Trump: chaque firme de génie-conseil a sa stratégie

Les élans protectionnistes du nouveau président américain Donald... (Photo Alex Brandon, Archives Associated Press)

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Les élans protectionnistes du nouveau président américain Donald Trump causent une certaine incertitude chez les gens d'affaires.

Photo Alex Brandon, Archives Associated Press

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Ingénieurs-conseils

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Après des années de scandales dans l'attribution de contrats publics, la commission Charbonneau et ses recommandations, le gouvernement québécois passe à l'action. Si l'Association des firmes de génie-conseil (AFG) voit certaines lacunes dans les solutions proposées, elle se réjouit de voir le gouvernement aller de l'avant alors qu'il investira prochainement des milliards en infrastructures. »

Martine Letarte

Collaboration spéciale

La Presse

Les élans protectionnistes du nouveau président américain Donald Trump causent une certaine incertitude chez les gens d'affaires. Pour les firmes de génie-conseil québécoises actives aux États-Unis, la stratégie adoptée varie selon leurs activités et leur positionnement dans le marché. Trois firmes témoignent.

Le concept du magasin Zara, dans la 5e... (Photo fournie par Aedifica) - image 1.0

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Le concept du magasin Zara, dans la 5e Avenue, à New York, a été réalisé par Aedifica.

Photo fournie par Aedifica

AEDIFICA S'ENRACINE SUR LE SOL AMÉRICAIN

Un bureau à St. Louis, au Missouri, depuis 16 ans avec 55 employés en ingénierie électromécanique et structurale, un nouveau bureau à New York, une part importante de ses profits réalisés aux États-Unis : la firme de génie et d'architecture Aedifica brasse de grosses affaires aux États-Unis. « Nous réalisons énormément de concepts et de plans pour des projets commerciaux de grandes chaînes un peu partout, de Porto Rico à Hawaii », explique Michel Dubuc, président d'Aedifica. « Pour les Américains, tant que la Bourse va bien, le reste suit, constate Michel Dubuc. Nous continuons d'avoir beaucoup de projets, notre bureau à St. Louis est en croissance et ce qui nous nuit, en fait, c'est que nous sommes en déficit de personnel. Avec seulement 4,5 % de chômage aux États-Unis, c'est très difficile d'embaucher. » Sa seule crainte avec l'arrivée de Trump ? Qu'une renégociation substantielle de l'ALENA rende plus difficile le passage à la frontière des Canadiens qui vont faire des affaires aux États-Unis. « En ce moment, nous traversons facilement, mais si ça devient difficile, ce sera plus dérangeant pour les affaires », affirme le président. « Tout de même, plus nous sommes bien implantés aux États-Unis, plus ce sera facile de continuer d'avancer malgré des pressions protectionnistes, croit M. Dubuc. L'arrivée de Trump a fortifié notre volonté d'être bien présent sur le territoire américain. »

SNC-LAVALIN MISE SUR LA DIVERSIFICATION

Deux contrats d'une valeur de plusieurs millions de dollars viennent d'être obtenus par SNC-Lavalin aux États-Unis. L'un pour des services-conseils dans des projets d'approvisionnement en locomotives électriques et voitures avec la Southeastern Pennsylvania Transportation Authority. L'autre avec le consortium responsable de la réalisation du projet Purple Line de la Maryland Transit Administration. « Nous avons plusieurs bureaux aux États-Unis avec environ 2000 employés, et l'an dernier, 11 % de nos revenus ont été réalisés aux États-Unis », indique Sylvain Girard, chef des affaires financières chez SNC-Lavalin. L'entreprise voit la volonté de Donald Trump d'augmenter les investissements en infrastructures d'un bon oeil. « D'abord, un marché américain fort en infrastructures peut nous aider à y croître, mais aussi, je crois que cela fera en sorte que nos concurrents américains se concentreront sur leur marché local », indique M. Girard. Comme le plus grand marché de SNC-Lavalin demeure le Canada, la firme a l'intention d'y investir beaucoup d'efforts pour obtenir de grands contrats en infrastructures et transport. SNC-Lavalin est d'ailleurs déjà présélectionnée notamment pour le pont Gordie-Howe entre Windsor et Detroit et pour le tunnel George-Massey, à Vancouver. Au Québec, la firme est préqualifiée pour le Réseau électrique métropolitain (REM). SNC-Lavalin compte aussi continuer d'être active dans ses autres grands marchés comme le Moyen-Orient et l'Australie.

NORDA STELO JOUE DE PRUDENCE

Norda Stelo, anciennement Roche, travaille avec plusieurs entreprises manufacturières exportatrices québécoises et les accompagne pour réaliser des projets partout dans le monde. Mais en ce moment, du côté des États-Unis, la firme de génie-conseil sent l'impact de l'incertitude. « Personne ne sait sur quel pied danser avec l'ALENA notamment, alors tout le monde attend avant de lancer des projets liés aux États-Unis », constate Alex Brisson, président et chef de la direction de Norda Stelo. Par contre, il est convaincu que cette incertitude fera en sorte que les entreprises manufacturières québécoises sentiront plus de pression pour s'assurer de maintenir leur avantage concurrentiel. « Pour améliorer leur productivité afin de garder leur place dans le marché, elles devront investir dans l'industrialisation 4.0, et nous avons une belle expertise dans ce domaine, alors c'est une occasion pour nous », ajoute Alex Brisson. Norda Stelo a un bureau à Salt Lake City, qu'elle a ouvert il y a quelques années pour accompagner son client Rio Tinto Alcan. Toutefois, la chute du prix des matières premières a ralenti considérablement les activités de ce bureau.




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