Les femmes font lentement leur place en génie

Ève Langelier est professeure agrégée en génie mécanique... (Photo fournie par Ève Langelier)

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Ève Langelier est professeure agrégée en génie mécanique à l'Université de Sherbrooke et titulaire de la Chaire pour les femmes en sciences et en génie du CRSNG (Québec).

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Ingénieurs

Ingénieurs

On a beaucoup parlé du web 2.0, mais qu'est-ce que l'industrie 4.0? C'est la quatrième révolution industrielle en train de transformer le génie grâce à l'utilisation des données. Dans plusieurs secteurs, le Québec réussit déjà à se distinguer dans le monde. Coup d'oeil sur ces nouveaux créneaux. »

Emilie Laperrière

Collaboration spéciale

La Presse

Un métier non traditionnel pour les femmes, le génie ? De moins en moins. Des modèles inspirants existent dans toutes les sphères de l'ingénierie et elles sont plus nombreuses qu'auparavant à se tourner vers la profession. Il reste toutefois du travail à faire.

Selon les derniers chiffres de l'Ordre des ingénieurs du Québec (OIQ), les femmes ne représentent qu'un maigre 13,6 % de l'ensemble des ingénieurs. On a toutefois fait du progrès dans les 20 dernières années, puisqu'en 1993-1994, elles n'étaient que 6,5 %.

La proportion d'ingénieures varie aussi selon les disciplines. Le génie de l'environnement est le secteur qui attire le plus de femmes, où elles représentent 31 % de la main-d'oeuvre. À l'opposé, on n'en compte que 7 % en génie mécanique.

« Pour qu'on ne se sente pas en minorité, on doit être un tiers d'un groupe. On est encore loin du compte dans certaines branches ! Il y a aussi le "phénomène du tuyau percé" : il y a plus de femmes sur les bancs d'école, mais plusieurs d'entre elles quittent l'industrie », constate Ève Langelier, professeure agrégée en génie mécanique à l'Université de Sherbrooke et titulaire de la Chaire pour les femmes en sciences et en génie du CRSNG (Québec).

ENCORE DES EMBÛCHES

Ève Langelier a déjà subi de la discrimination. « Un professeur m'avait suggéré pour un stage, mais l'entreprise ne m'a pas choisie parce qu'elle ne voulait pas de femme. J'ai aussi été sifflée par des collègues lors de mes deux stages », se souvient la chercheuse.

Sans compter qu'un patron lui a déjà dit que ce n'était pas le bon moment pour tomber enceinte. « Finalement, je suis tombée enceinte le même jour ! Je pense que je ne voulais pas me faire dicter quoi faire », dit-elle en riant.

Elle estime que dans les entreprises en démarrage ou dans celles où la compétition est forte, il est plus difficile pour les ingénieures de faire leur place. Sur les chantiers de construction également. « Certains ont encore une mentalité vieux jeu. On m'a déjà dit que des entrepreneurs avaient deux piles de CV, ceux des femmes allant directement à la poubelle. Il y a encore un biais, parfois inconscient, envers elles. »

C'est une réalité qui change toutefois tranquillement.

« C'était plus difficile pour les pionnières, il y avait peu de modèles de femmes en génie avant. Aujourd'hui, le chemin a été tracé. Dans presque tous les métiers de la construction, on retrouve assez d'exceptions féminines pour donner des exemples. »

- Véronique Barry, ingénieure de projet, transport et ponts, chez CIMA+

DES SIGNES ENCOURAGEANTS

Caroline Boudoux, professeure agrégée en génie physique à la Polytechnique, n'a pas rencontré d'obstacle dans son parcours. « Il y avait très peu de femmes pendant mes études, mais je ne l'ai pas vraiment remarqué. On était tous unis par la difficulté des cours ! Être une femme n'a jamais été une embûche pour moi. Bien sûr, j'ai quelques anecdotes, on en a toutes, mais ce sont des incidents mineurs. Je suis épanouie, et c'est le cas de la majorité des femmes que je côtoie. »

Celle qui enseigne depuis huit ans admet que le contexte est peut-être différent à la Polytechnique. « L'école a un historique particulier, ce qui fait qu'il y a une préoccupation pour bien accueillir les femmes, autant comme étudiantes que comme professeures. J'ai senti un effort additionnel pour m'intégrer au groupe », assure-t-elle.

DES INITIATIVES

Il faut dire que de nombreux efforts ont été faits dans les dernières années pour encourager les femmes de génie. « Les programmes font une différence. On voit de plus en plus de femmes », estime Véronique Barry.

Au Québec, on peut compter non seulement sur les chaires de recherche vouées aux femmes, mais aussi sur l'activité Future ingénieure ?, qui offre aux élèves du collégial la possibilité de passer une journée complète avec un ingénieur pour se familiariser avec la profession. Le site web de F-Stim propose aussi des portraits de femmes en sciences, technologies, ingénierie et mathématiques.

L'OIQ travaille également à promouvoir l'intégration des femmes à la profession. L'Association de la francophonie à propos des femmes en sciences, technologies, ingénierie et mathématiques a, pour sa part, réalisé un ouvrage pour l'enseignement équitable des sciences et des technologies.

Caroline Boudoux déplore néanmoins le fait que les filles qui veulent avoir un impact sur la société ne pensent pas à se tourner vers l'ingénierie. « Notre métier est pourtant passionnant. Il a même un côté glamour : je voyage plus que n'importe quel artiste ! Le génie peut changer le monde. »

Une affirmation avec laquelle Ève Langelier ne peut qu'être d'accord. « Je répète souvent à mes étudiantes que les filles peuvent être heureuses en génie. Les possibilités sont là. Et les femmes amènent avec elles de nouvelles perspectives et de nouvelles préoccupations. » L'avenir s'annonce donc meilleur pour les femmes en génie, mais il faut continuer l'éducation, la sensibilisation... et s'armer de patience.

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