Le mystérieux club des pays émergents

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«Les pays émergents sont des pays dont le revenu par... (Photo André Tremblay, archives La Presse)

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Photo André Tremblay, archives La Presse

«Les pays émergents sont des pays dont le revenu par habitant est inférieur à la moyenne mondiale des pays industrialisés, mais qui sont caractérisés par des taux de croissance de trois à quatre fois plus élevés que ceux des pays industrialisés », affirme Maurice Marchon, professeur titulaire à l'Institut d'économie appliquée de HEC Montréal.

Marc Tison
Marc Tison
La Presse

Ils émergent, d'accord, mais d'où? De quelle manière? Et qui décide lesquels méritent ce titre?

Les pays émergents, c'est en quelque sorte l'antichambre du club des pays industrialisés. Ils ne sont pas encore membres du groupe sélect. Mais quand ils vont y accéder, ils occuperont rapidement les premières places.

Déjà, une hiérarchie se dessine.

Les premiers prétendants au titre furent le Brésil, la Russie, l'Inde et la Chine. Dans une note économique parue en 2001, Jim O'Neill, économiste de Goldman Sachs, les avait réunis dans l'acronyme BRIC - une formule qui a connu depuis une belle fortune.

Profitant de cette notoriété, ces pays ont formé une association sous le même percutant acronyme et ont tenu une première conférence commune en 2009. Ils ont convié l'Afrique du Sud à se joindre à eux à la fin de 2010, dans ce qui s'appelle dorénavant le BRICS, ou BRICA en français.

Dans une entrevue récente, toutefois, Jim O'Neill a soutenu que l'Afrique du Sud, malgré ses 50 millions d'habitants, ne constituait pas un marché économique suffisamment important pour être incluse dans la prestigieuse liste et y ajouter son initiale. Il estime même que l'inclusion dans le groupe a affaibli celui-ci.

Une opinion que partage en partie Maurice Marchon, professeur titulaire à l'Institut d'économie appliquée de HEC Montréal: «L'Afrique du Sud a été incluse davantage pour des raisons politiques qu'économiques», dit-il.

Mais d'autres pays cognent à la porte.

En 2005, James O'Neill, toujours lui, a créé un nouveau groupe, les Next Eleven - les 11 suivants. Ce sont les pays prêts à emboîter le pas au BRIC pour devenir, au courant de la première moitié du XXIe siècle, les plus importantes économies mondiales - ou, à tout le moins, à chauffer sérieusement le G7.

Ces prétendants sont le Bangladesh, l'Égypte, l'Indonésie, l'Iran, le Mexique, le Nigeria, le Pakistan, les Philippines, la Turquie, la Corée du Sud et le Vietnam.

Plusieurs autres organismes ont établi leurs propres listes d'une vingtaine de pays émergents - listes variées et fluctuantes.

Ainsi, les Émirats arabes unis n'ont accédé à la liste du Financial Times Stock Exchange (FTSE) qu'en 2010, et sont toujours absents de celles du MSCI Market Classification et de Standard&Poor's.

Les critères

En fonction de quels critères accède-t-on à ce statut d'émergent?

La définition n'est pas fixée.

«Je dirais que les pays émergents sont des pays dont le revenu par habitant est inférieur à la moyenne mondiale des pays industrialisés, mais qui sont caractérisés par des taux de croissance de trois à quatre fois plus élevés que ceux des pays industrialisés», explique Maurice Marchon.

En 2011, les pays du BRICS représentaient 19% du PIB mondial, calculé selon les taux de change courants, dit-il. Si on mesure plutôt cette proportion selon la parité de pouvoir d'achat, qui tient compte du coût de la vie sur les marchés intérieurs, elle grimpe à 26%. «Ça devient significatif», commente-t-il.

Il y ajoute un critère de poids démographique, dont il fixe le seuil à quelque 50 millions d'habitants. Le marché intérieur doit avoir une densité minimale pour que le pays puisse prendre son orbite dans le système économique mondial.

Le politicologue Ian Bremmer, dans un article devenu classique sur la gestion du risque dans un monde instable, paru en 2005 dans le Harvard Business Review, définissait les marchés émergents comme des pays où les questions politiques sont au moins aussi importantes que les facteurs économiques. Mais cette fois, ce n'est pas tant un critère qu'une caractéristique. «Il y a beaucoup d'instabilité et de fragilité dans ces pays», confirme Zhan Su, professeur de stratégie et de management international à la faculté des sciences de l'administration de l'Université Laval. «Ils ont une volonté à faire des réformes, mais ils n'ont pas une base très solide, surtout au niveau de la gouvernance.» Corruption, immaturité politique...

Mais attention, les pays émergents s'ouvrent sur le monde, ajoute-t-il. «Ils s'engagent, sous différentes formes, dans diverses réformes pour mieux s'adapter au système économique international.»

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