Le génie au féminin: lentement, mais sûrement

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Caroline Boudoux, ingénieure junior. Elle n'a pas encore... (Photo fournie par l'École polytechnique)

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Photo fournie par l'École polytechnique

Caroline Boudoux, ingénieure junior. Elle n'a pas encore passé l'examen de l'Ordre. Elle est aussi professeure en génie biomédical à l'École Polytechnique.

Nathalie Côté, collaboration spéciale
La Presse

Traditionnellement masculine, la profession d'ingénieur accueille de plus en plus de femmes. En 2002, elles représentaient à peine 10% des effectifs, selon l'Ordre des ingénieurs du Québec. Aujourd'hui, ce taux est grimpé à 13%.

La progression devrait se poursuivre puisque 16% des étudiants au baccalauréat en génie en 2012 étaient des femmes, selon Ingénieurs Canada.

«L'Ordre s'associe à plusieurs organisations et événements qui font la promotion des sciences appliquées auprès des jeunes filles, indique Aline Vandermeer, conseillère en communications à l'Ordre des ingénieurs du Québec.

Cette année, nous avons aussi organisé un événement pour présenter des parcours de femmes qui se démarquent dans le monde du génie. L'objectif était de valoriser l'apport des femmes à la profession et de proposer des modèles inspirants à la relève.»

Des disciplines populaires

Cela dit, certaines disciplines sont plus populaires que d'autres auprès de la gent féminine. Ainsi, le quart des ingénieurs biomédicaux est constitué de femmes et il y en a presque autant en génie chimique.

D'ailleurs, à l'École Polytechnique, les hommes sont aujourd'hui minoritaires dans le programme de génie biomédical, soit 56 sur 129 étudiants. En génie chimique, il y a presque parité.

«Il y a un élément circonstanciel en génie biomédical, remarque Caroline Boudoux, chercheuse et professeure en génie biomédical à l'École Polytechnique. C'est l'un des deux seuls programmes contingentés à l'École Polytechnique. Comme les filles ont tendance à avoir de meilleures notes, elles sont plus nombreuses. Mais c'est aussi une question d'intérêt. On ne constate pas ce phénomène dans l'aérospatial, l'autre programme contingenté.»

Les disciplines dans lesquelles on retrouve le moins de femmes sont le génie mécanique (8%) et le génie électrique (9%).

D'ailleurs, bien des employeurs ont été surpris de découvrir qu'une femme se cachait derrière le nom de l'ingénieure électricienne Dominique Jobin. «Même à mes remises de diplômes, on m'a toujours appelée M.Jobin», raconte-t-elle en riant.

Un milieu de gars

C'est à l'école secondaire (pour filles!) que Mme Jobin s'est découvert une passion pour les sciences. Après une technique en génie électrique où elle était la seule femme parmi 120 étudiants, elle a poursuivi ses études à l'École de technologie supérieure (ETS). Actuellement employée chez Vidéotron, elle compte 83 collègues, tous masculins.

Elle assure n'avoir pas réellement souffert de la situation.

«J'ai eu un prof misogyne, mais j'ai obtenu une révision de notes. Quant aux étudiants, ils se conduisaient avec moi comme des grands frères, assure-t-elle. En fait, il y avait même un préjugé positif à mon égard, car les filles ont la réputation d'être plus travaillantes.»

N'empêche qu'on lui a déjà refusé un stage sur un plateau de forage sous prétexte qu'il n'y avait pas de toilettes pour femmes. Mais elle dit n'avoir jamais senti de discrimination de la part des employeurs.

Caroline Boudoux, elle, a hésité entre la médecine et l'ingénierie. Elle a finalement étudié en génie physique avant de faire un doctorat combinant médecine et génie nucléaire dans un programme spécial du Massachusetts Institute of Technology et de l'Université Harvard.

Or, la physique attire une clientèle majoritairement masculine. «Je n'ai jamais vraiment réalisé que j'étais une femme dans un milieu d'hommes jusqu'à ce que je devienne professeure et qu'on me pose constamment la question, assure-t-elle. Nous étions tellement stressés par nos études qui étaient très compliquées que nous nous entraidions sans égard pour les différences.» Dès la fin de sa formation, elle a été embauchée comme professeure.

Toutes les deux adorent la profession et n'hésitent pas à en faire la promotion auprès de la relève. «Il faut continuer à intéresser les jeunes au génie, note Mme Boudoux.

Ils doivent réaliser, peu importe leur sexe, leur culture ou leur milieu économique, à quel point la formation d'ingénieur est importante pour l'avenir du Québec. Il faut attirer les meilleurs talents. Le génie, c'est le futur.»

Proportion de femmes selon la discipline

Génie biomédical: 25%

Génie chimique: 24%

Génie géologique: 17%

Génie civil: 16%

Génie industriel: 16%

Génie informatique: 13%

Génie électrique: 9%

Génie mécanique: 8%

(Source: Ordre des ingénieurs du Québec)

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