L'autre monde forestier

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Industrie forestière

Industrie forestière

L'industrie forestière québécoise a durement ressenti la décision du gouvernement américain d'imposer des droits de douane de 20% sur le bois d'oeuvre canadien. Devant cet obstacle, les acteurs d'ici se trouvent face à un obstacle supplémentaire pour demeurer compétitifs sur le sol américain. Et c'est probablement par leurs innovations que les firmes québécoises peuvent maintenir, voire améliorer, leur position. »

L'industrie forestière, pour la plupart d'entre nous, ce sont les grandes... (Photos Stéphane Champagne, collaboration spéciale)

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Photos Stéphane Champagne, collaboration spéciale

Guy Paquin, collaboration spéciale
La Presse

L'industrie forestière, pour la plupart d'entre nous, ce sont les grandes papetières qui récoltent des tonnes de bois dans la grande forêt publique boréale. Cette forêt publique, appartenant à l'État québécois, fait 35 millions d'hectares, soit les deux tiers de la superficie de la France. Mais à côté de la forêt publique, il y a la moins connue et pourtant gigantesque forêt privée.

La forêt privée québécoise est immense: 6,6 millions d'hectares. À titre de comparaison, c'est 164 fois la superficie de Montréal ou deux fois la Gaspésie. Cet espace boisé appartient à de petits propriétaires, 130 000 Québécois. Ils s'y emploient aux activités bien connues des citadins: récolte d'eau d'érable, de sapins de Noël et de bois de chauffage.

Ce qui est moins connu, c'est que ces producteurs privés sont également de très importants fournisseurs de bois aux usines de sciage et aux papetières. «En dehors de la période de crise actuelle, la forêt privée livre annuellement 6 millions de tonnes de bois aux usines de sciage et de papier, estime Marc-André Côté, directeur général de la Fédération des producteurs forestiers du Québec affiliée à l'UPA. Ça représente une valeur de 300 millions de bois.»

Nos propriétaires de forêts petites, moyennes et grandes livrent de 10 à 15% des bois résineux débités dans les usines de sciage et de papier et 30% de leurs feuillus. Le reste provient de la forêt publique. Les bois privés les plus actifs dans le secteur industriel sont dans le Bas-Saint-Laurent, l'Estrie et la grande région de Québec.

Le régime de gestion de la forêt privée diffère grandement de celui de la forêt publique. Pour cette dernière, l'État cède des droits de coupe aux papetières et, en principe, veille au respect de la ressource. Le Forestier en chef du Québec, qui relève du ministère des Ressources naturelles, est le gardien de la ressource forestière collective. Il établit les quantités maximales à prélever et les programmes d'entretien et de reboisement.

«Dans la forêt privée, les règlements de coupe sont déterminés, le plus souvent, par les Municipalités régionales de comté (MRC), distingue Raynald Arial, président-directeur général de Gestion Solifor, le bras forestier du Fonds de solidarité de la FTQ (voir encadré). Nous ne dépendons donc pas du Forestier en chef en ce qui concerne le contrôle de l'abattage et, comme nous sommes propriétaires de nos arbres, nous n'avons pas à payer de droits de coupe, comme c'est le cas des papetières dans la forêt publique.»

Quelques grandes forêts privées

Nos propriétaires de forêts privées possèdent en moyenne 45 hectares (0,45 km2) plantés en arbres. Mais à côté de ces modestes bois, il y a des géants. Le plus gros propriétaire privé est Investissement Québec, avec 450 000 hectares de forêts. Ce statut résulte de deux achats de forêts à des papetières. En juin 2006, Investissement Québec acquérait 61 000 hectares de la papetière Bowater en Gaspésie. Et en novembre 2009, autre acquisition, celle-là de 389 000 hectares, auprès de Smurfit Stone au nord de La Tuque. Lui aussi grand propriétaire, le Fonds de solidarité de la FTQ a notamment acquis 120 000 hectares de forêt privée de Résolu en Abitibi. Et pour finir en odeur de sainteté, rappelons que le Séminaire de Québec détient 15% de la forêt de Charlevoix, soit 55% des bois privés de la région.

Enjeux

La crise de la construction domiciliaire américaine et la chute de la demande pour le papier ont un impact sur nos propriétaires de forêts privées. Les revenus qu'ils tirent de leurs bois (revenus industriels et artisanaux tels produits d'érable, arbres de Noël et bois de chauffage) ont baissé de 16% à 498 millions de dollars entre 2002 et 2011. Pour la même période, le nombre de mètres cubes de bois livrés aux usines est en recul de 44% à 3,7 millions.

6.6 millions d'hectares

Superficie de la forêt privée québécoise. Ce qui représente deux fois la Gaspésie.

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