Entre l'acier, le béton et l'aluminium: la bataille des matériaux

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Des passerelles en aluminium ont été installées au-dessus... (Photo Archives Le Quotidien)

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Photo Archives Le Quotidien

Des passerelles en aluminium ont été installées au-dessus du barrage de la chute Martine, au parc de la Caverne du trou de la Fée de Desbiens, auLac-Saint-Jean.

Anne Gaignaire, collaboration spéciale
La Presse

La bataille des matériaux bat son plein. Les anciens, comme l'acier et le béton, tentent de conserver leur place devant l'attrait grandissant des nouveaux matériaux. L'industrie de l'aluminium est particulièrement active pour faire la place belle à ses produits.

L'acier et le béton sont les vedettes de la construction au Canada et au Québec. Ils sont présents dans les ponts, dans les maisons, dans les moyens de transport. Si, en Europe, les matériaux ont été diversifiés dans de nombreux produits et biens notamment pour réduire leur poids, coûts énergétiques élevés obligent, l'Amérique du Nord n'en a jamais eu besoin. Au grand dam de l'industrie de l'aluminium notamment.

«Il faut un changement de culture pour que chaque matériau occupe la place qui lui revient afin d'assurer une bonne complémentarité», prône Jean Simard, PDG de l'Association de l'aluminium du Canada, qui a entrepris d'importants efforts depuis quatre ans pour répandre l'utilisation de son matériau au Canada. «Notre défi, c'est l'ignorance, déplore Jean Simard. L'aluminium n'est pas ou peu enseigné dans les écoles d'ingénieurs et d'architectes.»

Sensibiliser les professionnels en activité

Certes, c'est un matériau «compliqué à utiliser» mais il suggère que, dans un bâtiment par exemple, les structures soient toujours construites en acier et les fondations en béton, mais qu'à l'intérieur et surtout à l'extérieur, notamment dans la fenestration, l'aluminium soit plus souvent utilisé. Quant aux ponts, il serait possible de fabriquer les tabliers en aluminium, matériau inoxydable, solide et résistant.

L'Association multiplie les initiatives pour faire connaître son produit, fabriqué au Québec «avec l'empreinte carbone la plus petite au monde», assure le PDG. Elle cible les ingénieurs et les architectes en activité. Des cours sur l'aluminium sont offerts aux ingénieurs et aux architectes en activité dans le cadre de la formation continue. Un autre sur l'avantage de l'aluminium dans la construction de ponts est dispensé dans tout le Canada actuellement. Les ingénieurs de l'ancien ministère du Développement économique ont également reçu des formations.

Premiers signes que les efforts portent leurs fruits: «On s'oriente vers un projet-pilote de pont comprenant de l'aluminium, à Saint-Ambroise, au Saguenay-Lac-Saint-Jean», indique Jean Simard. Par ailleurs, les nouvelles voitures du métro de Montréal seront en partie composées d'aluminium, «pour la première fois», se réjouit le PDG.

Une part du gâteau

Il n'y a pas de temps à perdre. L'industrie tient à prendre sa part du colossal marché de la rénovation des infrastructures au Québec avec «ses 900 ponts à refaire». Il y a aussi les États-Unis, dont les infrastructures vieillissantes devront être rénovées dans les prochaines années. «On a une fenêtre de 10-15 ans», souligne le PDG, pour qui le développement du Nord donnera aussi de nombreuses occasions d'affaires pour l'industrie de l'aluminium. D'où cet empressement à faire connaître les métaux alternatifs.

S'ensuit une véritable compétition entre les matériaux. L'acier et le béton veulent tenir leur rang, l'aluminium et le bois tentent de percer devant l'entrée en force des nouveaux matériaux comme les polymères, le magnésium, la céramique, etc. Une émulation bénéfique selon Gilles L'Espérance, professeur spécialiste des matériaux à Polytechnique. «Cette compétition est source d'innovation», affirme-t-il. Parce que chacun d'entre eux a ses avantages et que «les ingénieurs seront aux prises avec cette compétition dans leur entreprise», des cours sur les différents matériaux, notamment l'aluminium au cycle supérieur, sont au programme.

«Une nouvelle réalité s'impose à nous, poursuit le professeur: les entreprises demandent de plus en plus aux ingénieurs de travailler sur la réduction des coûts, qui passe notamment par l'allégement notamment dans l'automobile, l'aéronautique, etc. Pour y parvenir, il faut faire preuve de créativité avec les matériaux qui sont offerts.» Et aussi, bien les connaître.

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