Être visionnaire: un long processus

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L'art de vendre sa vision

L'art de vendre sa vision

On dit que la foi peut déplacer les montagnes. Il en va certainement de même pour les entrepreneurs qui ont de la vision. Prenez le cas de Moty Cohen. L'homme d'affaires montréalais a créé des produits novateurs destinés aux salons de coiffure que même les multinationales n'ont pas réussi à mettre au point. »

(Montréal) La vision, ça se cultive. Quiconque aspire à devenir un entrepreneur visionnaire doit y consacrer beaucoup de temps. Bref, les formules qui feront de vous un visionnaire en affaires du jour au lendemain n'existent tout simplement pas. C'est ce que soutient Louis Jacques Filion, professeur titulaire au service de l'enseignement du management à HEC Montréal.

L'homme sait de quoi il parle: il enseigne et coordonne le cours Pensée visionnaire et entrepreneuriale depuis 20 ans. Et il a interrogé et écrit sur un nombre substantiel de visionnaires québécois (Jean Coutu, Rémi Marcoux, Bernard Lemaire, Luc Maurice, etc.) au cours de sa carrière.

«Cette règle s'applique même chez les jeunes qui ont fait fortune dans le domaine des jeux vidéo et du multimédia. Certains d'entre eux n'ont que 20 ans, mais connaissent et maîtrisent leur sujet depuis une dizaine d'années», explique celui qui est également titulaire de la chaire d'entrepreneuriat Rogers-J.-A.-Bombardier.

Le processus visionnaire commence par une passion, expose Louis Jacques Filion. «On apprend de ce qu'on aime. Pour devenir un visionnaire, il faut passer des heures, des mois, voire des années à parfaire nos connaissances dans le domaine qui nous intéresse. Les visionnaires n'apprennent pas en lisant, mais en observant. Ils interrogent les clients, les utilisateurs. Ils sont près des maillages; ils voient loin dans la chaîne d'utilisation des produits», dit-il.

Pour résumer très sommairement, la vision se développe généralement en trois étapes: il faut tout d'abord cultiver la passion que l'on a pour un domaine donné. Ensuite, il faut l'articuler. Enfin, il faut réfléchir sur les façons de mettre sa vision en oeuvre.

Peu importe l'étape, vaut mieux ne pas travailler seul, recommande Louis Jacques Filion. «Il faut avoir un mentor, un complice, un facilitateur ou toute autre personne de confiance. Il est également utile d'avoir un conseil composé de membres extérieurs, de gens d'expérience», explique l'auteur du best-seller Vision et relations: clefs du succès de l'entrepreneur.

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