Série-PME

Qui a peur de la croissance?

Louis Jacques Filion, professeur à HEC Montréal, est... (PHOTO ALAIN ROBERGE)

Agrandir

Louis Jacques Filion, professeur à HEC Montréal, est persuadé qu'on peut doubler la proportion d'entreprises à forte croissance au cours de la prochaine décennie.

PHOTO ALAIN ROBERGE

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
la liste:2390:liste;la boite:98873:box

Dossiers en vedette

Portrait 2017 : Québec

En 2016, pour la 25e année de suite, la ville de Québec a connu une... »

Portrait 2017: Mauricie

Des intervenants municipaux viennent de partout au Québec pour en... »

Gestion de patrimoine

Ce ne serait pas le premier secteur d'activité où cela se produirait.... »

Plan Nord

Le Plan Nord a connu plusieurs moutures depuis son lancement en... »

Portrait 2017: Laurentides

Terres de défricheurs, les Laurentides s'inquiètent du ton adopté par... »

Énergies renouvelables

Les surplus d'hydroélectricité ainsi que les bas prix des énergies... »

Drummondville

Des investissements records dans les secteurs industriel et... »

Industrie forestière

L'industrie forestière québécoise a durement ressenti la décision du... »

Dossiers  »

PME en démarrage

PME en démarrage

Par définition, une startup est une jeune entreprise innovante qui a un fort potentiel de croissance. Mais comment faire pour atteindre cette étape de développement? De l'idée originale, aux portes de la croissance, La Presse présente une série de quatre semaines sur les PME en démarrage. »

Marie Lambert-Chan

Collaboration spéciale

La Presse

La majorité des entrepreneurs n'aspirent pas à devenir le prochain Alain Bouchard. Pourtant, il suffirait de leur parler davantage de croissance et de leur offrir un meilleur climat d'affaires pour qu'ils osent y rêver.

«Nous n'avons pas autant de croissance qu'on le devrait», constate Louis Jacques Filion, professeur titulaire de la Chaire d'entrepreneuriat Rogers-J.-A.-Bombardier à HEC Montréal.

Seulement 4 à 6 % des entreprises, ici comme ailleurs, connaissent une forte croissance, c'est-à-dire un taux supérieur à 20 % pendant au moins trois années consécutives. Ce sont les fameuses gazelles.

Le spécialiste est convaincu qu'on peut doubler cette proportion au cours de la prochaine décennie. Il suffit d'avoir les bonnes conditions en place, ce que M. Filion et une équipe de chercheurs ont tenté d'identifier dans la série Croissance des PME, publiée par le Centre sur la productivité et la prospérité (CPP) de HEC Montréal.

Il y a d'abord l'entrepreneur lui-même. Déterminé, il sait s'entourer d'une bonne équipe, a fait des études supérieures et désire voir son entreprise grandir. Une espèce plutôt rare, car 90 % des entrepreneurs ne sont pas motivés par la croissance de leur compagnie. «On les appelle des lifestyle entrepreneurs, dit Louis Jacques Filion. Ils visent surtout l'indépendance, la pérennité et une qualité de vie satisfaisante.»

Les leaders derrière les gazelles investissent beaucoup dans la recherche et le développement, embauchent du personnel qualifié et voient à long terme. Dans leur entreprise, la délégation des tâches est la norme et la formation continue des employés, une nécessité.

Quand les problèmes s'accumulent, ils n'hésitent pas non plus à faire appel aux différentes formes d'aide aux entreprises. «En un mot, ils s'organisent pour croître», résume M. Filion.

Démystifier la croissance

Bien entendu, la croissance ne convient pas à tous. «Il ne faut pas en faire une religion. Le boulanger du coin souhaite peut-être conserver une production artisanale et cela ne fait pas de lui un moins bon entrepreneur», remarque Martine Hébert, vice-présidente principale et porte-parole nationale de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante.

Néanmoins, il y a sans doute des entrepreneurs qui n'ont jamais réfléchi à la croissance ou qui n'osent pas le faire tout simplement parce qu'ils ne sont pas assez informés. «Il n'y a pas suffisamment de sensibilisation à la croissance dans les cours de création d'entreprises et au sein des services d'aide aux entreprises, qu'ils soient publics ou privés, affirme Louis Jacques Filion. Or, c'est souvent lorsque les gens élaborent leur projet d'entreprise qu'ils prennent la décision de la faire croître.»

Selon lui, une meilleure préparation initiale à la croissance pourrait conduire à un meilleur taux de survie des entreprises.

Le professeur Filion propose de mettre sur pied des programmes de soutien à la croissance à l'image de ceux du Danemark, de l'Écosse et de l'Allemagne.

Les entrepreneurs issus de différents secteurs s'y rencontrent en petits groupes pour échanger et s'encourager. Une façon de briser l'isolement des gens d'affaires. «Ce sont des formes d'accélérateur», dit M. Filion.

Pour un meilleur climat d'affaires

Ce n'est pas tout de motiver les entreprises à embrasser la croissance, estime Martine Hébert. Il faut aussi leur offrir un environnement d'affaires intéressant et à ce chapitre, «le Québec a beaucoup de croûtes à manger», déclare-t-elle.

Réglementation trop lourde, fiscalité étouffante, aide aux entreprises très importante, mais inefficace : «Les entreprises ne veulent pas d'autres programmes d'aide ou de subvention, elles veulent de l'air! s'exclame-t-elle. Je rencontre des entrepreneurs sur le terrain qui me racontent avoir agrandi, puis réduit la taille de leur entreprise parce qu'ils avaient l'impression de passer tout leur temps à remplir de la paperasse pour le gouvernement.»

La croissance en chiffres

De 4 à 6%

des entreprises vivent une forte croissance dans tous les pays, y compris le Canada et le Québec.

75%

des nouveaux emplois dans les pays industrialisés sont attribuables aux gazelles.

22%

des moyennes entreprises ont connu une forte croissance de plus de 50 % sur trois ans, contre 12 % parmi

les petites entreprises.

Consultez les documents du CPP : cpp.hec.ca/blog/serie-croissance-des-pme/

Partager

La Presse Affaires vous suggère

publicité

publicité

publicité

publicité

image title
Fermer