Les minéraux « intelligents » ont la cote

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Les minéraux « intelligents » ou « technologiques » comme le lithium ont de plus en plus la cote.

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Yvon Laprade

Collaboration spéciale

La Presse

Le marché des minéraux « intelligents » comme le lithium et le graphite suscite un « engouement certain » chez les sociétés minières québécoises qui font de l'exploration, « mais rien n'est encore gagné », prévient Valérie Fillion, directrice générale de l'Association de l'exploration minière du Québec.

« C'est bien sûr un marché prometteur, précise la géologue, mais le grand défi, c'est de mettre en place une filière intégrée. » Elle concède que cette industrie est encore bien jeune, « à peine une dizaine d'années », calcule-t-elle, si on la compare au secteur des mines « traditionnelles, comme l'or et le cuivre ».

« Il faut comprendre également, soulève-t-elle, que le financement des projets d'exploration demeure un réel enjeu. Il faut que le projet soit bien ficelé. Des minières doivent parfois aller jusqu'aux Émirats arabes unis, au Japon et même en Chine pour trouver des investisseurs. Ce n'est pas facile. »

La directrice générale observe malgré tout que des acteurs québécois sont sur le point d'émerger. Elle fait notamment allusion à Nemaska Lithium, qui prévoit terminer la construction de son usine de lithium à Shawinigan en 2019.

« Ça prend du temps et de la patience pour arriver à l'étape de la transformation des métaux », convient-elle.

UN MARCHÉ COMPLEXE

Réal Daigneault, directeur du Centre d'étude sur les ressources minérales à l'Université du Québec à Chicoutimi, reconnaît pour sa part qu'il s'agit d'un marché « très complexe ». « Un producteur, pensons au graphite et au lithium, doit d'abord se demander à qui il va vendre et à quel coût il pourra produire pour que ce soit rentable », explique le professeur, responsable du Consortium de recherche en exploration minérale.

Au Québec, on compte 165 titulaires ou groupes... - image 3.0

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Au Québec, on compte 165 titulaires ou groupes de titulaires distincts de titres miniers qui font de l'exploration pour les substances suivantes : le lithium, le niobium, le graphite, le zirconium, le vanadium, le cobalt, le silicium et les terres rares. Photo: Nouveau monde graghite

« En comparaison, ajoute-t-il, pour une mine d'or, on sait déjà qu'il y a un marché. C'est beaucoup plus simple. » Il observe, lui aussi, que les producteurs « doivent faire la cour à des clients potentiels » avant de produire et transformer, pour éviter de se retrouver le bec à l'eau.

Il soulève, à ce sujet, qu'ils sont nombreux dans le monde à convoiter ce marché de l'avenir, avec les besoins grandissants de métaux « technologiques » pour fabriquer des ordinateurs, des batteries, des téléphones cellulaires, des éoliennes.

« Le Québec a le potentiel pour se démarquer, mais l'enjeu, c'est d'isoler la substance, à partir de procédés métallurgiques coûteux. Mais on se positionne et on devrait avoir notre part du marché. »

- Réal Daigneault, directeur du Centre d'étude sur les ressources minérales à l'Université du Québec à Chicoutimi

Simon Auclair, géologue au ministère des Ressources naturelles, n'hésite pas, de son côté, à parler de « l'économie du futur ». Il insiste sur l'importance de savoir ce que le Québec possède « dans sa cour », sur le plan géologique, pour être prêt à répondre à la demande. Le géologue ne minimise pas l'impact environnemental lors de l'extraction des métaux.

« Il faut se démarquer de la Chine, soumet-il, qui utilise des méthodes chimiques dommageables sur le plan environnemental. »

EXTRAIRE AVEC PROFITS

De son côté, le professeur Georges Beaudoin, du département de géologie et de génie géologique de l'Université Laval, ne cache pas qu'il faut avoir « une vision à long terme » si on veut espérer réussir dans cette sphère d'activité où, dit-il, les risques financiers demeurent élevés.

« Si on fait de l'exploration, précise-t-il, on va trouver. Mais là n'est pas la question. Il faut extraire les métaux et faire des profits. » À l'instar de son collègue de l'Université du Québec à Chicoutimi, il voit un « très grand potentiel » sur le territoire québécois, « pour diverses substances », notamment le lithium, le graphite et les terres rares.

« Les ressources sont là », dit-il. Il s'attend, enfin, à ce que la demande pour les métaux de l'innovation aille en augmentant. « Il y aura alors plus de demande pour de nouvelles technologies. Qu'on pense au bannissement des véhicules polluants qui va ouvrir des marchés pour les véhicules électriques », fait-il valoir.




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