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Une solution pour contrer la hausse du dollar

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Devant l'imminence d'un accord économique et commercial global (AECG) entre l'Union européenne et le Canada, les entreprises québécoises peaufinent leurs stratégies pour conquérir de nouveaux marchés outre-mer. Les signaux sont positifs, comme l'a exprimé à la mi-mars le premier ministre français Jean-Marc Ayrault, qui participait à Montréal à la 17e rencontre Québec-France en présence de la première ministre du Québec, Pauline Marois. La Presse Affaires tente de cerner les enjeux économiques que présente le marché de l'Europe, dans un dossier qui se déploie en quatre volets. »

L'entrepreneure Lisa Fecteau, présidente du Groupement des chefs...

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L'entrepreneure Lisa Fecteau, présidente du Groupement des chefs d'entreprise du Québec.

Jean Gagnon., collaboration spéciale
La Presse

Depuis le début de l'année, le dollar canadien s'est envolé. Il est passé de 96 cents à 1,03 $US. C'est un choc pour les entreprises québécoises qui vendent une partie ou la totalité de leur production aux États-Unis. Concrètement, cette hausse du huard leur cause un manque à gagner de 7 %.

Pour compenser cette situation, les exportateurs pourraient augmenter leurs prix. Mais le peuvent-ils vraiment ?

« Malheureusement, non », répond promptement Lisa Fecteau, une entrepreneure de la Beauce dans le secteur du textile qui est aussi présidente du Groupement des chefs d'entreprise du Québec. « L'acheteur américain ne le comprendrait pas et ne l'accepterait pas », dit-elle.

« À l'exception du pétrole, notamment, la demande pour la plupart des produits exportés par le Canada diminue quand le prix augmente », confirme Hendrix Vachon, économiste au Mouvement Desjardins.

Bref, la solution pour les exportateurs ne passe pas par les prix.

Contrats à terme

C'est plutôt en utilisant des contrats à terme, qui gèlent le taux de change, que les exportateurs pourront mieux se prémunir contre les variations du dollar canadien.

L'opération consiste à acheter un contrat qui permet de convertir des dollars américains en dollars canadiens à une date donnée et à un taux fixé lors de l'achat du contrat. Par exemple, si un exportateur prévoit des entrées de dollars américains dans trois mois, il peut s'assurer, s'il le désire, de convertir cette somme en dollar canadien au taux d'aujourd'hui. Il devra néanmoins débourser une prime pour acheter le contrat à terme.

Lisa Fecteau couvre 60 % de son risque de change lié aux exportations de son entreprise aux États-Unis. Pour y arriver, elle détient un contrat à terme échéant à chaque mois pour les 12 prochains mois. Lorsque l'un d'eux arrive à échéance, elle le remplace par un autre échéant 12 mois plus tard.

« Cette stratégie nous permet de connaître nos prix réels à l'avance, dit-elle. Cela nous donne une période de réaction durant laquelle on peut s'ajuster. » La méthode est éprouvée et elle la conseille à quiconque exporte une partie importante de sa production.

Perspectives : un dollar ferme

Chez Desjardins, on demeure optimiste quant au dollar canadien, bien que celui-ci se soit apprécié plus vite que prévu au cours des derniers mois, indique Hendrix Vachon. Plusieurs facteurs militent en faveur de la fermeté du huard.

D'abord, le prix du pétrole et de plusieurs matières premières, dont le Canada est un exportateur, sont à la hausse.

De plus, la Banque du Canada, contrairement à la Réserve fédérale américaine, garde la porte ouverte pour hausser les taux d'intérêt au cours de la prochaine année. On sait que les hausses de taux stimulent la valeur de la devise, car elles favorisent la venue de fonds étrangers attirés par un rendement plus élevé.

Enfin, alors que la crise européenne s'apaise, on s'attend à une certaine faiblesse du dollar américain qui avait servi de valeur refuge durant cette période de tension, explique M. Vachon. Par ricochet, cela soutiendra la valeur du dollar canadien.

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