Femmes en finance: une progression trop lente

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La présidente de l'Association des femmes en finance du Québec, Dana Ades-Landy

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Femmes en finance

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Présence des femmes aux conseils d'administration, promotion des femmes à des postes de direction, relève et mentorat: l'Association des femmes en finance du Québec (AFFQ) s'attaquera à plusieurs enjeux de front cette année. Entretien avec sa présidente, Dana Ades-Landy. »

Emilie Laperrière

Collaboration spéciale

La Presse

Présence des femmes aux conseils d'administration, promotion des femmes à des postes de direction, relève et mentorat : l'Association des femmes en finance du Québec (AFFQ) s'attaquera à plusieurs enjeux de front cette année. Entretien avec sa présidente, Dana Ades-Landy.

L'AFFQ travaille très fort pour augmenter le nombre de femmes dans les conseils d'administration et à la direction des grandes entreprises. Y a-t-il eu une percée dans ce dossier ?

Si on regarde le progrès au Canada, c'est très, très lent. Notre comité Femmes au C.A. fait du chemin, mais ce n'est pas assez pour avoir un impact national. Le principe « se conformer ou s'expliquer » [qui fait que les entreprises cotées en Bourse doivent fournir de l'information sur la représentation féminine au sein de leur conseil d'administration et de la haute direction, NDLR] est en place depuis trois ans maintenant et les résultats sont décevants. L'augmentation des femmes est marginale, elle est passée de 11 à 12 % dans la dernière année. À ce rythme, ça prendra jusqu'à l'an 3000 pour atteindre une certaine parité !

On sondera à nouveau nos membres pour voir s'ils soutiennent l'idée de mettre quelque chose de plus grand en place. Si c'est le cas, on va aller de l'avant et on incitera beaucoup plus fortement les gouvernements fédéral et provincial à instaurer des quotas et, surtout, des conséquences tangibles. Aujourd'hui, seulement 21 % des entreprises ont une politique pour identifier et promouvoir les femmes. C'est triste. On parle de ça depuis combien d'années ?

Les PME sont-elles plus ouvertes que les grandes entreprises à un leader féminin ?

Les grandes entreprises, comme les institutions financières, sont les meilleures ; 23 % d'entre elles ont mis en place des incitatifs pour promouvoir les femmes. À l'opposé, les moyennes entreprises, les compagnies minières, pétrolières, gazières ou technologiques sont les pires. Leur pourcentage est même en bas de 10 %. Je pense que les PME sont en effet plus ouvertes, mais elles ne savent pas quoi faire. C'est toutefois difficile de se prononcer, parce que toutes les données disponibles se concentrent sur les sociétés d'État ou les entreprises cotées en Bourse.

À l'AFFQ, on essaie de cibler les moyennes entreprises parce que c'est très dur pour une femme d'avoir son premier siège au conseil de la Banque Royale, par exemple. On semble générer un petit élan maintenant, mais encore une fois, c'est très lent.

Quels sont les projets et les objectifs de l'AFFQ pour 2017 ?

On en a plusieurs. On a fait une grosse planification stratégique. Les grands axes pour 2017 sont d'augmenter notre rayonnement et celui de nos programmes, d'aider la relève ainsi que de diversifier notre offre de services.

On essaiera d'accroître notre notoriété et notre visibilité par le biais des réseaux sociaux et de certains ambassadeurs. On fera par exemple la promotion de la réussite de nos membres. On veut aussi faire rayonner des programmes qui sont de grands succès comme le mentorat. On développera peut-être du coaching ou des programmes pour les membres en transition de carrière. On a toujours l'espoir d'amener plus d'entreprises, notamment des manufacturiers, à faire rayonner les femmes en finance au sein de leur organisation, qui sont souvent très isolées.

On met beaucoup l'accent sur la relève. On a désormais un programme pour les jeunes qu'on appelle Les étincelles. On est également en train de revoir nos critères d'admissibilité pour attirer les jeunes. On ouvre la porte aux femmes en finance qui n'ont pas encore cinq ans d'expérience dans le domaine. Peut-être même que les étudiantes en finance pourraient devenir membres de l'AFFQ. Il faudra d'ailleurs s'assurer que nos services leur conviennent.

On regarde de plus en plus la présence et l'influence des hommes. Cette année, à notre gala annuel, il y aura pour la première fois un prix pour un homme. Le prix Alter Ego récompensera un homme qui, dans tout ce qu'il fait, rend notre mission possible et reflète nos valeurs.

Le 12e gala annuel de l'AFFQ, intitulé Une pour tous et tous pour une se tiendra le 27 avril à Montréal.

Qu'est-ce que l'AFFQ ?

Créée en 2002 comme une section de la Financial Women's Association, née en 1956 à Wall Street, l'AFFQ est aujourd'hui une organisation indépendante qui rassemble plus de 450 membres. L'AFFQ se consacre à l'avancement professionnel des femmes.




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