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Franchises

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Tout à fait! Les franchises occupent une place essentielle dans l'économie de la province. Et le Québec est un chef de file dans les relations entre franchiseurs et franchisés. Petit exposé sur l'importance de la franchise en affaires. »

Moins d'un an après avoir été franchisé en... (PHOTO STÉPHANE CHAMPAGNE, COLLABORATION SPÉCIALE)

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PHOTO STÉPHANE CHAMPAGNE, COLLABORATION SPÉCIALE

Moins d'un an après avoir été franchisé en restauration rapide sous la bannière ThaïZone à Bromont, Jean-Benoit Nadeau pense déjà ouvrir une seconde franchise.

Stéphane Champagne, collaboration spéciale
La Presse

Jean-Benoit Nadeau, 31 ans, était analyste biomédical dans les laboratoires du CHUS, à Sherbrooke. Son rêve de diriger une entreprise a toutefois pris le dessus. Depuis juin 2012, il est franchisé en restauration rapide sous la bannière ThaïZone, à Bromont. Si, comme lui, l'univers des franchises vous intéresse, sachez que ce type de partenariat comporte son lot d'obligations et d'exigences. Bref, mieux vaut maîtriser les aspects juridiques et économiques de la franchise avant d'apposer sa signature au bas d'un contrat.

«À la base, il faut comprendre qu'une franchise, c'est comme un bail. Ce bail, assorti d'une option de renouvellement, dure habituellement entre 5 et 20 ans», explique Jean H. Gagnon. L'avocat montréalais s'intéresse aux franchises depuis 40 ans, ce qui en fait une sommité en la matière au Québec.

Aussi, ajoute le prolifique auteur de 19 ouvrages sur les PME et les franchises, un franchisé est à mi-chemin entre un gérant et un propriétaire d'entreprise. «Ce n'est pas un simple gérant, car il prend des risques en investissant son propre argent. En contrepartie, ce n'est pas un entrepreneur à part entière, car il n'a pas le plein contrôle de ses activités; il doit répondre aux exigences du franchiseur. Cela dit, ce type de partenariat fait l'affaire de bien des gens même si, bien souvent, c'est dans des secteurs hautement concurrentiels.»

Et puis, détenir une franchise n'est pas une panacée, tient à préciser Jean H. Gagnon. Autrement dit, même les franchiseurs les plus solides et les mieux cotés ne sont pas à l'abri des ennuis. «Je pense entre autres à Dunkin Donuts. Dans les années 80 et 90, il y en avait 225 succursales au Québec. Il en reste aujourd'hui moins de 10.» Un jugement a été rendu l'été dernier dans lequel des franchisés recevront une compensation de 16,4 millions. «La cause est en processus d'appel», dit-il.

Les coûts

Autres éléments essentiels dont il faut tenir compte, selon l'avocat: la différence entre le prix d'une franchise et le coût total d'un projet, mais aussi les redevances, les frais de publicité, voire les autres frais dont le franchisé devra s'acquitter, comme de la formation sur mesure.

Jean-Benoit Nadeau, franchisé de ThaïZone pour un terme de 10 ans, n'a eu qu'à payer 25 000$ de franchise (ou de «droit initial», comme on dit dans le jargon légal). Toutefois, aménager son resto sur le bord de l'autoroute 10, à Bromont, lui a coûté 500 000$. À ce prix-là, tout est compris: l'équipement de cuisson, les comptoirs réfrigérés, le mobilier, l'équipement nécessaire pour la mise en place d'un service au volant, etc.

Comme c'est souvent le cas pour les plus «petites» franchises, c'est M. Nadeau et son partenaire d'affaires qui financent le projet. Le jeune homme dit avoir profité de l'aide du propriétaire du bâtiment (qui abrite également un Burger King), ce qui l'a grandement aidé. «Ça va très bien. On cherche à ouvrir une deuxième franchise», dit Jean-Benoit Nadeau, affairé devant un wok.

Investissements partagés

Mais dans certains cas, notamment une franchise d'un magasin Canadian Tire (dont les coûts pour un projet atteignent facilement de 15 à 20 millions), le franchisé est financé par le franchiseur. Idem chez Jean Coutu (coût de projet entre 3 et 5 millions), où Jean H. Gagnon a déjà travaillé.

«Sans le soutien du franchiseur, il faudrait être riche pour pouvoir ouvrir sa propre pharmacie ou son propre Canadian Tire. Cela dit, les franchiseurs qui font du financement ne font pas de cadeau. Ça demeure de la business. Mais je dois avouer que Jean Coutu a donné naissance à bien des millionnaires au Québec. Mais ça, c'est parce que les franchisés ont travaillé très fort», dit-il.

Il ne faudrait pas passer sous silence le système de redevances, de même que le fonds de publicité que la très grande majorité des franchisés doivent verser (sur une base hebdomadaire) à leur franchiseur. Ceux-ci sont calculés sur les revenus bruts, excluant les taxes, et varient entre 4% et 7%.

Redevances

Chez ThaïZone, les redevances sont de 6% et le fonds de publicité représente 2%. Chez Cora, c'est respectivement 6% et 3%. Dans les pharmacies franchisées comme Jean Coutu, les redevances sont généralement de 5%. Mais dans les Uniprix (qui sont des bannières et non des franchises), la redevance n'est que de 2% et cesse lorsqu'un plafond de 100 000$ est atteint.

Chez Cora Déjeuner, une franchise «clés en main» coûte entre 650 000$ et 800 000$. Cela comprend tout, explique Nicholas Tsouflidis, président de la célèbre chaîne de restaurants de déjeuners fondée par sa non moins célèbre mère, Cora Tsouflidou.

Ce franchiseur compte 131 restaurants d'un océan à l'autre. Une franchise de Cora dure 10 ans et est assortie de deux options de 5 ans, pour un total de 20 ans. Après 10 ans, le franchisé est tenu de rafraîchir son restaurant, en remplaçant par exemple le mobilier ou certaines pièces d'équipement dans la cuisine.

Depuis la crise financière de 2008, l'ouverture de nouvelles franchises est moins forte chez Cora. Nicholas Tsouflidis reçoit néanmoins des demandes toutes les semaines de gens désireux d'ouvrir un restaurant portant le nom de sa maman. «Je leur demande s'ils sont allés voir d'autres formules de franchises comme Tim Hortons ou St-Hubert, dit-il. Aussi, je les invite à visiter le site du Conseil québécois de la franchise ou celui de la Canadian Franchise Association (CFA), où il y a des questionnaires permettant de savoir si on est fait pour être franchisé.»

Chez ThaïZone, ça ne dérougit pas, affirme Vincent Blanchette, coactionnaire de la bannière fondée à Québec en 2007. Le franchiseur prévoit doubler son nombre de succursales en 2013, passant de 16 à 31. «On veut être le McDo du thaï», dit celui qui est en pourparlers pour ouvrir un premier comptoir ThaïZone en Floride.

Maintenant, la question à 100$: une franchise peut-elle prendre de la valeur? A-t-elle une quelconque valeur de revente? Oui, répond Jean H. Gagnon. «Mais ce n'est pas auprès du franchiseur que le franchisé trouvera sa plus-value. Il devra s'entendre avec son franchiseur et trouver un nouveau franchisé qui sera prêt à payer pour la fréquentation et la réputation que la succursale a acquises», dit Me Gagnon.

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