Objectif : 30 % de femmes ingénieures en 2030

Corinne Gauvreau-Lemelin travaille activement avec d'autres étudiants à... (Photo Maxime Picard, Archives La Tribune)

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Corinne Gauvreau-Lemelin travaille activement avec d'autres étudiants à la création d'un groupe visant à promouvoir la diversité dans l'ingénierie à l'Université de Sherbrooke.

Photo Maxime Picard, Archives La Tribune

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Nathalie Côté

Collaboration spéciale

La Presse

Atteindre 30 % de femmes parmi les nouveaux ingénieurs en 2030, c'est l'objectif que s'est fixé Ingénieurs Canada. Au Québec, cette proportion était de 18 % l'an dernier, 1 % au-dessus de la moyenne nationale.

Certaines disciplines, comme les génies géologique, chimique, biologique et biomédical, attirent davantage les femmes, selon un rapport d'Eve Langelier, titulaire de la Chaire pour les femmes en sciences et en génie au Québec. Elles étaient même majoritaires au baccalauréat en génie alimentaire en 2014 !

Le défi est toutefois plus grand dans d'autres disciplines. « Nous sommes 3 filles sur 60 dans ma classe », souligne Corinne Gauvreau-Lemelin, étudiante en génie mécanique à l'Université de Sherbrooke.

Pour elle, qui est issue d'un collège pour filles, c'est tout un changement ! « Avant cela, je n'avais pas réalisé la différence qui existe entre un milieu masculin et féminin, confie l'étudiante. Des fois, l'ambiance est plus sèche, par exemple. »

DES INTÉRÊTS DIFFÉRENTS

Ses intérêts sont aussi souvent différents de ceux de ses camarades. « Récemment, j'ai proposé de faire des fours pour aider des gens au Guatemala, mais ça n'a pas fonctionné, raconte-t-elle. Les gars préféraient faire des motos, des moteurs, etc. »

Elle se réjouit d'ailleurs de se rendre en Tanzanie l'an prochain pour faire des canaux d'irrigation. « On va aider 1200 personnes et augmenter les récoltes en respectant l'environnement, explique-t-elle. Ça rejoint davantage ce que je voulais faire en génie. »

Elle n'est pas la seule. Les écoles auraient avantage à mettre de l'avant ce type de projet pour intéresser les filles au génie. « Les femmes ont tendance à choisir davantage des professions où elles sont au service des autres et de la société », explique Kathy Baig, présidente de l'Ordre des ingénieurs du Québec.

« Plusieurs voient mal comment le génie peut faire ça, alors qu'on le fait beaucoup. »

D'AUTRES PISTES DE SOLUTION

Voici quelques autres moyens qui pourraient attirer plus de filles en génie.

Mieux outiller les enseignants. « Au primaire, ce sont des généralistes, note Mme Langelier. Ils ne sont pas toujours bien outillés pour enseigner les sciences et la technologie. Des études ont démontré que plusieurs enseignantes ont tendance à faire de l'anxiété par rapport à cela et elles la transmettent aux filles. »

Une fois au secondaire, les stéréotypes entrent beaucoup en jeu, selon elle.

« Le matériel pédagogique pourrait aussi être adapté pour inciter davantage les filles à s'intéresser aux mathématiques et aux sciences. » - Kathy Baig, présidente de l'Ordre des ingénieurs du Québec

Présenter davantage de modèles féminins. « On pense à Julie Payette et Dominique Anglade, par exemple, mais il n'y en a pas tant que ça, constate Mme Baig. Ce serait un plus d'avoir davantage de modèles. » Elle-même n'hésite pas à rencontrer des jeunes et à tourner des capsules vidéo pour rejoindre les filles.

Avoir davantage de professeurs féminins, pour qu'elles soient également des modèles. Les filles représentaient 25 % des étudiants au doctorat en 2014, mais la majorité des professeurs en génie sont des hommes, souligne Mme Langelier. Moins de 19 % étaient des femmes en 2010.

Faire connaître la profession. « Souvent, les jeunes ne savent pas ce que ça fait, un ingénieur, note Mme Langelier. Pour eux, le génie mécanique, c'est de la mécanique automobile à un niveau plus avancé. » L'événement Les filles et les sciences ainsi que les journées carrières dans les écoles secondaires et les cégeps sont notamment de bons moyens d'y parvenir.

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