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Le défi du XXIe siècle
La population vieillit. Les plus âgés des baby-boomers auront 64 ans cette année, mais beaucoup d'entre eux n'ont pas attendu jusque-là pour goûter aux joies de la retraite.
D'ici 2025, quelque 7,5 millions de travailleurs prendront leur retraite.
Au Québec, la situation est encore plus inquiétante que dans le reste du pays.
Le vieillissement de la population est plus rapide qu'ailleurs au Canada. Le taux de natalité demeure faible. Certes, on a noté depuis peu une recrudescence des naissances, mais on est encore à des années-lumière d'un nouveau baby-boom (à cet égard, j'aime beaucoup l'expression de la démographe Chantal Girard, de l'Institut de la statistique du Québec, qui parle plutôt d'un «baby bump»).
Enfin, le Québec attire moins d'immigrants, et leurs qualifications ne répondent pas toujours aux exigences des employeurs.
Autrement dit, la croissance démographique naturelle et l'immigration ne suffiront pas à combler les millions d'emplois laissés vacants par les boomers.
Cela signifie une diminution importante de la population active. Il en découlera une baisse de l'activité économique et donc un appauvrissement collectif.
Dans ces conditions, on peut comprendre que le recrutement et la rétention de la main-d'oeuvre qualifiée constituent, pour les employeurs, le «défi important» du XXIe siècle.
J'emprunte l'expression à la dernière livraison de la revue Effectif, l'excellent périodique de l'Ordre des conseillers en ressources humaines agréés; chaque numéro est bourré d'articles sur les tendances du marché du travail.
Des solutions
Il y a, bien sûr, plusieurs pistes de solution.
La première est de convaincre les boomers de rester plus longtemps sur le marché du travail. Manifestement, c'est commencé.
Les boomers ont traversé la récession sans une égratignure, et même avec des gains substantiels sur le marché du travail.
Depuis octobre 2008, les travailleurs âgés de 55 ans et plus ont gagné 144 000 emplois au Canada.
C'est un signe assez évident qu'ils préfèrent, pour toutes sortes de raisons, continuer à travailler.
Le fait que leurs salaires ont augmenté plus rapidement que la moyenne y est peut-être pour quelque chose. Pendant la même période, les travailleurs âgés de moins de 54 ans perdaient 404 000 emplois.
On peut certainement penser que dans le marché du travail de demain, les entreprises compenseront les pénuries de main-d'oeuvre en tentant de convaincre leurs vétérans de rester au boulot.
D'autant plus qu'on reconnaît de plus en plus les qualités professionnelles des travailleurs âgés. Ils ont accumulé des connaissances vitales et une expérience considérable, ils possèdent bien la culture de l'entreprise et ils ont bâti un vaste réseau de contacts.
Malgré les mesures incitatives, les boomers seront nombreux à quitter le marché du travail; ceux qui resteront seront loin d'être en nombre suffisant pour combler les besoins.
Le recrutement de la main-d'oeuvre est l'autre volet-clé du défi du XXIe siècle.
On a des chances, à cet égard, d'assister à des transformations radicales.
Pour attirer des candidats qualifiés, les entreprises devront se mettre à l'heure de la conciliation travail-famille, développer de nouveaux programmes d'heures variables, de récompenses, rendre le milieu de travail plus attrayant. Autrement dit, et je cite toujours la revue Effectif, de devenir des «employeurs de choix».
Nouvelle réalité
Aujourd'hui, certaines entreprises éprouvent des difficultés à recruter des travailleurs compétents. Imaginez ce que ce sera en pleine pénurie, dans 10 ou 15 ans.
Il semble assez clair que les entreprises qui tarderont à s'adapter à la nouvelle réalité du marché du travail paieront fort cher leur négligence.
Une autre tendance qui a des chances de prendre de la vitesse est le retour des retraités sur le marché du travail.
Au début, la retraite à 55 ans, c'est bien amusant.
Mais après quelques années à tourner en rond à la maison, «Ramon trouvait ça moins le fun», comme disait Robert Charlebois.
Certains employeurs sont trop heureux de les accueillir. Si vous êtes allé chez votre marchand de matériaux récemment, probablement avez-vous déjà entrevu parmi le personnel quelques vendeurs têtes grises, menuisiers ou électriciens à la retraite, trop heureux de partager leurs connaissances avec les clients.
Tout le monde y gagne. Pour le retraité, c'est une façon de s'occuper deux ou trois jours par semaine en se faisant un revenu d'appoint.
L'employeur gagne un représentant expérimenté et compétent, pour pas cher.
Le client est satisfait des explications fournies par un expert.
Pour joindre notre chroniqueur: claude.picher@lapresse.ca
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