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SANTÉ, SÉCURITÉ ET ENVIRONNEMENT
Les entreprises se sont rajustées, dit l'AMQ
Photo fournie par l'ONF
Les auteurs du documentaire-choc Trou Story, Richard Desjardins et Robert Monderie (photo), ont bien décrit la triste réalité qui prévalait autrefois dansles mines, concède l'Association minière du Québec (AMQ), mais le secteur a fait de grands pas au cours des dernières années, notamment en santé etsécurité, soutient son directeur des services techniques, Pierre Thibault.
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Guy Paquin, collaboration spéciale
La Presse
Que répondent les intervenants du secteur? À l'unisson: «C'était vrai, mais ce n'est plus vrai!» Ah oui?
«La partie historique du film est correcte et reflète, hélas, très bien la réalité, concède Pierre Thibault, directeur des services techniques de l'Association minière du Québec (AMQ). Mais, à présent, c'est à mille lieues de la situation actuelle. Par exemple, durant les 20 dernières années, le taux d'accidents a diminué de 76%.»
Selon M. Thibault, le minier a été le premier secteur industriel à se doter d'un comité tripartite (parties patronale, syndicale et CSST) qui voit à ce que les règlements de sécurité soient strictement appliqués sur les lieux de travail.
M. Thibault ne nie pas, bien sûr, que la mine reste un milieu à risque. «Contrairement à ce que dicterait le sens commun, la roche est loin d'être une matière statique. La mine est, physiquement, un milieu dynamique où des forces puissantes s'appliquent. Les chutes de roches restent possibles.»
Formation, information
Alors, à moins de réécrire les lois de Newton et celles de la tectonique, que faire?
«Formation, information et encore formation, répond Pierre Thibault. On peut rendre sécuritaires puits et corridors au maximum, ce qui a été fait; on peut, on doit et on a réduit les émanations des équipements mobiles. Mais on est arrivé au point où la sécurité dépend surtout de l'attitude et du comportement des travailleurs.»
Le secteur a donc produit un programme de formation modulaire à la santé et à la sécurité dans la mine. Il est obligatoire pour tout travailleur qui doit aller sous terre, foreur, plombier ou comptable.
«Personne ne descend avant d'avoir passé et réussi la formation», insiste M. Thibault.
Un nouveau problème se pointe avec la fulgurante reprise de la demande mondiale pour la richesse métallique: l'arrivée massive d'une nouvelle main-d'oeuvre, des recrues peu sensibilisées aux risques inhérents à leur nouveau milieu de travail. Ici, la recherche entre en scène.
À l'Institut de recherche en santé et sécurité au travail (IRSST) une équipe vise à améliorer la transmission de ce qu'elle nomme «les savoirs de prudence» des vétérans vers les recrues.
Élise Ledoux, Sylvie Ouellet et Esther Cloutier, de l'IRSST, et P.S. Fournier, de l'Université Laval, partent d'une prémisse: entre 2000 et 2002, le secteur minier québécois arrivait en tête de liste pour la fréquence des accidents par travailleur industriel, soit 41,8 accidents par 1000 travailleurs. Les plus à risque: les jeunes entre 18 et 24 ans.
Le problème risque de s'aggraver du fait du vieillissement des travailleurs qui partiront peut-être à la retraite avec leurs «savoirs de prudence», laissant les recrues sans ces précieuses connaissances de terrain.
Les chercheuses de l'IRSST ont constaté que lorsqu'un nouveau venu, commençant comme journalier, est jumelé à un «compagnon» d'expérience, mentor ou formateur, spécifiquement libéré de certaines de ses tâches habituelles, pour transmettre son savoir, les choses vont mieux.
Le secteur minier est responsable de 0,5% des émanations de gaz à effet de serre du Canada, selon l'Association minière du Canada (AMC). C'est beaucoup.
Et l'environnement ?
Dans son portrait annuel de l'industrie, Facts and Figures 2011, l'AMC constate aussi que depuis 1990 la quantité d'énergie requise par unité de métal extrait reste stable.
L'AMC conclut donc avec cet inquiétant constat: «L'industrie (minière) a peut-être atteint les limites (de son effort environnemental) avec les technologies actuelles.»
Que faire? «De la recherche, répond Jean-Claude Belles-Isles, directeur, environnement à l'AMQ. La recherche et l'innovation sont les voies vers la solution. Il faut aller de l'avant avec de nouvelles méthodes, comme les chargeuses hybrides, diesel et électricité, pour diminuer nos émanations.»
«Le Grand-Nord pose aussi ses défis environnementaux, ajoute-il. La mine Raglan de la société Xstrata est un bon exemple. Elle est située à la pointe extrême nord de la carte du Québec. Va-t-on monter une ligne de transport d'Hydro jusque-là? Utopie!»
Alors? «Pas de barrage possible, mais des éoliennes et des hydroliennes (moulin à eau), oui.»
L'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue héberge la Chaire de recherche du Canada sur la restauration des sites miniers et deux autres chaires sur les rejets miniers.
Du 6 au 9 novembre dernier s'y déroulait le Symposium sur l'environnement et les mines. C'est de ces recherches et de ces rencontres que le monde minier espère des réponses nouvelles aux persistantes questions d'un Richard Desjardins.
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