Vente d'entreprise: une retraite sans épines

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Dès le 1er janvier, Francine Beaudet et son... (Photo Émilie O'Connor, collaboration spéciale)

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Photo Émilie O'Connor, collaboration spéciale

Dès le 1er janvier, Francine Beaudet et son conjoint Cyrille Côté céderont les commandes à leurs filles.

Marc Tison
La Presse

Ce n'est pas la vente de leurs boutiques de fleurs qui assure la retraite de Francine Beaudet et de Cyrille Côté. Ils avaient pris d'autres précautions.

Plus que 25 jours. Pour Francine Beaudet et son conjoint Cyrille Côté, la fin de l'année 2012 marque aussi le terme de leur longue aventure à la tête de l'entreprise qu'ils ont fondée en 1976.

Le 1er janvier prochain, leurs filles Isabelle et Mariève prendront les commandes des trois boutiques de fleurs Le Centre des roses, dans la région de Trois-Rivières.

Bref, Francine et Cyrille prennent leur retraite. On sent toutefois leur déchirement. «Il y a des gens qui rêvent de prendre leur retraite, exprime Francine. Ce n'était pas notre cas.»

Ils ont respectivement 56 et 59 ans. Ils étaient à peine âgés de 20 ans quand ils ont ouvert leur première boutique. Une deuxième a suivi en 1988, et une troisième six ans plus tard.

Isabelle et Mariève sont revenues de Montréal pour travailler dans l'entreprise familiale au milieu des années 2000. Puis est venu le temps de leur faire davantage de place. L'échéance de la fin de 2012 est une manière de compromis, arrêté il y a deux ans, entre les ambitions de la jeune génération et la passion inentamée des fondateurs.

La cession de l'entreprise se fait sous la forme d'un solde de prix de vente dont le remboursement est étalé sur dix ans. «Nos filles n'avaient pas les liquidités», relate Francine Beaudet. «On les finance pour 10 ans, pour leur donner le vent dans les voiles. En même temps, on surveille l'économie, car ce n'est pas rose.»

Transfert

Le transfert se planifie depuis quelques années, avec l'aide de divers consultants. Mais en prévision de leur lointaine retraite, Francine et Cyrille avaient déjà pris d'autres précautions, plusieurs années plus tôt.

«On ne s'est pas fiés à la vente de l'entreprise, décrit Francine Beaudet. Il y a 20 ans, on a acheté un immeuble de quatre commerces et huit logements. On s'était donné comme objectif de ne pas utiliser ces revenus et de les conserver pour notre retraite.»

Leurs revenus de location et de placements leur assurent une retraite confortable, sans qu'ils aient à compter sur le remboursement de la créance. Francine et Cyrille se réservent, en outre, une quinzaine de semaines par année pour donner aux magasins un coup main - rémunéré - durant les périodes d'affluence.

Dans 10 ans, une fois le transfert de l'entreprise terminé, ils prévoient céder leur immeuble à leurs filles, pour qu'elles puissent à leur tour se constituer un fonds de retraite.

En janvier, Francine et Cyrille inaugureront leur nouvelle vie avec un voyage. Ils seront de retour à temps pour répondre à la ruée de la Saint-Valentin. Avec bonheur. «On a été passionnés pendant 36 ans, reconnaît Francine. Ce n'est pas évident de faire ce deuil.»

Un deuil entouré de fleurs, comme il se doit.

Parlons PME et retraite

Le blogue Café PME présente les observations de deux conseillers sur les planifications de retraite comme celle vécue au Centre des roses. Entrez-y pour en discuter: lapresse.ca/PME.

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