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Formation Aérospatiale

Formation Aérospatiale

Comme d'autres industries au Québec, l'aérospatiale a été touchée par la récession. Même si les mises à pied ont fait les manchettes dans les derniers mois, l'industrie s'attend à une reprise prochainement et, du coup, à des besoins de main-d'oeuvre qualifiée à combler. D'autant plus que de nombreux départs à la retraite sont à prévoir. »

Dans l'industrie aéronautique, la main-d'oeuvre hautement qualifiée est... (Photo fournie par Aéro Montréal)

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Photo fournie par Aéro Montréal

Dans l'industrie aéronautique, la main-d'oeuvre hautement qualifiée est primordiale.

(Montréal) Comme d'autres industries au Québec, l'aérospatiale a été touchée par la récession. Même si les mises à pied ont fait les manchettes dans les derniers mois, l'industrie s'attend à une reprise prochainement et, du coup, à des besoins de main-d'oeuvre qualifiée à combler. D'autant plus que de nombreux départs à la retraite sont à prévoir.

«La relève et la formation de main-d'oeuvre qualifiée, c'est le nerf de la guerre pour l'industrie aérospatiale. C'est avec les talents québécois que nous arrivons à nous démarquer du reste du pays et à l'international», indique Suzanne Benoît, directrice générale d'Aéro Montréal, la grappe aérospatiale du Montréal métropolitain.

Pour relever ces défis, l'organisme a créé le Chantier relève et main-d'oeuvre formé de gens haut placés dans l'industrie et dans les écoles de formation.

John Saabas, à la tête de Pratt&Whitney Canada, est président du Chantier. Il y travaille notamment avec Kevin Smith, vice-président ressources humaines du géant de Longueuil.

«Dans notre industrie, la main-d'oeuvre hautement qualifiée est primordiale parce que c'est très important lorsqu'il est question de créer de nouveaux produits. C'est la clé du succès pour Pratt&Whitney Canada», affirme M. Smith.

Le vieillissement de la population est aussi inquiétant. «La moyenne d'âge chez nous est d'environ 44 ans et nous prévoyons perdre autour de 30% de notre main-d'oeuvre pour la retraite d'ici 10 ou 15 ans. La situation est comparable dans d'autres entreprises du secteur. En plus, une croissance est attendue dans l'industrie pour 2013-2014. On doit s'assurer d'avoir la relève nécessaire», ajoute-t-il.

Tous les niveaux d'études

«Nous aurons besoin de main-d'oeuvre qualifiée dans les différents métiers, mais aussi dans les postes de techniciens, que ce soit en avionique, en construction ou en entretien», affirme Suzanne Benoît.

Le Chantier a beaucoup travaillé pour que les élèves de l'École des métiers de l'aérospatiale de Montréal (EMAM) puissent plus facilement poursuivre leurs études à l'École nationale d'aérotechnique, au moyen de passerelles. «Dans les marchés émergents, les travailleurs ont des compétences avancées. Nous devons nous assurer que notre main-d'oeuvre est aussi bien formée, et même plus», affirme Kevin Smith.

Les diplômes universitaires sont d'ailleurs très importants dans l'industrie de l'aérospatiale. «Nous aurons un grand besoin d'ingénieurs et de gens qui ont des maîtrises et des doctorats. La grande force du Québec dans le domaine de l'aérospatiale, c'est la recherche et le développement. C'est ce qui nous permet de nous démarquer des autres. Environ 70% de l'argent consacré à la recherche et au développement dans le domaine de l'aérospatiale au Canada est investi au Québec. Et pour ça, ça prend des cerveaux, des gens qui sont capables de mener ces projets de recherche», affirme Mme Benoît.

Aéro Montréal tente également de faire en sorte que la province tire encore mieux son épingle du jeu sur l'échiquier mondial.

«Une de nos priorités, ajoute-t-elle, c'est que les écoles d'ingénieurs offrent des cours qui répondront aux besoins des industries des huit ou dix prochaines années. Nous souhaitons que les dirigeants discutent avec les directeurs des grandes écoles pour qu'ils puissent s'adapter. Les entreprises doivent être de plus en plus concurrentielles et les écoles et universités doivent contribuer en réussissant à former ni plus ni moins que l'ingénieur de demain.»

Intéresser les jeunes

Même si les derniers mois ont été difficiles dans l'industrie aérospatiale, Aéro Montréal tente de convaincre les jeunes de s'inscrire dans les différents programmes de formation du secteur.

«L'économie reprendra sous peu et lorsqu'ils auront terminé leur formation, on aura besoin d'eux dans les entreprises», explique Suzanne Benoît.

Des efforts sont aussi faits dans le recrutement à long terme. Aéro Montréal a mis sur pied un projet pilote qui sera lancé en septembre auprès de 50 classes de 6e année du primaire, à Longueuil. «Un coordonnateur ira en classe pendant quelques périodes pour donner des notions aux enfants et les amener à bâtir un modèle réduit d'aéronef», explique Suzanne Benoît.

Si le projet est concluant, Aéro Montréal souhaiterait l'étendre à davantage de régions et, ainsi, arriver à combler les besoins futurs des quelque 230 entreprises québécoises du secteur.

«Et on parle d'emplois de qualité très bien rémunérés. L'industrie de l'aérospatiale affiche un des plus hauts niveaux de salaire hebdomadaire du secteur manufacturier canadien, selon Industrie Canada», précise Mme Benoît.

L'INDUSTRIE AÉROSPATIALE QUÉBÉCOISE EN CHIFFRES

> Plus de 40 000 emplois, plus du double qu'il y a 25 ans

> Plus de 230 entreprises

> Des revenus annuels de 12,4 milliards de dollars, dont 80% proviennent de l'exportation

> 60% de la production aérospatiale canadienne se fait au Québec

> 3e industrie manufacturière en importance au Québec, avec 8% des ventes

> 8,5% de croissance annuelle moyenne de ses ventes depuis 26 ans

> À Montréal, une personne sur 95 travaille dans l'industrie aérospatiale, ce qui représente l'un des rapports les plus élevés du monde dans ce secteur

> 70% de l'argent consacré à la recherche et au développement dans le domaine de l'aérospatiale au Canada est investi au Québec

 

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