Devant la concurrence: l'avenir du Québec passe par les produits de niche

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Métallurgie

Métallurgie

Pour la métallurgie québécoise, le prix de l'énergie n'est plus un avantage. C'est le sceau de la compétence et d'un moindre impact environnemental qu'il faut poinçonner sur nos barres et nos lingots. »

Attaquée de toute part, l'industrie de la métallurgie... (Photo archives Bloomberg)

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Photo archives Bloomberg

Attaquée de toute part, l'industrie de la métallurgie du Québec est décontenancée, mais loin de s'avouer vaincue même si les frais de production des pays émergents sont dramatiquement plus bas qu'ici.

Anne Gaignaire, collaboration spéciale
La Presse

La concurrence mondiale s'intensifie dans le domaine de la métallurgie. La Chine et l'Inde en particulier bousculent le marché. Le salut pour les industriels du Québec: les produits de niche.

La Chine produit 50% de l'aluminium au monde et 46% de l'acier. «Tous les huit mois, elle construit une fonderie de cuivre de la taille de la nôtre à Rouyn-Noranda», constate Louis-Philippe Gariépy, directeur des affaires corporatives de Xstrata Copper.

La pression sur les métallurgistes augmente et elle vient de partout. Des pays émergents d'abord. Ils multiplient leur capacité de production à des vitesses folles et inondent le marché. «Alors qu'on produit 2 millions de tonnes d'acier par an, les excédents de production de la Chine sont de 200 millions!», indique Daniel Robert, vice-président ressources humaines et affaires juridiques d'ArcelorMittal Montréal.

Les méthodes de travail et de commerce bouleversent la vieille industrie. Cinq cents plaintes de dumping dans l'industrie de l'acier auraient déjà été déposées contre la Chine, selon Daniel Robert. «D'ordinaire, les entreprises partageaient leurs informations sur le niveau des stocks afin de permettre une meilleure visibilité», déplore Serge Bergeron, président de la Table de concertation en métallurgie du Québec et directeur planification stratégique à Rio Tinto Fet et Titane. «Pas les pays émergents. Ce qui crée un sentiment d'insécurité sur le marché.»

La concurrence vient aussi d'Europe et des États-Unis. «Le Canada devient attrayant pour la compétition, remarque Daniel Robert. Étant donné le marasme économique, les entreprises de ces pays cherchent des marchés à l'extérieur.»

L'industrie québécoise résiste

Attaquée de toute part, l'industrie de la métallurgie est décontenancée, mais loin de s'avouer vaincue même si les frais de production des pays émergents sont dramatiquement plus bas qu'au Québec. C'est un phénomène nouveau qui compte moins d'une dizaine d'années, voire deux ans pour l'aluminium dont les installations de production chinoises commencent seulement à entrer en activité. «Il y a un besoin d'ajustement», note Serge Bergeron.

Le premier réflexe des entreprises du secteur est de «réduire les coûts de production pour obtenir une meilleure marge bénéficiaire», indique Jean-Pierre D'Auteuil, conseiller en communication au ministère des Finances et de l'Économie.

Ensuite, elles s'orientent vers des marchés de niche. Pour le moment, la concurrence des pays émergents - la plus imposante - se situe surtout sur des créneaux traditionnels, «simples». Si bien que «c'est notre compétence qui nous protège», affirme Serge Bergeron. La solution: fabriquer des produits à plus haute valeur ajoutée et qui dégagent de plus grandes marges.

Des produits de haute qualité

ArcelorMittal compte justement sur ses centres de recherche et développement pour lui permettre d'«avoir une plus grande offre sur le marché, notamment en proposant de nouveaux alliages moins lourds tout en étant robustes et qui permettent une meilleure maniabilité», explique Daniel Robert.

Même scénario chez Xstrata. «Cette nouvelle concurrence, combinée à d'autres facteurs, nous nuit beaucoup, reconnaît Louis-Philippe Gariépy. On a dû se réinventer. On s'est concentrés à faire des produits à valeur ajoutée et la fonderie de Rouyn-Noranda a réussi à se tailler une niche.» Pour cela, elle s'est spécialisée dans la production de cuivre très pur. Au final, l'entreprise commercialise un produit de spécialité, de qualité supérieure.

Par ailleurs, de 7 à 8% de l'approvisionnement en matière première de la fonderie provient de cuivre recyclé (pièces d'automobiles, d'appareils électroniques, etc.). Une proportion qui pourrait être augmentée prochainement si le marché de l'approvisionnement est jugé suffisant. L'entreprise, si elle prend cette voie, pourrait investir 100 millions pour adapter ses installations.

L'industrie métallurgique tente de s'adapter à ce nouveau défi. Le gouvernement du Québec, pour s'assurer de conserver ce secteur important de l'économie provinciale, a annoncé plusieurs mesures dans le budget 2012-2013, telles que le congé fiscal de 10 ans pour les grands projets d'investissement, la bonification du crédit d'impôt à l'investissement, etc.

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