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EXPLORATION MINIÈRE
Espoir et incertitude
D'un côté, le Plan Nord, qui devrait pousser davantage de sociétés d'exploration à chercher le trésor dans les zones septentrionales. De l'autre, le projet de loi 14 et ses dispositions controversées, de même qu'un marché du financement qui vacille. L'exploration minière québécoise vogue entre espoir et incertitude.
«Les sentiments sont partagés dans l'industrie», constate Nochane Rousseau, leader du secteur minier pour la région du Québec chez PricewaterhouseCoopers (PwC).
Certes, les projets foisonnent sur la Côte-Nord, au Nunavik, à la Baie-James, dans les monts Otish, et bien sûr en Abitibi. Les substances sont plus diversifiées que jamais. Des sociétés mettent actuellement en valeur des projets d'or et de fer, mais aussi de niobium, de nickel, de terres rares, de lithium, de diamant et d'alumine.
Le Plan Nord motive les chercheurs de mines. «Avant, tout le monde convenait que, pour avoir un projet au nord du 49e parallèle, il fallait absolument que ce soit un gisement de classe mondiale, rappelle M. Rousseau. Maintenant, avec le Plan Nord, même si on sait que les infrastructures ne seront pas prêtes demain matin et qu'elles ne seront pas financées totalement par le gouvernement, ça apporte l'espoir et plein de nouvelles possibilités.»
Nouvelle donne?
Au sud de la province, par contre, les explorateurs sont moins enthousiastes. Le projet de loi 14 prévoit donner plus de pouvoir aux municipalités, suscitant chez les sociétés juniors la crainte d'être à la merci des maires locaux. Elles souhaitent que le gouvernement provincial demeure le seul gestionnaire de la ressource.
Les nouvelles règles, notamment en matière de consultation, apporteraient de nouveaux délais tout en ne laissant aux sociétés que deux ans pour procéder aux travaux nécessaires pour conserver leurs titres miniers, déplore l'Association de l'exploration minière du Québec (AEMQ).
«Le projet de loi 14 peut changer la donne et freiner certains programmes d'exploration», soutient Nochane Rousseau, de PwC.
À plus court terme, pendant que l'Assemblée nationale étudie le projet de loi, c'est le manque de financement qui pend au nez des petites sociétés d'exploration. L'incertitude économique mondiale et le recul des marchés rendent les conditions bien plus ardues qu'il y a quelques mois à peine.
«Depuis un mois, j'entends nos membres dire que le financement est plus difficile à aller chercher, observe la directrice générale de l'AEMQ, Valérie Fillion. Malgré les bons prix des métaux, les investisseurs sont frileux parce que l'exploration demeure un investissement à très haut risque. On n'en est pas encore là, mais sans financement, les sociétés devront mettre des projets sur la glace.»
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