia fait-elle les choses différemment?

«On se pose des questions, répond André Gaumond. On se questionne constamment sur la manière d'améliorer les choses et d'optimiser chaque dollar. L'exploration minière est un domaine risqué, qui coûte cher, de longue haleine. Il s'agit de voir comment on pourrait accélérer notre taux de découverte au moindre coût possible.»

Dès qu'on pose des questions, on cherche des réponses. La curiosité amène à refuser les idées reçues, aller au-delà des apparences, voir les choses autrement.

Cette approche a amené Mines Virginia à établir des relations suivies et conclure des partenariats avec les Premières Nations qui vivent sur les territoires où elle fait de l'exploration.

«Les Cris me disent qu'ils se sont inspirés du comportement de Mines Virginia à la baie James pour écrire leur propre politique minière, confie André Gaumond. J'ai été très flatté.»

Il est lui-même à l'origine du Fonds Restor-Action Nunavik pour la réhabilitation des sites d'exploration minière abandonnés.

«On était encore un peu les précurseurs. On a vu l'importance de l'acceptabilité sociale bien avant que le mot soit populaire, que le mot développement durable soit sur les lèvres de tout le monde. À l'époque, je n'appelais pas ça 'développement durable'' ou 'acceptabilité sociale'', j'appelais ça le gros bon sens.»

Pousser le gros bon sens

Y a-t-il un lien entre le gros bon sens et l'innovation?

«Ah oui, il y a un lien direct, affirme André Gaumond. Le gros bon sens, c'est la base, et l'innovation consiste à pousser ça un petit peu plus.» Pour la recherche de nouveaux filons, Mines Virginia creuse au bon endroit. «On fait des sessions de brainstorming, décrit André Gaumond. On en fait deux ou trois par année. Elles durent deux ou trois jours.»

Toute son équipe se réunit et chaque géologue présente ses projets et l'état de ses travaux. Les deux chercheurs font le point sur leur recherche. L'équipe échange ses idées et décide des prochaines priorités.

«C'est ça du brainstorming, c'est se poser des questions sur tous les aspects. Quand on prend la peine de se demander comment on pourrait améliorer telle ou telle chose, peu importe ce que c'est, ça permet à l'entreprise de progresser et d'innover.»

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