Génie et éthique, un sujet chaud

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Daniel Lebel est président de l'Ordre professionnel des... (Photo Alain Roberge, La Presse)

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Photo Alain Roberge, La Presse

Daniel Lebel est président de l'Ordre professionnel des ingénieurs du Québec.

Martin Beauséjour, collaboration spéciale
La Presse

Les pressions auxquelles les ingénieurs sont soumis sont nombreuses. Mais comment savoir quand la frontière éthique est franchie? Et surtout, comment réagir?

Perquisitions dans des bureaux d'ingénieurs, allégations de conflits d'intérêts ou tentatives de corruption, manque d'équité, danger pour la santé et la sécurité des travailleurs ou du public: certains ingénieurs se retrouvent devant des situations où l'éthique entourant leur profession est mise en doute. Quand considère-t-on que la barrière est franchie?

Daniel Lebel, président de l'Ordre professionnel des ingénieurs du Québec, suggère de répondre à trois questions. Si ma décision est rendue publique, est-ce que je serais à l'aise? Mon choix, ou mon action, pourrait-il servir d'exemple pour l'ensemble de la profession? Si je subissais les conséquences de ma décision, est-ce que je serais heureux?

«Généralement, si les trois réponses sont positives, c'est que l'ingénieur a pris une décision qui respecte le code de déontologie de la profession», souligne-t-il.

Le guide de pratique professionnelle, que l'on peut trouver sur le site de l'Ordre, est aussi un outil auquel l'ingénieur peut se référer en tout temps. Ce code touche cinq domaines: le travail et l'ingénieur, le développement professionnel, les documents d'ingénierie, la loi et l'encadrement de la profession, ainsi que le professionnalisme, l'éthique et la déontologie.

Sujet de l'heure

Les scandales qui ont éclaboussé la profession au cours des dernières années ont amené les différents intervenants à revoir les outils offerts aux ingénieurs.

Depuis le printemps dernier, les membres doivent suivre un nouveau cours obligatoire sur le professionnalisme. «Cette formation interactive est offerte sur l'internet et elle se termine par un examen», précise Daniel Lebel. Rappelons que tous les ingénieurs doivent faire partie de l'Ordre professionnel pour pratiquer leur métier.

Cette formation a pour objectif d'amener les membres de l'Ordre à amorcer une réflexion sur le professionnalisme. L'Ordre souhaite également donner des outils à ses membres afin qu'ils saisissent mieux l'importance des aspects éthiques et déontologiques entourant leur rôle professionnel.

Rappelons qu'en 2010, l'Ordre et le bureau du syndic ont lancé la ligne 1-877-ÉTHIQUE pour les membres et le public. Bien plus qu'une ligne «de dénonciation», ce service regroupe des enquêteurs, des ingénieurs, des avocats et des recherchistes, qui répondent aussi bien aux questions du public qu'à celles des membres qui croient avoir été témoins d'une mauvaise pratique de la part d'un ingénieur.

Selon le site de l'Ordre, ces mesures s'intègrent dans le Plan stratégique 2010-2015, qui vise à rétablir la confiance du public et à suivre l'évolution de la profession. Avec ces mesures, «c'est 1,3 million de plus que l'Ordre investit chaque année pour s'attaquer aux problèmes éthiques».

L'éthique à l'université

Selon Bernard Lapierre, chargé de cours et coordonnateur de l'unité d'éthique à Polytechnique Montréal, le problème est plus profond. «C'est la performance à tout prix qui compte maintenant. C'est un mal de société qui ne touche pas seulement les ingénieurs», souligne-t-il.

M. Lapierre donne aux étudiants de premier cycle un cours obligatoire sur l'éthique appliquée à l'ingénierie. La formation couvre plusieurs aspects, comme le statut de l'ingénieur et les valeurs liées à la profession, les lois et les règlements entourant le métier d'ingénieur, ainsi que l'éthique et la déontologie.

L'étudiant est aussi appelé à lire et à commenter plusieurs études de cas. L'École Polytechnique est un des seuls établissements au Canada à imposer un cours d'éthique à l'ensemble de ses étudiants.

Comment savoir quand l'ingénieur franchit la frontière éthique? «Quand il arrête de réfléchir», conclut Bernard Lapierre.

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