Formation en aérospatiale: le Québec se démarque à l'échelle mondiale

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Formation en aérospatiale

Formation en aérospatiale

Le rythme des embauches devrait se maintenir dans l'industrie aérospatiale au cours des 10 prochaines années. Les établissements de formation adaptent leur offre à cette perspective, avec un objectif affirmé : réagir le plus rapidement possible aux besoins des entreprises du secteur. »

Didier Bert

Collaboration spéciale

La Presse

Comment former des élèves et étudiants à la nouvelle donne aérospatiale mondiale? Les établissements de formation québécois répondent en s'alliant pour offrir des formations de pointe, en mettant en place des collaborations intercontinentales pour leurs étudiants et en proposant de nouvelles formations toujours plus imbriquées avec l'industrie.

Créer une formation sur mesure

En succédant à Aérolia Canada, le manufacturier de structures Stelia Amérique du Nord* s'est lancé dans l'installation de systèmes (hydraulique, oxygène, eaux).

Or, en 2013, l'entreprise ne disposait pas d'employés formés à l'installation de systèmes. «Tous les travailleurs formés étaient déjà en emploi», précise Jean Thibodeau, directeur des ressources humaines de Stelia Amérique du Nord. Et aucune formation englobant l'ensemble des systèmes n'existe au Québec.

Stelia a donc conçu un plan de cours sur mesure avec l'École des métiers de l'aérospatiale de Montréal (EMAM).

Après deux mois de cours à l'EMAM, la première cohorte de cinq travailleurs a achevé sa formation dans un lycée privé en aéronautique en France, propriété du groupe Aérolia, avant de se familiariser avec la culture d'entreprise au siège du groupe français.

Et cette première cohorte transmet désormais elle-même ses connaissances aux cohortes suivantes, dès la fin de leur formation à l'EMAM.

*Stelia est issu de la fusion de deux filiales d'Airbus: Aérolia et Sogerma.

Une maîtrise conjointe et... convaincante

«Avant, les étudiants ne voulaient rien savoir de la maîtrise, parce que c'était vu comme de la recherche sans implication dans l'industrie», se rappelle Aouni Lakis, responsable de la maîtrise en génie aérospatial à l'École Polytechnique de Montréal.

Mais les choses ont changé. Les étudiants de la maîtrise professionnelle conjointe en aéronautique suivent des cours dans au moins deux des six universités québécoises impliquées*. Et tous les étudiants font des stages dans des entreprises de l'industrie aérospatiale. «Les professionnels viennent aussi nous montrer des études de cas tirés de la réalité», ajoute M. Lakis.

De quoi convaincre les diplômés en génie aérospatial de poursuivre leurs études une année de plus. Et c'est sans compter que «la maîtrise permet aux étudiants de gagner 20 000$ de plus à l'embauche», se félicite Aouni Lakis.

*École Polytechnique de Montréal, École de technologie supérieure de Montréal, Université Concordia, Université Laval, Université McGill et Université de Sherbrooke.

Jean Colpin est conseiller industriel à l'Institut de... (PHOTO FRANÇOIS ROY, LA PRESSE) - image 2.0

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Jean Colpin est conseiller industriel à l'Institut de génie aérospatial de McGill.

PHOTO FRANÇOIS ROY, LA PRESSE

McGill étoffe l'offre de formation

L'Institut de génie aérospatial de McGill ne fête que son quatrième anniversaire cette année, mais il a déjà fait sa place parmi les établissements de formation en aérospatiale. «Il s'est créé un réel état d'esprit aérospatial», se félicite Jean Colpin, conseiller industriel à l'Institut de génie aérospatial de McGill.

Depuis 2011, la population étudiante est passée de 40 à 250, indique Jean Colpin; une centaine d'entre eux effectuent des stages en entreprises. «Nous maintenons un contact étroit avec les entreprises du secteur, ce qui génère de nouvelles idées de recherches», souligne M. Colpin.

Le partenariat avec l'École de technologie supérieure (ETS) de Montréal sur des projets de formation et de recherche a aussi permis à l'Institut de génie aérospatial de s'allier à un établissement tourné vers l'application industrielle, alors que McGill s'attache plutôt à l'exploration de nouvelles technologies.

Hany Moustapha est le directeur d'AÉROÉTS, la section... (PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE) - image 3.0

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Hany Moustapha est le directeur d'AÉROÉTS, la section aérospatiale de l'ÉTS.

PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE

Des formations intensives de premier plan

Depuis deux ans, l'École de technologie supérieure (ETS) et l'Université McGill offrent des formations accélérées aux professionnels de l'industrie aérospatiale, dans le cadre d'un service conjoint, le Centre aérospatial de perfectionnement (CAPE).

Des experts venus de l'industrie québécoise viennent transmettre leurs connaissances sur des sujets de pointe comme la gestion de la propriété intellectuelle, les meilleures pratiques de gestion en aérospatiale, le givrage aéronautique, etc.

«Ces formations accélérées sont intensives, car nous disposons d'une masse critique d'instructeurs dans la région de Montréal, affirme Hany Moustapha, directeur d'AÉROÉTS, la section aérospatiale de l'ETS. Des professionnels viennent d'Europe pour assister à ces cours.»

Mario Héroux est le directeur de l'École des... (PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE) - image 4.0

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Mario Héroux est le directeur de l'École des métiers de l'aérospatiale de Montréal.

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE

L'EMAM adopte l'amélioration continue

L'École des métiers de l'aérospatiale de Montréal (EMAM) s'apprête à inculquer la culture de l'amélioration continue à ses élèves. «Aujourd'hui, les élèves ne savent pas trop ce qu'est l'amélioration continue, observe Mario Héroux, directeur de l'EMAM. Nous voulons qu'ils arrivent en entreprises en ayant une bonne connaissance de cette culture.»

Après avoir formé son comité de direction, l'EMAM forme présentement ses enseignants, «qui seront nos chefs de file sur le plancher», souligne Mario Héroux.

Dès le mois d'avril, le premier projet visera à éliminer les gaspillages de temps et de matériaux en lien avec le magasin. «Nos élèves auront conscience des gaspillages, et ils seront plongés dans l'état d'esprit de l'amélioration continue», explique M. Héroux.

Les élèves de l'ENA ont assemblé virtuellement un... (PHOTO FOURNIE PAR L'ENA) - image 5.0

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Les élèves de l'ENA ont assemblé virtuellement un vaisseau spatial inspiré de Star Wars.

PHOTO FOURNIE PAR L'ENA

ENA: la conception aéronautique en briques Lego

À l'École nationale d'aérotechnique (ENA), les futurs techniciens apprennent à collaborer à l'international grâce aux briques Lego. Les élèves de Saint-Hubert collaborent à distance avec leurs homologues de quatre établissements de formation à l'étranger* pour modéliser très précisément des pièces en 3D qui seront ensuite assemblées virtuellement... en vaisseau spatial de Star Wars ou en dameuse de pistes de ski.

«Cela fait appel à des enjeux de communication, mais aussi de conception», souligne Louis-Marie Dussault, directeur adjoint aux études de l'ENA. «Quand Bombardier travaille avec ses sous-traitants en Asie, ils travaillent de cette manière.»

*Lycée professionnel Salesians de Sarrià (Espagne), IUT de Bordeaux (France), Universidad de Las Américas (Équateur), Université de l'Idaho (États-Unis).

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